Le journal GRAFFICI est une entreprise médiatique collective et indépendante qui produit et diffuse du contenu informateur de qualité, accessible et rassembleur pour la communauté gaspésienne. GRAFFICI est le seul journal francophone régional qui rejoint l’ensemble des Gaspésiens et Gaspésiennes; il suscite toujours un fort sentiment d’appartenance. Nous publions actuellement six numéros par année comptant chacun de 20 à 28 pages.
Notre site Web www.graffici.ca et notre page Facebook Journal GRAFFICI ont pour but d’optimiser le rayonnement en ligne de notre média et d’accroître la portée du contenu produit par notre équipe de rédaction.
Nous publions aussi le guide touristique et culturel Viens Voir. Cette publication a pour but d’informer la clientèle locale et touristique quant aux activités offertes en Gaspésie.
Acheminez votre offre de services à administration@graffici.ca
Date limite : 14 décembre 2020
À l’été 2001, GRAFFICI est en nomination pour la coopérative de l’année à l’Association des médias écrits communautaires du Québec (AMECQ). Il faut se déplacer à Québec pour répondre aux questions du jury. Nous étions en plein montage pour la prochaine édition du journal. Qu’à cela ne tienne! Pascal Alain et moi partons en direction de Québec le matin pour être à Québec à 14h tapant. L’entretien dure une heure. À 15h, bière rapide sur une terrasse de la rue Cartier au grand soleil. À 16h, terminé les vacances. Nous avons repris la route vers la Gaspésie pour poursuivre le montage du journal! Un aller-retour, comme on dit!

Françoise Leblanc-Perreault, Maria – Membre du noyau fondateur et directrice générale de 2000 à 2006
De gros changements
À cause de circonstances particulières, Pascal Alain et moi avons dû, entre le premier et le deuxième numéro de GRAFFICI, déménager tout le matériel nécessaire à la production du journal dans le deuxième rang de Saint-Siméon. Nous avons installé le gros iMac sur la table de cuisine, trouvé une infographiste, rédigé des articles afin de monter la deuxième parution. N’ayant pas encore de local officiel, nous faisions du télétravail… bien avant l’heure!

Normand Canuel, Granby – Fondateur et représentant publicitaire jusqu’en 2003
Le contexte particulier de la production du GRAFFICI
Je nous revois en pleine production du journal. Françoise sur l’énorme iMac en train de placer les textes et images qui composeront le prochain numéro. Normand, à l’autre bout du local, tentant de trouver une dernière publicité avant de boucler le tout. Et moi, au centre, terminant la rédaction d’un article en écoutant du métal en sourdine. Le regard de Françoise valait cent piastres! Je faisais mes entrevues par téléphone. Nous avions une seule ligne. Je monopolisais donc cette précieuse ligne, alors que nous attendions les épreuves à approuver du journal avant son impression par télécopieur. J’avais d’affaire à raccrocher! Toute une époque!

Pascal Alain, Carleton-sur-Mer – Fondateur, journaliste et rédacteur en chef jusqu’en 2003, administrateur de 2003 à 2010 et depuis juin 2020, chroniqueur depuis 2010.
La marche à suivre
J’ai joint le conseil d’administration de GRAFFICI en mars 2016, au milieu d’une crise de revenus causée par l’austérité du gouvernement de Philippe Couillard. Ces compressions affectaient les organismes de développement qui se servaient des pages publicitaires de GRAFFICI pour faire connaître leurs services. GRAFFICI affichait un déficit de 30 000$ au printemps 2016. Nous venions de sauter quelques publications. Ce qu’il reste de direction du journal, le conseil d’administration, postule pour un projet « d’évaluation de son avenir », avec le concours d’Emploi Québec. Il fallait que GRAFFICI avance 10 000$ comme part de l’entreprise, ce que le journal n’avait pas. En lisant le libellé du projet, je constate qu’un membre du conseil d’administration, Camille Leduc, est prêt à avancer personnellement cette somme. Il n’a pas eu à le faire, Emploi Québec acceptant qu’on puisse passer outre cette condition monétaire, mais le degré d’engagement de M. Leduc, que j’appelle maintenant Camille, mais que je continue à vouvoyer, restera pour moi une leçon d’engagement qui me sert depuis et qui continuera de me servir.

