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21 novembre 2014 17 h 01

Ministre D’Amour en Gaspésie : main tendue pour « faire les choses autrement »

CARLETON-SUR-MER — Selon le ministre Jean D’Amour, les ponts entre Québec et la région ne sont absolument pas coupés et la grogne actuelle lui apparaît normale, bien qu’il ne la croie pas justifiée.

Le ministre délégué aux Transports et à l’implantation de la stratégie maritime et ministre responsable des régions de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et du Bas-St-Laurent, Jean D’Amour amorçait ce matin une tournée régionale de trois jours qui le mènera notamment à Chandler, Gaspé et Sainte-Anne-des-Monts. Il a débuté sa journée ce matin avec la presse locale à Carleton-sur-Mer. Dans un entretien de plus d’une heure, le ministre a patiemment répondu aux nombreuses questions des journalistes inspirés par les nombreuses coupures et réorganisations annoncées ces dernières semaines.

Le déjeuner avec la presse était l’occasion d’annoncer l’attribution de 1,4 M$ issu du Fonds d’aide aux initiatives régionales (FAIR) et réparties dans 20 entreprises du comté de Bonaventure pour la création de 24 emplois et la consolidation de près de 500 autres. Lors de cette rencontre, le ministre semblait confiant que la région allait « bien traverser cette zone de turbulence » et continuer à se développer malgré les millions de dollars en moins et les dizaines d’emplois menacés en développement régional.

« En réalité, je ne peux pas mettre de chiffre précis là-dessus, mais à mon avis c’est pas mal moins que 80 jobs qui vont se perdre. (…) Si on applique le livre et qu’on dit : “on aboli la CRÉ et les CLD”, c’est 80 personnes (qui perdent leur emploi). Froidement, c’est vrai. Mais quand on dit aux MRC : “vous allez définir votre modèle de développement”, ça veut dire que ce n’est pas tout le monde demain matin qui repart avec sa valise. Il y a des gens de ce groupe-là qui vont conserver leur emploi, qu’ils travaillent pour la CRÉ ou pour un CLD. Ça, je pense que ça fait partie des bonnes nouvelles », soutient le ministre.

« La CRÉ en Gaspésie, qu’on l’appelle CRÉ ou autrement, si la région veut garder une structure de développement, il n’y a rien qui l’empêche et c’est même souhaitable, soutient le ministre. Est-ce que c’est nécessaire que ça coûte des millions de dollars pour se concerter? Est-ce qu’on peut arriver à avoir un modèle de concertation moins couteux,s’interroge le ministre? (…) Moi, je crois assez aux régions pour savoir qu’elles vont apporter des modèles différents qui vont être porteurs et moins couteux. (…)L’expertise on ne la perd pas demain matin. Ce n’est pas vrai. Faut juste redéfinir ça de façon moins coûteuse », dit le ministre.

« Sous une forme ou sous une autre, notre gouvernement veut maintenir les leviers financiers qui vont permettre le développement économique de nos communautés. Nous, ce qu’on veut moins financer, ce sont les structures. On veut de l’action économique. On va financer moins les structures, ça, c’est certain. On va financer les projets économiques », soutient le ministre qui assure que le programme FAIR sera maintenu, à 6 M$ par année jusqu’en 2018, et qui confirme du même souffle que les Fonds régionaux d’investissement demeureront intacts aussi, au moins en 2015.
Interrogé sur le montant dont la région disposera pour préserver ses outils de concertation régionale, le ministre n’a pu donner de chiffre précis.

« Demandez-moi pas de montant ce matin, il y a encore des discussions à y avoir en Gaspésie. Je ne mets pas d’argent sur la table en disant : “voilà une enveloppe, amusez-vous et revenez-moi”. On a annoncé la réforme il y a quelques semaines. Que la communauté se parle c’est normal et c’est sain. Je suis ici d’ailleurs pour en discuter avec eux et s’il y a des projets moteurs de développement qui se dégagent, moi je vais investir dans le développement, dans les projets proprement dits », a soutenu le ministre devant la presse.

Un pouding chômeur en cadeau

Le ministre a également participé ce matin, à une conférence de presse tenue à l’hôtel de ville de Carleton-sur-Mer et qui donnait le coup d’envoi des travaux de construction d’un projet d’habitation de l’Office municipal d’habitation de Carleton-St-Omer. Ce projet déjà en cours de construction, vise l’ajout de 48 unités de logements sociaux nécessitant plus de 7,2 M$ d’investissement, dont 3,4 M$ proviennent de la Société d’habitation du Québec qui a consenti une subvention de 3,4 M$ par l’entremise de son programme AccèsLogis Québec.

La conférence de presse de ce projet tant attendu et fortement appuyé par le milieu, notamment les Caisses Desjardins pour 50 000 $ et la ville de Carleton pour 1,1 M$, a toutefois été dérangée par des citoyens venus remettre une lettre contestant les coupures et réorganisations en région. Ces citoyens venus contester les mesures d’austérité ont aussi remis symboliquement un pouding chômeur au ministre. L’action a provoqué une légère commotion dans la salle du conseil ou étaient réunis les dignitaires associés au projet immobilier.

Le ministre n’a pas semblé troublé outre mesure par ce coup d’éclat vivement dénoncé par les organisateurs de la conférence de presse.

« Premièrement, ce que j’aime moi, c’est échanger avec le monde. Je suis en Gaspésie pour ça. On a trois jours de prévus et on ne refuse à personne de les rencontrer, au contraire. Si ces gens qui nous ont visités ce matin avaient pris la peine de nous demander une rencontre, je les aurais rencontrés avec plaisir, parce que j’aurais beaucoup aimé discuter avec eux. Je pense qu’ils auraient pu passer leur message d’une autre manière. Cependant, on est au Québec, on est en démocratie et je respecte ça », a dit le ministre D’Amour en déplorant que ce geste ait jeté de l’ombre « sur un projet de 7 M$ en logement social ici à Carleton, 48 logements neufs pour des Gaspésiens », ce qui était plutôt censé envoyer le message qu’il y a encore de la place pour les projets selon le ministre.

« On fait du développement économique nouveau genre, nouvelle façon. Ça dérange, mais au bout de la ligne, je suis convaincu qu’on pose ces gestes-là pour les bonnes raisons », de conclure le ministre avant de reprendre sa route vers Chandler ou il inaugurait, en après-midi à Chandler, le Centre de justice de proximité de la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.

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