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7 juin 2023 15 h 31

Des mots, des notes et des images : partie 1/3

MONT-LOUIS | Une guitare, un harmonica, un micro, une grosse caisse, une cymbale, une scène et un chaleureux public : Emeraude Sébastien était comme un poisson dans l’eau le 12 mai dernier à la Face B de Mont-Louis pour le lancement de son EP en cinq chansons baptisé Tes lendemains.

Un EP pour le multi-instrumentiste Emeraude Sébastien

LANCEMENT DE TES LENDEMAINS

Le moment a en quelque sorte marqué un tournant pour Sébastien Laroche, de son vrai nom. Après avoir connu l’ivresse des tournées comme bassiste avec le groupe de punk rock Kamakazi, le multi-instrumentiste s’est ensuite tourné vers une carrière solo. Et c’est en Gaspésie qu’il a continué de parfaire son art, dans une maison joliment fenestrée avec vue sur la mer et le mont Saint-Pierre.

« J’avais comme croyance que si je quittais Montréal et les environs, ma carrière serait finie. Alors, j’y pensais davantage pour mes vieux jours, à écrire des chansons, mais c’est arrivé plus vite que je pensais », lance d’un ton enjoué le principal intéressé, quelques jours après le lancement de son EP.

Originaire de Saint-Zotique, l’auteur-compositeur-interprète a commencé à gratter la guitare et tapocher la batterie dès ses neuf ans. À l’adolescence, il a créé un groupe punk rock, Neighborhood, avec quelques amis, avant de rejoindre bien des années plus tard Kamakazi, dans le même registre. Ce trio avait deux albums à son actif lorsque Sébastien est arrivé avec eux, le temps d’en composer un nouveau, et avant de se lancer dans des projets personnels. Comme plusieurs, il est passé par les reprises de succès connus avant de se tourner vers la composition.

« C’est à ce moment que j’ai commencé à prendre la route comme chansonnier et que j’ai commencé à monter mon set up [arrangement] comme homme-orchestre. Peu importe le style, mon trip c’est de jouer de la musique. Je suis toujours partant », précise-t-il.

Un de ses amis s’était procuré un chalet à Mont-Louis en 2011 et c’est lors d’une visite qu’il a eu le coup de foudre pour la Haute- Gaspésie. « Je suis tombé en amour avec le coin et la communauté; il y a plusieurs jeunes de mon âge. J’ai bien connecté et j’ai eu le goût de revenir les années suivantes », se souvient-il. Le coup de grâce est tombé pendant la pandémie, avec les contrats musicaux qui se sont réduits comme une peau de chagrin, séquestré entre quatre murs avec trois autres colocataires dans un appartement de Montréal.

« J’avais besoin de nature et je me suis comme senti pris là-bas. Il fallait que je sorte. J’ai repensé à la Gaspésie, ses paysages, l’espace, la beauté. C’est devenu comme une urgence. Je suis parti au début de l’été. » Son parcours l’a initialement mené vers Québec, puis la Côte-Nord. Au lieu de revenir vers Montréal, il a plutôt bifurqué vers la Haute-Gaspésie. « J’ai annulé mes contrats et je me suis mis à chercher des maisons. En vain », se remémore-t-il.

Mais la décision était déjà prise dans sa tête. En attendant de trouver son eldorado, il a déménagé temporairement dans le grenier de son père. Jusqu’au jour où l’une de ses amies a déniché la perle rare en Gaspésie. « En rentrant, je savais que c’est là que je voulais boire mon café tous les matins. » Il déménage à Mont-Saint-Pierre en avril 2021.


Le lancement de Tes lendemains s’est effectué à la Face B de Mont-Louis le 12 mai dernier. Photo : Fournie par Emeraude Sébastien

Du punk rock au pop folk

Inspiré notamment par Brian Setzer et John Mayer du côté anglophone ainsi que Louis-Jean Cormier et Vincent Vallières chez les francophones, Sébastien Laroche se met plus sérieusement à la composition lors de son arrivée dans la région.

Son regard se tourne aussi vers Steve Hill, homme-orchestre bien connu qui roule sa bosse depuis plus d’une trentaine d’années et qui a attiré son attention récemment, l’ayant vu à deux reprises en spectacle. « Sans être une inspiration, il a un peu été un mentor sans le savoir dans les derniers mois. On n’aborde pas notre jeu de la même manière, mais j’ai été touché par son expérience, avec nos parcours qui se ressemblent, avec le début dans des groupes et des bars avant l’appel de se présenter en solo. »

Puisqu’il faut se prêter à l’exercice, l’homme de 39 ans qualifie lui-même les sonorités de Tes lendemains de pop folk, avec quelques légers arrangements plus rock à l’occasion. Habitué de jouer en groupe, il est rapidement venu à la conclusion qu’incorporer plusieurs instruments lui permettrait d’atteindre plusieurs zones inatteignables avec seulement une guitare et un micro : le meilleur des deux mondes.

« Je trouvais que ça manquait un peu de percussions et de basse […] Si je veux essayer quelque chose, je le fais. La liberté d’être en solo, c’est ce qu’il y a de plus précieux. En homme-orchestre, ça laisse place à toute la créativité. Je peux faire ce que je veux quand je veux, sans compromis. »

À la question : « Et toi, dis-moi, que feras-tu de tes lendemains? », en référence aux paroles de la chanson éponyme de son EP, Emeraude Sébastien devrait être sur les planches de certaines salles locales en Gaspésie pendant l’été. La meilleure façon de connaître ses prochaines dates de spectacle est de surveiller sa page Facebook, son compte Instagram ou son site Web. Les chansons de Tes lendemains sont disponibles en ligne sur les plateformes de diffusion habituelles telles que Apple Music, Spotify et Bandcamp.

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