Gilles Gagné, Carleton-sur-Mer – Éditorialiste depuis 2007 et co-rédacteur en chef depuis 2016
De la livraison… et du bon temps entre amis!
Début des années 2000, nous partons deux, trois bons amis dans ma Mazda MPV pour une tournée de livraison du journal. On se partage la roue, les autres se chargent de l’animation. On fait de la musique, on arrête profiter des plus beaux spots. On en découvre de nouveaux. À chaque arrêt les gens sont heureux de recevoir le plus récent numéro de ce journal indépendant qui nous ressemble. Le soir, p’tit feu, p’tite bière, on se tasse dans la van pour mal dormir. Le lendemain, c’est reparti. Retour à la maison, on a hâte au mois prochain…

Mathieu Boudreau, Carleton-sur-Mer – Collaborateur aux textes, aux Galas culturels gaspésiens et camelot entre 2002 et 2006
Une expérience mémorable
Mai 2020. Je travaille d’un bout de table avec vue sur la baie de Gaspé. Soudain, j’aperçois une petite tête qui émerge des flots : un phoque! Je me lève, je crie, je m’extasie, je prends des photos. Vous l’avez compris, je viens tout juste d’arriver à Gaspé, directement de Montréal, en pleine pandémie, avec mon masque, une lettre explicative et la voiture de mon grand-père. Les animaux marins, l’équipe du journal et surtout la culture gaspésienne auront rendu ma quarantaine, et ma première expérience terrain en journalisme, absolument mémorable.
Merci GRAFFICI!

Lila Dussault, Montréal – Stagiaire, mai et juin 2020
De lectrice à administratrice
J’ai connu GRAFFICI dès sa première parution. Ça me plaisait grandement d’entendre parler de la scène culturelle d’ici, des artistes du coin, des spectacles et événements qui avaient lieu en Gaspésie. Je restais à l’affût d’une nouvelle édition, me délectant des nouvelles des gens de la région; j’ai toujours été attirée par la culture sous toutes ses formes. Le contenu du journal s’est modifié, mais je retrouvais encore des textes qui parlaient de gens d’ici. Les sujets étaient plus variés, mais toujours pertinents et toujours traités du point de vue d’un Gaspésien ou une Gaspésienne. Il arrive fréquemment que la parole soit donnée aux citoyens vivants diverses situations et ça me plait beaucoup. Il y a quelques années, je fus approchée pour faire partie du conseil d’administration. Après avoir hésité un peu j’ai accepté et … je ne regrette pas!

Francine Poirier, Bonaventure – Fidèle lectrice et administratrice depuis 2017
Une édition 100 % étudiante
Bonne fête, GRAFFICI! Je devais avoir à peu près ton âge quand mon tout premier article à vie a été publié… entre tes pages! Jeune cégépienne en Arts, lettres et médias, ma prof Marie-Ève Forest (une autre de tes collaboratrices) t’avait convaincu de diffuser une édition dont le contenu était produit à 100 % par des étudiants. Il fallait avoir confiance en la relève! En tout cas, à ce moment-là, GRAFFICI, j’ai pogné de quoi. Et quelques mois plus tard, j’étais acceptée au baccalauréat en journalisme à l’UQÀM. Longue vie!

Sonia Landry, Carleton-sur-Mer – Journaliste de 2008 à 2010
Une tournée… des dépanneurs!
L’an 2000, j’ai 20 ans, j’habite la rue Vermette, à Carleton. Peuplée de bohèmes, d’artistes et d’anarchistes, en marge du village, nous créons des échantillons de révolutions. Pascal vient de lancer un journal. C’est un bijou un peu tout croche, mais on le sait déjà, que c’est un bijou. L’an 2000, la banquette arrière pleine de paquets de journaux, je m’arrête dans la totalité des dépanneurs entre Cloridorme et Ste-Flavie. J’explique à plein de monde c’est quoi GRAFFICI et pourquoi c’est un bijou. Longue vie au GRAFFICI!

