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8 juillet 2022 9 h 20

Dossier rêver de 2040 : partie 4/7 Sport et loisirs

C’est le temps des vacances et en cette période estivale, GRAFFICI s’est permis de rêver en imaginant ce que pourrait être la Gaspésie de 2040. Des collaborateurs de tous les horizons partagent leur point de vue sur une foule d’enjeux qui, espérons-le, pourraient se concrétiser dans les prochaines années. Bonne lecture et bon été!

ET POURQUOI PAS UNE ÉQUIPE DE LA LHJMQ?

Par Jean-Philippe Thibault, co-rédacteur en chef de GRAFFICI.


Photo :Fournie par Jean-Philippe Thibault

Si l’idée d’amener la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en Gaspésie peut sembler un peu saugrenue à première vue, elle ne l’est peut-être pas autant qu’elle n’y semble.

Jetons tout d’abord un oeil aux 60 équipes qui composent actuellement la Ligue canadienne de hockey (LCH). En y regardant bien, on peut repérer la présence de quelques petits marchés qui ont bien su tirer leur épingle du jeu dans les dernières années, dont le Titan d’Acadie-Bathurst.

La formation du Nouveau-Brunswick a remporté le 100e tournoi de la Coupe Memorial en 2018, devenant du même coup la meilleure formation au pays. La population de Bathurst selon le plus récent recensement? À peine plus de 12 000 personnes. C’est le plus petit marché de toute la LCH.

Le deuxième est celui de Swift Current, en Saskatchewan, avec ses 16 750 habitants. L’équipe locale – les Broncos – a été couronnée championne de sa ligue en 2018, surpassant ses homologues de Calgary, Edmonton, Vancouver, Saskatoon et Winnipeg. Elle a, elle aussi, déjà mis la main sur la Coupe Memorial, cette fois en 1989. Deux exemples de réussite pour des organisations qui évoluent dans des villes de moindre envergure.

Et quelle est la population de Gaspé actuellement, ville la plus populeuse de la région? Environ 15 000. La Gaspésie en général a certes connu un déclin démographique pratiquement ininterrompu depuis des décennies, mais la tendance s’est inversée lors des deux dernières années, alors que chaque MRC a fait le plein d’entre 200 à 300 habitants. Si le retour du balancier se continue, l’aspect populationnel tient la route. La LHJMQ n’a d’ailleurs pas de seuil limite, seulement « un bassin de population pour soutenir une équipe », selon le directeur des communications de la ligue, Maxime Blouin.

La plus épineuse question reviendrait probablement à savoir où élire domicile. Si Gaspé a été citée précédemment, son aréna peut difficilement accueillir une équipe de la LHJMQ de par sa capacité et sa vétusté.

Il faudrait alors plutôt se tourner vers Chandler, la deuxième plus grande ville de la Gaspésie, avec ses 7500 habitants. Cette dernière a l’avantage d’avoir le plus grand amphithéâtre de la région, qui peut accueillir entre 3000 et 3200 personnes. En comparaison, le Centre régional K.-C.-Irving de Bathurst a une capacité de 3524 spectateurs. L’aréna de Chandler a aussi subi une cure de rajeunissement de 3,5 millions récemment.

Officiellement, un amphithéâtre de la LHJMQ devrait pouvoir offrir 5000 sièges, incluant les loges corporatives. Pour les Tigres de Victoriaville et les Foreurs de Vald’Or, c’est plutôt 3500. Il y a donc une certaine latitude de ce côté.

Le souci majeur se situe ailleurs pour Chandler. Tous ces joueurs-étudiants doivent de temps en temps aller sur les bancs d’école, le plus souvent pour compléter leur formation générale au collégial.

Ce qui nous ramène à Gaspé, qui peut compter sur un campus du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Rappelons aussi que la ville a dans ses cartons un projet de centre multisports flambant neuf. La première mouture de l’infrastructure visait plutôt les 1000 places dans les gradins, ce qui est insuffisant dans notre projet. La Ville se lancerait-elle dans l’aventure si elle trouvait un financement adéquat? L’idée est lancée.

Chose certaine, les deux MRC de la pointe gaspésienne sont aussi friandes de hockey l’une que l’autre. Lors de la première saison complète de la Ligue de hockey senior Desjardins de la Gaspésie, les Corsaires de Forillon ont attiré en moyenne 765 spectateurs par rencontre à Rivière-au-Renard. Non loin, les Vikings du Rocher-Percé en ont quant à eux enregistré environ 750 à la billetterie de Grande-Rivière. Pour du hockey senior, c’est considérable. Certains
se rappelleront aussi les bonnes années du Gaillard de Chandler. Les matchs présentés durant le temps des Fêtes attiraient plus de 4000 personnes. Dans les circonstances, on peut extrapoler et estimer que, comme à Bathurst, la foule répondrait à l’appel pour une équipe de la LHJMQ.

On peut aller plus loin et penser qu’en bon citoyen corporatif, General Electric, qui a acheté en 2016 l’usine de pales LM Wind Power, serait un commanditaire majeur. On imagine déjà un partenariat exclusif pour y vendre les bières de Pit Caribou.

Il y a loin de la coupe aux lèvres. Néanmoins, le retour du balancier démographique et les succès ailleurs dans la LCH permettent d’y croire. Ne manque à peu près plus qu’à trouver le nom de l’équipe. Des idées?

Les conditions pré-requises pour une équipe de la LHJMQ*
• Coût d’une concession d’expansion : 5 millions de dollars
• Coût d’une concession appelée à déménager : variable en fonction du prix demandé par le vendeur
• Aréna : capacité de 5000 sièges incluant les loges corporatives
• Besoin d’installations adéquates: vestiaires d’équipes et d’officiels, galerie de presse pour accueillir les médias écrits, la radiodiffusion, la webdiffusion et la télévision
• Budget : faire la démonstration qu’un budget de dépenses moyen est d’environ 2,5 millions de dollars
• Revenus : 60% doivent provenir de la vente des billets et des loges corporatives, et 40% de la vente des commandites et des produits dérivés
• Éducation : prévoir des établissements scolaires pour le secondaire et le cégep. Pour l’université, le tout se fait par correspondance ou en mode virtuel dans plusieurs équipes
• Population : pour soutenir une équipe de la LHJMQ en matière d’assistance
• Médias : présence de journaux, de radio et de télé

*Source LHJMQ

 

DES ENFANTS LIBRES DE CHOISIR N’IMPORTE QUEL PROFIL

Sarah Servant, de Sainte-Anne-des-Monts, est mère de deux enfants et enseignante depuis 2013. Elle est aussi une artiste et une bénévole engagée dans son milieu.


Photo : Fournie par Sarah Servant

Dans un avenir parfumé de rêverie et d’un peu d’utopie, je ne peux qu’imaginer une Gaspésie dont les communautés s’animent et s’engagent. Dans cette vision, les Gaspésiens de tous âges occupent leur territoire.

Les cris et les rires des enfants qui passent en un coup de vent, motivés par un jeu imaginaire ou par un ballon en fuite, ne sont plus que dans nos cours d’école. Les enfants jouent, bougent et grouillent ensemble et partout. Ils le font réellement et souvent. Les enfants se donnent rendez-vous et leurs ricanements se font entendre partout.

Les amateurs de tous âges et de toutes catégories s’amusent et s’assument. Les nouveaux sportifs côtoient les athlètes et les artistes créent ensemble en divers lieux. L’art, l’écriture et les sports deviennent thérapie courante. Les conseils, les compétences et les connaissances s’avèrent monnaie d’échange. On bouge partout et on exploite nos espaces et nos saisons. La performance laisse place à la bienveillance.

Les citoyens s’impliquent naturellement pour créer des occasions de rassemblements pour souligner les fêtes, les saisons ou les récoltes. Comme lors des célébrations d’Halloween, nos rues deviennent lieux de festivités. On les occupe, on les anime et on s’y retrouve simplement ou de façon grandiose. On se donne rendez-vous pour partager nos talents ou pour bouger ensemble.

Dans cette Gaspésie du futur, nous dévions notre regard vers l’autre, vers la plage et l’air frais. On troque la lumière bleue pour celle du soleil. Les adultes sont conscients des modèles qu’ils sont. Ils font le modelage d’habitudes de vie saines et simples. Tous s’outillent pour entretenir leur bien-être.

S’émerveiller devant un univers musical, s’étonner d’un talent artistique ou s’épanouir dans la création rythment nos routines. Des cercles de lecture et d’écriture se multiplient tout autour de la péninsule. On écrit ou on crée pour se donner la parole, pour s’entendre soi-même et pour se comprendre. En créant, on se retrouve et se découvre.

Dans un avenir gaspésien parfumé de réalisme, pour que nous devenions tous acteurs et non spectateurs, l’accessibilité serait bien différente. Pour que la péninsule devienne plus active, plus créatrice, plus assumée, plus impliquée et habitée, les offres d’activités seraient multipliées.

Les enfants auraient tous un accès égal et simple aux sports et aux loisirs. Des endroits proposeraient du matériel usagé ou à faible coût pour bouger et créer. Les villes investiraient dans des équipements qui seraient disponibles pour tous. Les revenus d’une famille ne seraient plus un frein pour s’épanouir et se dépasser. Dévaler les pentes, défendre un but de hockey, jouer du violon, pêcher le saumon ou apprendre l’aquarelle deviendraient des profils accessibles à tous.

Dans cette Gaspésie, même si les enfants d’aujourd’hui n’étaient pas tous les grands athlètes ou les artistes de demain, cela importerait peu.

Les bénéfices ne se compteraient plus. Ils se contempleraient dans les regards des enfants outillés à devenir les artisans de leur propre bien-être

 

Pour lire la suite du dossier :

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 1/7 CULTURE

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 2/7 ÉDUCATION

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 3/7 ENVIRONNEMENT

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 5/7 SOCIÉTÉ

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 6/7 SANTÉ

DOSSIER RÊVER DE 2040 : PARTIE 7/7 TRANSPORT