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2 avril 2021 9 h 27

Des ententes plus souvent qu’autrement depuis 2001 ; partie 2/2

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Chaque année, la question revient dans l’actualité. Quel sera le prix versé par les transformateurs aux crevettiers de l’Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé? Ces dernières années, la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec a été appelée à trancher la question, particulièrement depuis 2017, où une véritable partie de bras de fer a été livrée entre les camps. Regard sur cet important enjeu.

La vision de chacune des parties

GASPÉ | Pour bien comprendre le mécanisme de fixation des prix de la crevette, GRAFFICI a transmis six questions aux directeurs de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche (AQIP), Jean-Paul Gagné, et de l’Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé (OPCVG), Patrice Element. Voici leurs réponses.

GRAFFICI : Comment votre organisation détermine-t-elle le prix qui est soumis à l’autre partie en vue d’ouvrir les discussions ?
OPCVG : En fonction de l’information que nous obtenons sur l’état des marchés, les perspectives à venir et les prix payés ailleurs dans le monde.
AQIP : C’est la force du marché qui détermine le prix que nous pouvons offrir aux pêcheurs en tenant compte du rendement de la crevette et du coût d’opération.

GRAFFICI : Une fois que vous avez fixé le prix désiré par votre organisation, comment se fait l’approche avec l’autre partie ?
OPCVG : Rencontres de discussions et d’échanges. Si nous ne pouvons arriver à un accord, nous pouvons demander à la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec de trancher.
AQIP : Il faut d’abord une dénonciation de la convention en vigueur et une indication d’une date de première rencontre pour entamer les négociations.

GRAFFICI : Combien de temps vous donnez-vous et combien de rencontres effectuez-vous avant de considérer qu’il y a une impasse ?
OPCVG : Il n’y a ni guide ni critère à ce niveau.
AQIP : Cela dépend de l’écart entre la demande de l’Office des pêcheurs et l’offre des transformateurs. Si l’écart est trop grand, cela est plus long.

GRAFFICI : Après expérimentation, la nouvelle méthode de fixation des prix pour la période avant le 1er juillet et après cette date reflète-elle mieux la réalité ? Si non, selon vous, qu’est-ce qui pourrait être envisagé pour améliorer le processus ?
OPCVG : Le nouveau mécanisme mis en place a permis un rattrapage des prix payés au Québec par rapport aux prix payés ailleurs dans le monde, il a donc été bénéfique pour les pêcheurs.
AQIP : Pour nous, la meilleure méthode de fixation des prix serait un pourcentage des prix de vente par catégorie payable aux pêcheurs. De cette façon, si le prix monte, les deux parties sont satisfaites; si le prix descend, les deux parties en subissent les conséquences.

GRAFFICI : Pourquoi les gens qui entendent parler des prix de la crevette ont-ils l’impression que la question génère un conflit chaque année ?
OPCVG : À cause de l’historique du secteur.
AQIP : Ce n’est pas toujours une question de conflit, mais une question de fluctuation des prix sur le marché.

GRAFFICI :À quand remonte la dernière entente négociée sans l’intervention d’un tiers?
OPCVG : L’an passé.
AQIP : En 2020, pour la période du 1er juillet jusqu’à la fin de la saison de pêche.


Le directeur de l’Association québécoise de l’industrie de la pêche, Jean-Paul Gagné. Photo : Pierre Aucoin


Le directeur de l’Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé, Patrice Element. Photo : Nelson Sergerie

 

Matane veut se joindre au Plan conjoint

GASPÉ | Les pêcheurs de crevette de Matane veulent se joindre au Plan conjoint des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé.

Un groupe de crevettiers a été entendu le 26 février dernier devant la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec pour demander de changer le champ d’application du Plan conjoint afin d’y inclure les pêcheurs qui débarquent les crevettes pour être transformées à Matane.

L’Association québécoise des industriels de la pêche, l’AQIP, voyait la chose d’un bon oeil. « Tout le monde va être dans le même bain. On va avoir une seule négociation et une seule convention de mise en marché », expliquait le directeur, Jean-Paul Gagné.

L’Office des pêcheurs de crevette de la ville de Gaspé était aussi favorable. « On pense que ça va améliorer notre position et la fluidité des négociations dans le futur si l’usine de Matane est assujettie au Plan conjoint », ajoutait le directeur de l’Office, Patrice Element.

La Régie a accepté la proposition le 15 mars dernier, soulignant que le regroupement des pêcheurs de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent au sein du Plan conjoint des pêcheurs de crevette du Québec [NDLR : nouveau nom] sera bénéfique pour le développement de cette filière ainsi que pour la valorisation du produit sur le marché québécois.


Source : Archives et ministère des Pêches et des Océans Canada

Lire la partie 1/2 : Des ententes plus souvent qu’autrement depuis 2001.