Véronique St-Onge, L’Étang-du-Nord – Journaliste, distributrice et représentante publicitaire de 2000 à 2004 ainsi que collaboratrice au Graffici Entrepreneuriat
D’audace et de créativité
Lorsque je pense à GRAFFICI, je pense à dynamisme, ouverture et innovation. J’estime que tous ceux qui gravitent autour de ce média régional ont su innover et faire preuve d’audace et de créativité. C’est un beau risque que de pouvoir offrir un média papier de nos jours. Écrire pour GRAFFICI me permet d’aller plus loin, journalistiquement parlant, en offrant des dossiers de qualité à nos lecteurs. Quoi de plus stimulant pour une journaliste que d’en découvrir autant que le public, à propos des arbres ou des oiseaux, par exemple, qui pullulent sur toute la péninsule. Longue vie à GRAFFICI!

Geneviève Patterson, Gaspé – Journaliste depuis mars 2020
Une équipe très soudée
L’équipe de correction, que je coordonnais, se rencontrait physiquement dans les locaux du journal tous les mois. J’exigeais que chaque épreuve soit corrigée par quatre personnes différentes, car nous avions chacune nos forces et nous nous complétions bien. Voir une faute de français dans notre GRAFFICI aurait été humiliant… Et puis, mes courriels au groupe commençaient tous par « Bonjour vous toutes et Yvon ». Comme Yvon a toujours été le seul homme du groupe, nous en prenions grand soin tout en le taquinant gentiment. L’équipe était très soudée et il en a résulté de belles amitiés qui se poursuivent. Longue vie au GRAFFICI et à son équipe de correction!

Florence Gauthier, Saint-Roch-des-Aulnaies – Coordonnatrice de l’équipe de correction de 2007 à 2013 Photo : Éric-Robert Joseph
De retour après 18 ans d’absence
Juin 2012 : j’arrive après 12 années passées dans la grande ville de Montréal à la Presse canadienne et à titre de gestionnaire dans un média de la Montérégie. GRAFFICI cherchait à l’époque un rédacteur en chef par intérim afin de coordonner le journal durant un congé de maternité. De fil en aiguille, la personne en poste démissionne et le rédacteur en chef de Graffici.ca quitte également. Je me retrouve avec les deux fonctions jusqu’en 2014. Graffici m’a permis de faire un retour dans la région après 18 ans d’absence et m’a ouvert d’autres portes de médias régionaux. Longue vie à GRAFFICI!

Nelson Sergerie, Gaspé – Rédacteur en chef de 2012 à 2014, administrateur en 2015 et 2016, corédacteur en chef en 2019 et 2020 et journaliste depuis 2012
Une charte de paysages
En tant qu’agente de développement en patrimoine culturel au Conseil de la culture de la Gaspésie de 1999 à 2002, j’ai rédigé une chronique hebdomadaire pendant au moins un an portant sur le patrimoine maritime gaspésien! J’ai, pendant l’une d’elles, introduit l’idée de Gaspaysie, pour renforcer l’idée d’une gouvernance régionale améliorée, qui imposerait plus d’autonomie pour la péninsule et qui inclurait la préservation des paysages et du patrimoine bâti que je chéris depuis des décennies. J’ai été fort heureuse d’apprendre que la région s’était dotée d’une charte des paysages quelques années plus tard!

