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9 mai 2013 16 h 03

Un plan ambitieux mais peu d’engagements concrets

BONAVENTURE – La Stratégie d'intervention gouvernementale pour le développement de la région Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine annoncée jeudi midi à Bonaventure par la première ministre Pauline Marois comprend pour plus de 180 millions de dollars de projets  sur cinq ans dans la région, mais la plupart des engagements concrets viendront plus tard, sauf pour un nouveau parc éolien à Murdochville.

« Je n’arrive pas les mains vides », a toutefois tenu à souligner Mme Marois. EDF Énergies nouvelles construira un parc de 74 mégawatts près de Murdochville, un investissement privé de 175 millions de dollars, a confirmé la première ministre. La firme « déménage » ainsi un projet prévu à  Clermont, dans Charlevoix, et auquel le milieu s’opposait.

La construction du parc créera 150 emplois temporaires et la livraison de l’électricité est prévue fin 2015. Les MRC Côte-de-Gaspé et Haute-Gaspésie recevront 185 000 $ de redevances par année pendant 20 ans. Des pièces d’éoliennes seront construites en Gaspésie et dans la MRC de Matane.

Les 180 millions comptabilisés par GRAFFICI.CA incluent des contributions du fédéral, du privé, des instances régionales et municipales. Ils n’incluent pas le projet de cimenterie de Ciment McInnis à Port-Daniel, un projet privé de 700 millions de dollars, qui figure toutefois dans la stratégie, ni le projet éolien d’EDF.

Des vols internationaux à Grande-Rivière ?

L’aéroport du Rocher-Percé, à Grande-Rivière, pourrait accueillir des vols internationaux d’ici quelques années. Québec financera une étude sur l’allongement de la piste, qui coûterait environ 10 millions de dollars. Depuis des années, la Gaspésie souhaite voir atterrir des touristes de l’étranger, mais la capacité de ses aéroports la limite.

La stratégie du gouvernement inclut la réparation du chemin de fer de la Gaspésie, pour 69,5 millions de dollars. Mais la première ministre n’a promis qu’une « bonne évaluation des coûts ». Québec décidera ensuite s’il investit « et à quelle hauteur ».

Place au tourisme

Le développement touristique se taille la part du lion dans la stratégie, avec plus de 50 millions de dollars d’investissements, dont la mise sur pied d’un géoparc à Percé et des dépenses de 12,3 millions de la SÉPAQ dans les Chic-Chocs pour développer le tourisme d’hiver.

Non à la fracturation

À la fin de la conférence de presse, une militante écologiste a remis un bouquet de fleurs et deux bouteilles à la première ministre. La première bouteille contient de l’eau pure, a expliqué la militante. La seconde est vide pour l’instant, mais pourrait contenir des eaux de forage contaminées dans l’avenir, a ajouté la militante, qui souhaite un BAPE sur le développement des hydrocarbures.

Questionnée par les journalistes, Mme Marois a refusé de se prononcer sur l’éventuelle tenue d’une évaluation environnementale stratégique, tel que demandé par la conférence régionale des élus Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine. « Actuellement, on en débattu au sein du comité ministériel sur l’économie. S’il s’avérait que ce soit nécessaire, on en tiendra une », a déclaré la première ministre.

Évaluer l’avancement

La préparation d’un plan de relance de la Gaspésie faisait partie des engagements électoraux des péquistes. Mme Marois préside le comité ministériel qui l’a élaboré, à l’image de ce qu’avait fait son prédécesseur Bernard Landry à la fin des années 1990 et au début des années 2000.

Un comité composé de Gaspésiens évaluera l’avancement de la stratégie au cours des cinq prochaines années.

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