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11 février 2021 10 h 16

Albums lancés au courant de 2020 : partie 1/3

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Les artistes du domaine de la chanson, qu’ils soient amateurs ou professionnels, sont parmi ceux qui ont directement subi les contrecoups de la pandémie de COVID-19. Pour plusieurs d’entre eux, l’annulation de spectacles, de festivals et de lancements a significativement réduit leurs possibilités d’aller à la rencontre du public et de partager avec lui le fruit de leurs élans créatifs. GRAFFICI a ainsi tenu à souligner de façon particulière leur travail et vous présente, dans ce dossier, des albums lancés au courant de 2020 ou à paraître au courant des prochaines semaines. Si les styles varient, ils sont tous l’oeuvre de Gaspésiens et Gaspésiennes passionnés qui espèrent de tout coeur pouvoir regagner sous peu les différentes scènes de la région et d’ailleurs.

Outrage

Adieu Epsilon

En plein confinement printanier, les membres d’Adieu Epsilon décident de se replonger dans la création, d’abord à distance. Ce contexte fort singulier dans lequel Outrage prend son envol, a sans surprise, donné le ton à ce deuxième album lancé le 5 janvier dernier.

À l’image des groupes de rock progressif, dont ils sont de réels fervents, l’artiste Philippe Garon (voix et clarinette) et l’ingénieur de son Richard Dunn (guitare, basse, clavier et batterie) ont choisi d’opter pour un album thématique. En pleine crise sanitaire, la ligne directrice du deuxième opus du duo de Bonaventure s’est rapidement imposée. « Je regardais les choses aller, à quel point l’imbécillité humaine m’étonnera toujours. Ça a beaucoup été ça, le moteur du projet », explique d’emblée M. Garon. Destruction de l’environnement, paradis fiscaux, individualisme, surconsommation et guerre se côtoient ainsi au sein des dix chansons de l’album, davantage lues que chantées. L’oeuvre jette ainsi un regard pour le moins critique sur le monde, particulièrement sur l’Homme. Si Philippe Garon admet que le résultat s’éloigne considérablement de la musique commerciale, il croit qu’Outrage ainsi que les constats qu’il dresse se veulent en quelque sorte nécessaires dans le paysage artistique québécois. « Oui, c’est bien qu’il y ait des artistes qui fassent danser, rire et voir le bon côté des choses, mais je crois que ça prend aussi des artistes qui demeurent critiques, qui nous font voir que tout n’est pas rose. »

Disponible via les plateformes numériques. Facebook : Adieu Epsilon.


Les deux membres d’Adieu Epsilon : Richard Dunn (à gauche) et Philippe Garon. Photo : Colin Paquette-Garon et Leonard Jordaan

 

Parce qu’il m’arrive

Benny Jones

Après le vif succès récolté par sa chanson titre Parce qu’il m’arrive, lancée en octobre dernier, l’auteur-compositeur-interprète Benny Jones s’apprête désormais à dévoiler l’entièreté de son tout premier album.

C’est le 26 mars prochain que l’opus de 11 chansons, enregistré à Mascouche dans les studios de Michel Francoeur, sera disponible. Le Gaspésien s’est notamment fait connaître en 2019 dans le cadre du concours Prix Étoiles Stingray, ce qui a de son propre aveu, contribué à lui accoler l’étiquette d’artiste country. Or, les compositions de l’artiste de 33 ans versent davantage dans le folk pop. « C’est un son qui va se situer entre Les 2Frères et Mumford & Sons », illustre l’artiste de Grande-Rivière qui est établi depuis juillet aux Îles-de-la-Madeleine.

Les chansons, sur lesquelles s’entremêlent le passage du temps et les enjeux du quotidien, ont été conçues pour tourner sur les ondes radiophoniques. Celui qui a coproduit son album avec Productions Dynamite est d’ailleurs fort satisfait du chemin tracé par Parce qu’il m’arrive, qui a énormément tourné dans les stations de la région et de l’extérieur. Le principal intéressé est désormais fébrile de connaître l’accueil qui sera réservé à son album. « Ce que j’espère, c’est que les gens vont l’acheter, l’écouter et l’apprécier. Faire les palmarès, j’aime ça, mais rien ne me fera jamais plus plaisir que de recevoir un message de quelqu’un que je ne connais pas qui a aimé ma chanson », lance-t-il.