Marie-Thérèse Landry, Moncton, Nouveau-Brunswick – Chroniqueuse de 2000 à 2002
Travailler au GRAFFICI, il y a une quinzaine d’années…
GRAFFICI a été, pour un nouvel arrivant comme moi, une formidable école pour découvrir rapidement la Gaspésie, ses paysages et ses habitants qui la vivent et qui l’animent. En plus de rencontrer des gens pour écrire des articles, c’est sans aucun doute le tour régulier de la Gaspésie pour distribuer le journal qui m’a permis de l’explorer de l’intérieur. Les touristes québécois font le tour de la Gaspésie quelques fois dans leurs vies; certains Gaspésiens le font une à quelques fois par an. Travailler au GRAFFICI, il y a une quinzaine d’années, c’était faire le tour de la Gaspésie 12 fois par année, été comme hiver, en s’arrêtant plus de 250 fois : des restos, des hôtels, des gîtes, des campings, des dépanneurs, des commerces, des salles de spectacles… dans chaque village, du nord au sud, sur la côte et dans l’arrière-pays. On finit par connaître et apprécier la place et le monde.
Frédéric Vincent, New Richmond – Journaliste et rédacteur en chef de 2003 à 2005 et directeur général de 2005 à 2011
Une formidable équipe de correction
Depuis 2014, j’ai le bonheur de faire partie de la formidable équipe de correction du GRAFFICI. Des valeurs importantes pour moi sont véhiculées lors de nos rencontres; en effet, l’écoute, le respect et la solidarité entre les personnes expliquent, je crois, la fidélité pour ce bénévolat. Je pense que les gens seraient surpris d’entendre les rires qui peuvent découler de nos discussions autour d’un mot, d’une expression, d’une virgule même! Et surtout de la mise en commun des connaissances de la langue française de chacun.e. J’ai un immense plaisir à ces rencontres et j’ai toujours hâte à la prochaine correction. Longue vie à GRAFFICI ! »
Patricia Poulin, Maria – Bénévole à la correction depuis 2014
Depuis une dizaine d’années, je suis correctrice au GRAFFICI. Belle équipe motivée au succès sans fautes du journal. Covid-19 oblige, nous nous voyons moins souvent.
Bonne continuité!

Victoire Arbour, Bonaventure – Bénévole à la correction
Photos : Elles proviennent d’archives personnelles et d’archives du GRAFFICI
Lire la partie 1 : Hommage à l’équipe de première heure
UN BULLETIN QUI FAISAIT JASER
Du temps où je tenais ma chronique politique le Libre arbitre, j’y insérais une fois l’an le Bulletin des élus qui notait les politiciens de la région s’étant le plus démarqués au cours des 12 mois précédents. Une chronique que dévorait la classe politique; de qui se pavanait avec un A, de l’autre maugréant en raison d’un E (ce qui me valait des appels bien sentis des intéressés n’appréciant guère leur note). Pour la petite histoire, cette chronique était à ce point lue, qu’une année, plusieurs élus m’avaient interpellé pour me demander pourquoi donc je ne les avais pas notés. Pour rassurer celles et ceux qui n’avaient pas été considérés, j’ai pris la peine d’indiquer en bas de texte de ma chronique suivante que les élus qui n’avaient pas été «cotés» récoltaient au moins la note de passage, soit un C.

Thierry Haroun, Percé – Chroniqueur de 2000 à 2002 et de 2007 à 2016
SEPT ANS DE BANDES DESSINÉES
Dès le deuxième numéro du GRAFFICI, nous avons eu une page complète pour parler de bandes dessinées, Guy Julien, grand connaisseur et graphiste, François Miville-Deschênes, qui n’était pas encore connu en Europe, et moi. On critiquait les récentes sorties, on avait des fiches sur les personnages, des jeux, bref, on prenait plaisir à communiquer une passion. On nous en parlait souvent. Parfois, François nous dessinait des trucs splendides pour embellir la page. Il a même déjà caricaturé Pascal Alain. Nous avons tenu notre chronique pendant sept ans. Les rédacteurs en chef nous respectaient et nous amenaient de bonnes idées, c’était une équipe du tonnerre!

Dany Arsenault, New Richmond – Chroniqueur bandes dessinées et disques de 2000 à 2007
LORSQUE « J’ESSAYAIS» TOUS LES MOIS
Déloger des homards de leur cage aux aurores avec Sylvain. Beurrer des croissants, les yeux dans le beurre, avec Sébastien. Imbriquer des pavés de chocolat avec Marie-Pier. Feutrer ma tête avec les couleurs de Caroline. Défendre ma cause de grattage d’oreille au volant en justice. Brasser la bière sans tomber dans la cuve avec Philippe. Mariner du houblon cueilli avec Sarah. Revêtir ma bouche de couleurs flamboyantes avec Todd avant de taquiner le saumon avec Claude. Saisir la fine anatomie d’une fève de cacao avec Dany. Bien d’autres fabuleuses expériences avec plusieurs autres talentueux formateurs m’ont fait découvrir leurs passions lors des aventures de ma chronique J’ai essayé. Merci pour votre patience, j’en retiens une mine d’anecdotes!

