• samedi 15 août 2020 13 h 00

  • Météo

    21°C

  • Marées

Actualités

Portrait
20 juillet 2020 9 h 29

La télémédecine, un atout pour la Gaspésie

Lila Dussault

Journaliste

Partager

GASPÉ  ̶  En demandant aux gens d’éviter de se déplacer dans les cliniques pendant le confinement, le système de santé a dû s’adapter à vitesse grand V. En ce sens, la télémédecine pourrait transformer le visage des soins dans la région pour les années à venir.

La télémédecine consiste à faire des consultations médicales à distance, par téléphone ou grâce à des plateformes en ligne sécurisées comme Zoom. « Ce que je dis toujours, c’est qu’avec la COVID-19, on est en train de piloter un avion qui se bâtit au fur et à mesure. C’est vrai pour la télémédecine aussi », explique Dre Émilie Dupuis-Riendeau. Pratiquant à Gaspé depuis douze ans, elle a rapidement fait le virage numérique aux balbutiements de la crise sanitaire. « Moi, je suis une personne qui embarque très vite (dans les nouvelles technologies). Je ne conçois pas qu’on puisse réserver nos billets d’avion Montréal-Tokyo en ligne, mais pas notre rendez-vous avec notre médecin. Ceci dit, il y avait tellement de balises à établir, tellement de choses à prendre en considération. »

Auparavant, les médecins n’étaient ni rémunérés ni assurés pour leurs appels téléphoniques et échanges de courriel. Avec la pandémie, les fédérations professionnelles et savantes se sont penchées sur la question pour agir rapidement, revoyant les législations, les méthodologies et fournissant de nouveaux moyens technologiques. « La COVID a tellement fait avancer les choses dans un système qui, normalement, est comme un paquebot à faire virer. Soudainement, on avait un hors-bord! », s’enthousiasme cette citoyenne de Gaspé.

Des avantages pour les régions
De l’avis de la praticienne, la télémédecine permettrait notamment d’augmenter l’accessibilité aux médecins, ceux-ci pouvant désormais accompagner leurs patients en dépit de l’éloignement géographique. « Mes étudiants qui vont passer leurs sessions ailleurs peuvent continuer avec leur propre médecin de famille. […] J’ai des patients en voyage, des « snowbirds » qui partent trois mois chaque hiver », cite-t-elle en exemple. Dre Dupuis-Riendeau pense aussi aux rencontres pour les gens en fin de vie, lorsque les membres de la famille sont dispersés, ou encore aux déplacements risqués pendant les tempêtes de neige. Même chose pour les rendez-vous avec des spécialistes. Ceux-ci oeuvrant souvent à Québec, les patients gaspésiens pourraient s’éviter de longs allers-retours.

Autre avantage de la télémédecine : minimiser la contagion, notamment en permettant aux médecins de travailler à la maison et en évitant les rassemblements dans les salles d’attente. « Je pense qu’à long terme, ça va diminuer la transmission, pas juste de la COVID-19 », estime Dre Dupuis-Riendeau.

Au bout du compte, la praticienne considère que cette nouvelle pratique accorde plus d’attention à l’horaire et aux disponibilités des patients. C’est d’ailleurs ce qu’a apprécié Julie Brulotte, résidente de Douglastown et mère de trois enfants qui a consulté plusieurs fois en télémédecine au cours des derniers mois. « On n’a attendu que huit à dix minutes chaque fois, alors qu’en salle d’attente, on peut facilement attendre une heure », remarque-t-elle. « Quand on doit se déplacer juste pour un papier, on doit souvent se faire remplacer au travail. Avec la télémédecine, c’est vraiment une économie de temps et d’énergie, surtout avec les enfants! », se réjouit la maman.

S’adapter aux situations
C’est sans compter qu’il faut d’abord avoir la technologie adéquate et savoir s’en servir. Or, le système de santé a encore du chemin à faire pour se moderniser et simplifier ses procédures, concède Dre Dupuis-Riendeau. En date du 2 juin, seulement 25 des 247 médecins de la région avaient activé leurs licences Zoom, selon les données fournies par le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Gaspésie. Toutes les cliniques contactées par Graffici offraient cependant des consultations par téléphone.


Julie Brulotte et ses enfants ont consulté à quelques reprises en télémédecine au cours des derniers mois.
Photo : Lila Dussault

Pour lire le dossier post-pandémie

Étiquettes :