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30 septembre 2011 16 h 30

Une pêche miraculeuse qui pourrait coûter cher

Une prise accidentelle d’un thon de 575 lbs au large de Bonaventure risque de mener à une bataille juridique entre le pêcheur Sylvain Arsenault et Pêches et Océans Canada.

M. Arsenault ne se doutait pas des problèmes qui le guettaient lorsque le matin du 24 août dernier, un énorme thon s’est pris dans le cordage de son bateau de pêche. «On a senti une lourdeur assez imposante. Rapidement, on s’est rendu compte que c’était un thon. Il était pris dans la corde et il semblait être mort», raconte-t-il.
 
Le pêcheur ne détenait pas de permis pour la pêche au thon, mais a tout même décidé de sortir le poisson de l’eau et de le garder. «C’était un accident et il était noyé. S’il avait été vivant, je l’aurais laissé partir, explique-t-il. Mais dans les circonstances, je trouvais ça absurde de le laisser à l’eau. J’étais certain de ne pas être en infraction.»
 
M. Arsenault a contacté la propriétaire de l’entreprise Produits Marins St-Godefroi, Janick Aubut, pour lui demander si elle souhaitait acheter le poisson. Intéressée, elle est allée le chercher sur le quai de Bonaventure pour ensuite le vendre à une usine de la Nouvelle-Écosse qui transforme le thon.
 
Pêches et Océans Canada intervient
 
Trois jours plus tard, des agents de Pêches et Océans Canada informés de la situation ont débarqué à l’usine de St-Godefroi pour procéder à une saisie.
 
M. Arsenault a alors reçu un appel d’un de leurs agents lui indiquant qu’il était en infraction car il n’avait pas de permis. «J’ai essayé d’expliquer que c’était une prise accidentelle, que le poisson était noyé. Mais il n’a rien voulu entendre. Il m’a expliqué que peu importe l’espèce, morte ou pas, la remise à l’eau est obligatoire si le pêcheur n’a pas de permis», relate-t-il.  
 
M. Arsenault s’attend à recevoir une lettre de la Cour dans les prochains mois. «On m’a dit que j’étais en infraction, mais j’ai l’intention de me défendre. Je ne me laisserai pas faire pour quelque chose que je n’ai pas caché. Le poisson était mort, c’est absurde», lance-t-il.
 
Enquête en cours
 
Le porte-parole de Pêches et Océans Canada pour la région Gaspésie-les-Îles, Michel Plamondon, ne peut pas confirmer s’il y aura des accusations portées contre M. Arsenault. «On ne peut rien dire pour le moment, car l’enquête est en cours», mentionne-t-il.
 
M. Plamondon rappelle qu’il est interdit d’avoir un thon en sa possession sans permis. «Le règlement est clair, si le pêcheur n’a pas de permis, il est dans l’obligation de le remettre à l’eau, même s’il est mort et même si la prise est accidentelle», explique-t-il.
 
Un pêcheur qui contrevient à cette règle est passible d’une amende qui peut aller jusqu’à 100 000 $ en vertu de la Loi sur les pêches.