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29 septembre 2014 9 h 07

Réforme de la santé : la CRÉGÎM craint une centralisation

GASPÉ -- La Conférence régionale des élus demande au ministre de la Santé de conserver les pouvoirs décisionnels et les emplois en région, alors que se mettra en place le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISS) de la Gaspésie.

Le ministre Gaétan Barrette veut doter la Gaspésie de cette nouvelle structure, dont le siège serait à Gaspé. Le CISS regrouperait sous sa coupe les activités des quatre centres de santé de la péninsule (incluant hôpitaux, CLSC et CHSLD), du Centre Jeunesse Gaspésie/Les Îles, du Centre de réadaptation de la Gaspésie et de l’Agence régionale de santé et de services sociaux.

Les conseils d’administration des huit instances fusionnées seraient abolis pour être remplacés par un seul, celui du CISS, dont le pdg et tous les membres seraient nommés par le ministre de la Santé. La nouvelle structure compterait environ 3700 employés.

Les Îles auront leur propre CISS, a annoncé vendredi le ministre Barrette, qui s’engage à amender son projet de  loi en conséquence.

Pertes d’emplois?

Le président de la Conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine (CRÉGÎM), Daniel Côté, estime que via cette réforme, l’Agence régionale de santé sera en fait abolie. L’Agence emploie 85 personnes à Gaspé et est dotée d’une masse salariale de près de 5 millions de dollars.

« On s’enligne vers des pertes d’emploi, de salaires, qui ne feront plus rouler notre économie régionale », craint M. Côté. Il demande au ministre d’envisager que les employés puissent faire du « travail national » à partir de la région.

Le président de la CRÉGÎM appréhende un « effritement des pouvoirs de la région ». « Plusieurs des pouvoirs dévolus aux agences seront maintenant dévolus [au ministère de la Santé] à Québec. […] On fait le contraire de la décentralisation qu’on prêche depuis 20 ou 30 ans. »

Le mandat jeunesse noyé?

Le président du Centre Jeunesse Gaspésie/Les Îles, Robert Nicolas, redoute que le mandat jeunesse soit noyé à dans toutes les responsabilités du CISS. De plus, « la rapidité d’application de la réforme – le 1er avril prochain – surprend et déstabilise beaucoup de monde », dit-il.

Éviter la compétition

Pierre Michaud, un ex-pdg de l’Agence régionale maintenant à la retraite, interprète que les Agences ne seront pas réellement abolies, mais plutôt « au cœur » du nouveau CISS, qui « peut être une formule intéressante pour éviter la compétition entre les établissements, surtout entre les centres de santé ». Le CISS peut aussi être « un bon outil de rationalisation ». « A-t-on besoin de huit services de paie? », illustre-t-il.

Par contre, la réforme met le ministre en position « de gestion directe », ce qui n’est pas son rôle, estime M. Michaud. « Selon moi, un ministre doit donner des orientations et exiger des redditions de compte, pas gérer. »

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