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16 novembre 2012 8 h 18

Ottawa abandonne la protection des cours d’eau, selon Toone

Le député néo-démocrate de la Gaspésie-les-Îles, Philip Toone, accuse le gouvernement fédéral d’abandonner la protection des lacs et des rivières du Canada.

Le projet de loi C-45, que s’apprête à adopter le gouvernement conservateur, prévoit d’importantes modifications à la Loi sur la protection des eaux navigables.

Vieille de 125 ans, cette loi assure une protection à des milliers de cours d’eau au Canada en obligeant les personnes ou les entreprises à obtenir un permis de Transports Canada pour construire, par exemple des barrages, des quais et des ponts, sur les cours d’eau.

Si le projet de loi est adopté tel quel, seuls 97 lacs, les océans et une soixantaine de rivières et de fleuves bénéficieront de cette protection. En Gaspésie, aucun cours d’eau ne sera soumis à la nouvelle loi, qui portera dorénavant le nom de Loi sur la protection de la navigation.

Accompagné du directeur du Conseil de l’eau Gaspésie sud, Michel Chouinard et du conseiller à Listuguj, Wendell Metallic, le député fédéral a vivement dénoncé ses modifications lors d’un point de presse tenu jeudi à Carleton-sur-Mer. 

M. Toone n’est pas contre une mise à jour de la loi, mais craint que les nouvelles dispositions menacent de «façon très sérieuse» l’environnement des lacs et des rivières du pays.

«Chaque fois qu’il y avait un projet de construction sur les eaux navigables, le fédéral devait s’assurer qu’il ne nuise pas à la navigation et à l’environnement. Maintenant, seuls les critères en lien avec la navigation seront considérés. C’est très inquiétant», a déclaré M. Toone, qui soupçonne le gouvernement de vouloir modifier la loi pour faciliter le développement des oléoducs au Canada.

Pas de consultation

Le directeur du Conseil de l’eau Gaspésie sud, Michel Chouinard, s’explique mal pourquoi le gouvernement fédéral n’a pas consulté les organismes directement concernés par les cours d’eau.

«Ce projet de loi pourrait avoir un impact direct sur leur pratique. En Gaspésie, il y a près de 200 lacs, une vingtaine de rivières à saumon et plus de 25 000 kilomètres de cours d’eau», a-t-il souligné pour illustrer l’importance des cours d’eau dans l’économie régionale. 

«Si un promoteur arrive avec un projet sur un cours d’eau, les citoyens ne pourront plus s’appuyer sur la loi pour contester des pratiques qu’ils soupçonnent être dommageables pour l’environnement», se désole-t-il.

Le projet de loi devrait être adopté avant la fin de la présente session parlementaire. D’ici là, M. Toone invite les organismes gestionnaires de cours d’eau, comme les ZEC, à faire valoir leur mécontentement au gouvernement.

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