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1 août 2014 9 h 44

Le patrimoine historique de Percé menacé

PERCE – Le Rouge Homard et l’Auberge au Pirate, deux bâtiments historiques au cœur du site patrimonial de Percé, seront bientôt vendus aux plus offrants. Les Amis du Musée Le Chafaud exigent un moratoire sur la vente, afin de préserver ce patrimoine et d’en faire un nouvel espace pour l’art à Percé.

Depuis le début de juillet, à la suite de la faillite de Jean-François Guité, l’ancien propriétaire des bâtiments, le gouvernement du Québec a décidé d’assigner le dossier immobilier au syndic à la faillite personnelle de M. Guité, qui administre la vente du Rouge Homard et de l’Auberge au Pirate.

Les deux bâtiments sont respectivement estimés par l’agence immobilière, Expert Immobilier pm inc., à environ 296 000 $ et 393 000 $. Mais ces montants pourraient être haussés en fonction des offres, dont la date limite de dépôt tombe le 8 août.

Avant qu’il ne soit trop tard, le conseil d’administration et les Amis du Musée Le Chafaud de Percé ont déclenché une procédure pour éviter la spéculation sur les deux bâtisses, et pour faire de cet espace un nouveau local pour le musée Le Chafaud, actuellement situé dans un bâtiment loué à la SÉPAQ.

« Ce sont des bâtiments patrimoniaux très intéressants. », détaille Jean-Louis Lebreux, directeur du musée Le Chafaud. Le Rouge Homard, anciennement appelé le »Bell House », servait de lieu de travail aux ouvriers, pêcheurs, de l’entreprise de pêche des Robin. L’Auberge du Pirate, était quant à elle, la résidence personnelle de Charles Robin.

« Ce ne sont pas des maisons de famille quelconques. La personne qui va acheter ça va devoir se conformer aux règles de remise à niveau des bâtiments, puisqu’ils se trouvent sur le site patrimonial de Percé. Et ce type d’achat n’est pas dans les moyens du privé », s’est exprimé André Boudreau, maire de Percé.

La date limite de dépôt pour les offres de rachat a volontairement été déplacée par l’agence immobilière, pour laisser davantage de temps à la corporation du musée Le Chafaud, ainsi qu’à la municipalité pour déposer une offre. « On a voulu faire preuve de souplesse, » explique Christine Richème, courtière en immobilier pour l’entreprise Expert Immobilier pm inc..

Toutefois, le Musée le Chafaud, tout comme la ville de Percé, désirent obtenir un accès privilégié à la vente de ces deux bâtiments afin de protéger les lieux patrimoniaux.
 
En attente d’une réponse du gouvernement

Pour se faire entendre, les défenseurs de l’héritage architectural de Percé ont entamé une procédure auprès du ministère de la Culture ainsi que celui du Revenu. La Ville de Percé a notamment demandé au bureau régional du ministère de la Culture de bâtir une fiche pour informer le gouvernement sur les circonstances particulières de cette vente.

« On considère que c’est une vente de feu! Ça ne peut pas être vendu au plus offrant; pas ces deux bâtiments, lance André Boudreau. Il y a certainement une mauvaise connaissance des lieux. »

Compte tenu de la faillite personnelle de l’ancien propriétaire, le choix d’attribuer le dossier immobilier à un syndic de la faillite personnelle, reste la procédure réglementaire dans ce genre de vente privée.

Dans un contexte où la municipalité souhaite redonner à Percé un visage attrayant pour le tourisme, l’enjeu de cette vente demeure toutefois majeur, selon le maire. « J’ai peur, confie-t-il, mais sachant que le principal créancier est le gouvernement, je pense qu’il y a moyen de s’entendre », espère M. Boudreau.

Faire de Percé un centre artistique

Dès 1934, certains Percéens avaient déjà eu l’idée de construire un musée capable d’accueillir les œuvres de nombreux Gaspésiens, Québécois et autres artistes inspirés par la muse Percé. D’Alfred Pellan à Jean-Paul Riopelle, les œuvres créées grâce aux charmes de Percé, ne peuvent à ce jour être accessible au public de la ville, faute de moyens.

« On veut conserver et mettre en valeur les richesses du patrimoine architectural et artistique de Percé. Pour que les gens de Percé puissent voir ces œuvres, affirme M. Lebreux. Partout dans le monde, il y a des musées qui font l’attrait principal de la ville. On veut que Percé devienne un centre artistique et que les gens viennent pour ça. »

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