Sophie I. Gagnon, New Richmond/Montréal – Journaliste en 2001 et de 2007 à 2012, chroniqueuse (J’ai essayé) de 2012 à 2016 et représentante publicitaire depuis 2016
J’AI RACONTÉ DES BOBARDS, JE VOUS DEMANDE PARDON
Aujourd’hui GRAFFICI a 20 ans et moi je me sens comme une enfant de six ans qui vient de se faire prendre à dire des menteries. Je vous dois la vérité et mille excuses puisque je vous ai menti. Pendant trois ans. J’ai ajouté couleurs et fantaisie à la vraie vie pour vous faire réfléchir à son sens ou vous faire fléchir dans le bon sens. Je vous demande pardon. On dit que toute vérité n’est pas bonne à dire…moi je dirais que les bobards ont vraiment été le fun à écrire. Merci de m’avoir lue et au plaisir!

Manue Babin, Percé – Chroniqueuse (Les bobards d’une Babin), de 2011 à 2013
UN PRÉSIDENT À L’EAU
Antoine Audet, président de GRAFFICI à l’époque, a lancé lors d’une rencontre: «Si on fait 10 000$ de profits avec le Gala, je me lance à la mer…». Étant le coordonnateur du Gala culturel gaspésien, un évènement multidisciplinaire et interculturel initié par le journal pour récolter des fonds, je me suis dit: «Lui, il va à l’eau!» Ça m’a vraiment crinqué dans ma recherche de commandites! Au matin très tôt le 11 mai 2003, tout juste après le Gala et le super party, Antoine a respecté son engagement… le Gala avait généré plus de 10 000$ de profits. Il s’est lancé, comme un seul homme, dans les eaux froides de la baie des Chaleurs!

Philippe Patenaude, Carleton-sur-Mer – Coordonnateur du Gala culturel gaspésien, journaliste, directeur et rédacteur en chef en 2002 et 2003
LES CONDITIONS DE L’ÉPOQUE…
En 2004, j’occupais le premier bureau du journal à Gaspé, situé dans un sous-sol. L’escalier pour y descendre longeait un mur de ciment humide. Une administratrice habile (Nadia Guérette) avait confectionné un panneau en bois peint à la main pour orienter nos rares visiteurs. Mes conditions de l’époque: 10 heures par semaine à dix dollars l’heure! Tout ça s’est bien sûr amélioré par la suite. Mais rien n’a changé dans ce qui m’a fait rester à GRAFFICI aussi longtemps: le sentiment de travailler pour un média qui nous ressemble et qui fait une différence dans la vie des Gaspésiens.

Geneviève Gélinas, Gaspé – Journaliste puis corédactrice en chef de 2004 à 2018, administratrice depuis 2016 et actuelle présidente
UNE CONFIANCE PHARE
Entrevue au GRAFFICI, fin janvier 2010: Marilou Levasseur et Frédéric Vincent me questionnent. L’une de mes réponses est: «Ce dont j’ai besoin pour l’instant, c’est de la nature et on la retrouve partout ici. Pour la suite, je prendrai le temps de rencontrer les gens et de m’impliquer avec eux dans des projets pour continuer d’avoir un milieu de vie stimulant». Alors embauchée, sans voiture et en plein hiver, je quitte le confort de l’urbanité pour plonger dans l’inconnu. La confiance de Marilou et Frédéric a été un élément phare de la genèse de mon aventure dans la Baie-des-Chaleurs; elle dure depuis maintenant dix ans!

Julie Delisle, Carleton-sur-Mer – Graphiste au montage du journal, publicités et photos de 2011 à 2015
UN OUI ASSURÉ
J’ai fait partie de l’équipe de GRAFFICI de 2013 à 2019. Le navire a souvent changé de cap, de capitaine et d’équipage, mais il est toujours demeuré une fierté pour les Gaspésiens. Trouver des volontaires pour parler de tous les sujets imaginables, c’était un oui assuré, si l’on mentionnait que c’était pour GRAFFICI. Combien de personnes m’ont ouvert spontanément leurs portes et raconté leur histoire afin que toute la Gaspésie en profite? Combien ont souri devant mon objectif, sachant que leurs paroles feraient leur chemin? Pendant que l’équipe se relevait les manches pour naviguer au travers des tempêtes administratives, la confiance du public, elle, est demeurée infaillible. Et c’est peut-être grâce à elle que GRAFFICI a toujours le vent dans les voiles. Merci à vous tous.