Disponible en magasin dès le 26 mars et sur les plateformes numériques. Facebook : Benny Jones Musique.


Pochette de Parce qu’il m’arrive, le tout premier album signé Benny Jones. Photo : Isaac Leblanc

 

Vallée embrumée

Dans l’Shed

Pour son troisième album lancé le 29 janvier dernier, Dans l’Shed a emprunté la stratégie déployée par Bob Dylan pour son mythique album Bringing it all back home, lancé en 1965. Vallée embrumée est ainsi composé… d’une face A et d’une face B! Alors que les cinq premières chansons revêtent des arrangements inspirés du folk indie, s’approchant ainsi des Barr Brothers, de Fred Fortin et de Plants and Animals, les cinq morceaux suivants sont davantage dans le sillage du folk americana qui a fait connaître le duo gaspésien. « Il y a des gens qui nous suivent depuis le début et on ne voulait pas trop les déboussoler dans ce processus-là, d’où l’idée de faire un concept Face A/Face B », explique le chanteur et guitariste Éric Dion, qui forme Dans l’Shed depuis 2014 avec son complice musical des 20 dernières années, André Lavergne (guitares, lap steel et voix).

Alors que l’écriture des pièces de Vallée embrumée a débuté en 2018, la majorité des pistes de l’album paru chez Le Grenier musique ont été enregistrées au courant de l’automne dernier à Québec. Le groupe s’est cette fois-ci allié, à la coréalisation, à l’auteur-compositeur-interprète Benoit Pinette (Tire le Coyote). « C’était un critère pour moi d’opter pour un auteur qui pourrait retravailler les textes avec moi. C’est indéniable que Benoit, c’est tout un auteur! », lance M. Dion, fort satisfait du résultat final.

Disponible en version numérique, CD et vinyle (commandes via Bandcamp). Facebook : Dans l’Shed


Dans l’Shed est composé des Gaspésiens Éric Dion (à gauche) et André Lavergne. Photo : Marilou Levasseur et Fleurdelise Dumais

 

La muse orpheline

Ji-Py Langlois

La muse orpheline, c’est l’exutoire pop d’un jeune homme se délestant de son passé de victime, la trame sonore d’un chemin menant à la dignité. Bref, un cri du coeur assumé, lancé par Jean-Pascal Langlois, de son nom d’artiste Ji-Py Langlois.

Le 20 mars 2020, l’artiste de Percé renaît, livrant au public, en pleine pandémie de COVID-19, une autobiographie musicale libératrice. Il a atteint cette destination grâce à un exil de neuf mois à Montréal entre 2018 et 2019 : c’est dans la métropole, baignant dans la diversité et l’effervescence artistique, que l’artiste désormais âgé de 21 ans a fignolé son projet. Les six titres de l’album, enregistrés à La Vieille Usine de l’Anse-à-Beaufils, abordent sans détour la grossophobie et l’homophobie qui ont teinté ses années sur les bancs d’école.

« J’ai vécu beaucoup d’intimidation et je me suis souvent senti ostracisé. J’étais vraiment différent : un gros gai assumé qui aime Marie-Mai et qui est super artistique dans un monde où la plupart des petits gars sont blancs, minces et jouent au soccer », admet-il sans détour. Sa démarche artistique se veut d’ailleurs des plus transparentes. « J’ai essayé de faire un album qu’on pouvait aimer, qu’on pouvait ne pas aimer, mais auquel on ne pouvait pas rester indifférent. Je voulais être honnête, authentique », explique Ji-Py Langlois, qui espère que La muse orpheline, dont les arrangements sont signés Martin Hogan, portera un message d’acceptation.

Disponible via les plateformes numériques. Facebook et Instagram : Ji-Py Langlois.


La pochette a été conçue par le photographe Alexandre Cotton, qui a également réalisé un documentaire dressant le portrait de Ji-Py Langlois. Photo : Offerte par Alexandre Cotton.

Cliquez ici pour lire la partie 2/3 ; Albums lancés au courant de 2020

Cliquez ici pour lire la parte 3/3 ; Albums lancés au courant de 2020