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22 mai 2014 21 h 24

Un documentaire pour les cent ans du naufrage de l’Empress of Ireland

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CARLETON-SUR-MER – À quelques jours du centième anniversaire du naufrage de l’Empress of Ireland, la firme gaspésienne Gaspa Vidéo vient de lancer son dernier documentaire, une production de près d’une heure qui sera diffusée le 30 mai à l’émission Zone Doc, de RDI, à 21 heures.

L’Empress of Ireland a coulé en 14 minutes, dans la nuit du 29 mai 1914. Il était parti de Québec durant la journée précédente, à destination de l’Angleterre. Il s’était rapproché de Rimouski et de Pointe-au-Père, pour y laisser son pilote maritime, alors que le Storstad s’était rapproché de la côte pour prendre le sien. Les deux navires « se voyaient » jusqu’à quelques minutes avant le choc. L’entrée d’un épais banc de brouillard a causé de la confusion au sein des deux équipages.
 
Le Storstad est entré dans le flanc de l’Empress of Ireland, un endroit particulièrement vulnérable. Le Storstad n’a pas coulé après la collision. C’est à son bord que plus de 400 survivants ont embarqué.
 
L’Empress of Ireland, le naufrage oublié, remet dans le contexte de l’époque cette tragédie, la plus grande de l’histoire maritime du Canada avec 1 012 morts. Elle donne aussi la parole à des gens peu entendus, notamment les descendants des capitaines du paquebot du Canadien Pacifique et du charbonnier norvégien Storstad.
 
« Le drame de l’Empress a été oublié parce qu’il est arrivé entre deux autres tragédies, le naufrage du Titanic et le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Il y a trois quêtes dans ce documentaire. Il y a cette quête historique de raviver cette tragédie oubliée, de ne pas oublier les gens qui sont morts, dans une tragédie qui n’a pas eu la même reconnaissance que celles du Titanic et du Lusitania. Il y a la quête du musée, le Site historique maritime de la Pointe-au-Père, de remonter des objets qui leur sont chers. Il y a aussi la quête des plongeurs, d’y aller de façon sécuritaire », aborde Jean Guénette, producteur et réalisateur du documentaire.
 
Il voit une quatrième quête, qui s’est imposée en cours de tournage, « celle des deux petits-fils des capitaines, Alf Hestenes et Joey Saward, de remettre les pendules à l’heure, de dire que ni l’un ni l’autre des équipages n’était coupable. C’était un accident. Ils voulaient rétablir les réputations de leurs familles », ajoute-t-il.
 
Le documentaire relance aussi un long débat sur la protection des épaves reposant au fond de l’eau, et sur la pertinence de remonter des objets ou pas. « Que fait-on de nos épaves? Quel sort réserver à notre patrimoine maritime, au Québec? On le laisse à quelques experts? Il faut répondre à ces questions », précise Jean Guénette.
 
L’Empress of Ireland, le naufrage oublié, a nécessité trois ans de travail pour Gaspa Vidéo, qui a supplanté d’autres boîtes de production pour gagner ce mandat. Douze personnes ont travaillé à sa production. Toute la postproduction sonore a été réalisée au Studio Tracadièche, également de Carleton-sur-Mer.
 

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