Ariane Aubert Bonn, Cookshire Eaton – Journaliste pigiste de 2013 à 2019 et responsable du site Web de 2013 à 2015
TOUTE UNE MÉSAVENTURE!
J’ai fait plusieurs fois le tour de la Gaspésie pour la livraison du GRAFFICI. Souvent en équipe, parfois seul. Je devais me rendre à Sainte-Anne-des-Monts en traversant le parc de la Gaspésie au cours d’un hiver (2001 ou 2002?). J’ai perdu le contrôle de la voiture VW Fox dans le virage glacé juste avant le gîte. J’ai eu un bris mécanique et une remorqueuse m’a amené au garage à Sainte-Anne-des-Monts pour la réparation qui ne pouvait se faire le jour même. Pascal et Françoise ont décidé de venir me chercher en Suzuki Swift; ils ont perdu le contrôle de leur voiture au même endroit. Heureusement, ils ont pu repartir. À l’époque, on n’avait pas de voitures prêtes pour la conduite hivernale et les accessoires n’étaient pas des plus performants (pneus à la limite de la fesse, chaufferette tiède, essuie-glaces plutôt glaçants…). Ils m’ont récupéré et on a fini la livraison avant de rentrer nerveusement, bien fatigués. On en rit aujourd’hui, mais on se serait bien passé de cette mésaventure qui a mobilisé trois personnes.

David Fath, Maria – Chroniqueur, distributeur et collaborateur de 2000 à 2007
LE TOUR DE LA GASPÉSIE… 12 FOIS PAR ANNÉE!
Tomber en amour avec la Gaspésie nous oblige à la fréquenter assidûment. Consacrant mes énergies à cette quête, j’ai participé à la première assemblée générale du GRAFFICI. Emballé par l’enthousiasme et les rêves que ces jeunes portaient en eux, j’ai offert à la direction de faire, bénévolement, la distribution du journal, les libérant d’un temps précieux pour écrire et produire un journal de grande qualité. C’est ainsi qu’a commencé cette aventure avec le journal qui fait la fierté de tous les Gaspésiens. Au fil des ans, cela m’a permis de faire le tour de la Gaspésie tous les mois de l’année, en toutes saisons, faisant passer les points de distribution de 50 à 475 dans la Gaspésie de Sainte-Flavie à Sainte-Flavie… juste avant que le journal ne soit livré à domicile. Vingt années plus tard, cette fréquentation n’est pas près de prendre fin.

Camille Leduc, Maria – Bénévole à la livraison de 2001 à 2018 et administrateur depuis 2003
DU CAMPING IMPROVISÉ
Ma collaboration avec GRAFFICI a débuté alors que j’enseignais le cours de «Journalisme culturel» au département d’Arts, lettres et médias du Cégep de la Gaspésie et des Îles, campus de Carleton-sur-Mer. Les étudiantes et les étudiants rédigeaient des articles portant sur les spectacles présentés dans la Baie-des-Chaleurs. Parmi les anecdotes que je retiens de mon passage dans l’équipe du GRAFFICI figurent les tournées de livraison du journal autour de la Gaspésie avec Pascal Alain. Nous dormions en camping improvisé dans des endroits incongrus, comme le terrain de balle-molle à L’Anse-au-Griffon. Je garderai aussi en souvenir ma rencontre épatante et inoubliable avec l’artiste de Gaspé surnommé Quinze (Marcel Lamoureux).

Isabelle Lessard, Carleton-sur-Mer – Réviseure, correctrice, chroniqueuse (livres et disques) et journaliste de 2001 à 2006
UNE GRANDE GÉNÉROSITÉ
Ce que je retiens de mes années à GRAFFICI, c’est la générosité dont de nombreuses entreprises locales ont fait preuve envers notre média. Merci pour votre soutien et pour votre patience malgré mes nombreux appels!

Gabrielle Leduc, Gaspé – