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23 juillet 2014 16 h 09

La saison de la pêche au concombre de mer redémarre en Gaspésie

GASPE –  Dans le nord de la Gaspésie, entre Sainte-Anne-des-Monts et Cap-des-Rosiers, trois zones de pêches, ont rouvert l'accès à la pêche automnale du concombre de mer le 15 juillet dernier. En exploration depuis 2009, ce type de pêche est soumis chaque année à un contrôle minutieux par Pêches et Océans Canada.

« C’est une nouvelle pêche pour nous. On doit s’assurer qu’il y ait assez de concombres pour une pêche durable », explique le directeur régional de Pêches et Océans, Vincent Malouin. Du 1er avril au 15 juin, c’était la saison printanière. Après un répit de quelques semaines, nécessaire pour protéger la reproduction des concombres, les pêcheurs redémarrent la saison automnale du 15 juillet jusqu’au mois de novembre.

Réglementé jusqu’en 2016 par le Plan de pêche axé sur la conservation de Pêches et Océans, la pêche au concombre de mer en Gaspésie en est à sa phase deux d’exploration, à savoir si cette pêche est rentable et durable pour la région.

Une pêche exploratoire

L’aspect préoccupant de ce type de pêche, pour les observateurs, reste l’effet à moyen et long terme sur l’habitat marin. « On ne veut pas qu’il y ait de prises accidentelles, comme le crabe ou les oursins verts », explique M. Malouin. Les dragues à patins, qui servent à capturer les concombres, sont donc manipulées dans des profondeurs plus importantes, là où certaines espèces ne vont pas.

C’est aussi la raison pour laquelle ce type de pêche n’est possible que sur le côté nord de la Gaspésie, ajoute Vincent Malouin. « On ne veut pas non plus qu’il y ait d’interaction avec la pêche au homard. C’est les scientifiques qui ont déterminé qu’elle pouvait se faire sur le côté nord de la Gaspésie; dans la Baie-des-Chaleurs, il y a trop de pêche côtière du homard. »

Pour Sébastien Thibeault, directeur des pêches commerciales de la Première Nation Malécite de Viger, les prises accidentelles sont actuellement quasi inexistantes. « Les concombres de mer se tiennent en colonies dans les fonds rocheux. On pêche dans un corridor de 22 à 40 mètres de profondeur et il n’y a pas vraiment d’autres espèces », estime-t-il.

Pour que la pêche du concombre soit le plus écologique possible pour les biomasses marines, la plongée sous-marine demeure la solution la plus efficace. « On a essayé en 2009, mais on a dépensé beaucoup d’argent pour peu de résultats », justifie Sébastien Thibeault.

Une pêche en santé

En 2016, le Plan de pêche axé sur la conservation prendra fin. Un bilan permettra de donner, ou pas, l’autorisation aux pêcheurs de faire de la pêche au concombre de mer, une pêche comme les autres. Selon le directeur régional de Pêches et Océans, Vincent Malouin, cette pêche restera exploratoire tant que les chercheurs n’affirmeront pas avec certitude qu’elle ne comporte aucun risque pour l’environnement.

Les mesures de précautions adoptées par Pêches et Océans servent aussi à éviter la surpêche dans les trois zones d’explorations. De Marsoui à Grande-Vallée, les pêcheurs malécites de Viger ont l’autorisation d’attraper 600 000 kilogrammes de concombres. « On peut pêcher 200 tonnes au printemps et 400 à l’automne », détaille M. Thibeault.

Les concombres sont vendus à des usines de transformation étasuniennes et à une usine gaspésienne, Poissonnerie Cloridorme. Le prix au débarquement va de 0,20 $ à 0,30 $ la livre pour un concombre entier, qui est constitué à 90 % d’eau.

La rentabilité économique de ce type de pêche reste incertaine. « On est au stade expérimental. Dans ces circonstances, c’est dur d’investir pour du matériel », confie le pêcheur Sébastien Thibeault.

Pour que la pêche au concombre de mer soit plus rentable, ce dernier pense qu’il serait nécessaire d’augmenter les quotas de prises autorisées, tout en respectant la biomasse. « Cela nous permettrait de créer des emplois et de favoriser les investissements », affirme-t-il.

D’après les données comptabilisées par le laboratoire Biorex, l’avenir gaspésien de cette pêche semble en effet prometteur. « On a un stock en santé », affirme M. Thibeault.

Le concombre de mer transformé est ensuite vendu sur le marché asiatique. Malgré la persistance de quelques incertitudes sur ce type de pêche, les observateurs prédisent l’ouverture d’un véritable marché pour l’industrie de la pêche en Gaspésie.