Sur les bateaux côtiers de pêche au poisson de fond, la majorité des capitaines paient leurs aides avec un salaire à la semaine. La moyenne tourne autour de 1200 $ à 1300 $ par semaine, pour 14 à 26 semaines de travail, indique Jean-René Boucher, directeur du Regroupement des pêcheurs professionnels du nord de la Gaspésie. Appliqués sur une saison, ces salaires totalisent entre 17 000 $ et 34 000 $.
« Quand j’entends des gens qui sortent dans les médias, dire qu’ils gagnent 20 000 $ par an… Oui, mais c’est pour 18 semaines. Il t’en reste 34 pour aller gagner ta vie autrement », dit M. Boucher.
La situation type de ces bateaux : un quota de turbot, un peu de crabe des neiges et du flétan de l’Atlantique. C’est le cas de Rosario Junior Dunn, un capitaine de Rivière-au-Renard. Il n’est pas gêné de révéler combien il paie ses aides-pêcheurs. L’an dernier, ils ont gagné 50 000 $, dit-il, soit 13 % des revenus bruts.
« Si on veut garder nos équipages, ils ont le droit de vivre comme les autres », dit M. Dunn. Plusieurs autres pêcheurs de poisson de fond paient à pourcentage, entre 8 % et 14 % selon les témoignages recueillis par GRAFFICI.
La pratique de payer à pourcentage est perçue comme « la norme » à Rivière-au-Renard, peu importe le type de pêche. « C’est plus ambitionnant pour les hommes de pont. Plus il y a de poisson dans la cale, mieux c’est pour eux », explique un capitaine.
Et la moyenne?
Toutes espèces confondues, il y avait 665 matelots de pont en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine en 2015, selon le Recensement 2016. Leur revenu moyen était de 23 085 $.
Cette moyenne cache d’importantes disparités : la moitié de ces matelots gagnait moins de 13 506 $ (revenu médian) et la moitié gagnait davantage.
Des 665 aides-pêcheurs, 490 ont travaillé moins de 16 semaines en 2015; le revenu moyen de ceux-là était de 14 720 $.
Les données ont été fournies par le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec.
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