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4 avril 2012 16 h 42

Les coyotes devenus un problème à Percé ?

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Il est nécessaire de contrôler les coyotes dans le Grand Percé tant pour le cheptel de chevreuils (cerf de Virginie) que pour la sécurité des gens.

Tel est le message que lance le chasseur d’expérience et citoyen de Percé, Michel Méthot. «Ce n’est pas facile de voir les chevreuils se faire massacrer par des coyotes, ça me fait quelque chose au cœur de voir ça. C’est dur à entendre les cris de chevreuils la nuit. Les coyotes leur rentrent la tête dans le corps pour aller chercher le foie. Ils reviennent après pour manger le reste de la carcasse. Quand tu te promènes dans la forêt après, ça sent le cadavre, le mort pis ça te reste dans le nez pendant quelques jours.»

Selon lui, ces coyotes sont un danger pour la population. Récemment, il en a chassé un de quelque 90 livres qui rodait près des enfants. «Je l’ai tué tout près d’un endroit où les enfants prenaient l’autobus et où il n’y avait pas de voisin. Une bête comme ça, on ne sait pas ce qu’elle peut avoir en tête. Si elle est capable d’attaquer un chevreuil tout seul, elle peut s’attaquer à un enfant».

M. Méthot estime que ce coyote pourrait être croisé avec un autre animal tellement son poids est anormalement élevé.

Engager des trappeurs

Michel Méthot, qui a plus de quarante ans de chasse derrière le fusil, propose à Québec d’établir une politique de rémunération pour les trappeurs professionnels, histoire de contrôler la population des coyotes (dont on ne connaît pas le nombre exact). «Si on payait un trappeur 50 $ par bête trappée, cette personne pourrait faire un bon salaire. Si un trappeur attrape 1000 bêtes, ça lui fait un revenu de 50 000 $. L’avantage c’est que ça encouragerait ce métier-là et ça permettrait de protéger la chasse ici. Tous les chasseurs pourraient en bénéficier et c’est bon pour l’économie. Pourquoi ça se fait dans les parcs [nationaux du Québec] et pas dans nos communautés ? Nous aussi on y a droit.»

Il donne en exemple la Nouvelle-Écosse où le gouvernement a payé 25 $ par bête aux trappeurs, en 2009, pour contrôler les coyotes.

Réaction au MRNF

La biologiste à la Direction de l’expertise du ministère des Ressources naturelles et de la Faune de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Mélinda Lalonde, rappelle qu’il existe déjà deux programmes de contrôle des coyotes dans la région. L’un pour le contrôle de la prédation du caribou de la Gaspésie, qui est une espèce en voie de disparition, et un autre qui concerne la mise en valeur du cerf de virginie.

Mme Lalonde note de plus qu’il n’y a pas d’attaque de coyotes sur les humains qui a été recensée en Gaspésie ou au Québec à ce jour, en précisant que des cas ont été recensés en Nouvelle-Écosse.

Elle tient également à rappeler quelques mesures de prévention. «C’est sûr que si des gens voient un coyote rôder près des villes, il faut téléphoner à la protection de la faune pour que les agents puissent intervenir. Il faut faire preuve de vigilance quand on est en forêt et être conscient qu’on est dans leur habitat.»

Parmi les autres précautions à prendre, Mme Lalonde souligne qu’il faut porter attention «aux poubelles [laissées dehors], aux odeurs, au fait de laisser de la nourriture d’animaux domestiques à l’extérieur. Les coyotes sont aussi associés au secteur agroforestier, alors il faut rentrer le bétail dans les granges la nuit, par exemple.»

D’après une campagne de collecte de coyote conduite entre 2002 et 2007, le plus gros coyote recensé pesait 50 livres, soulève Mme Lalonde. «Si quelqu’un en ramasse un de 90 livres, ce serait vraiment intéressant de l’apporter au ministère pour l’analyser.»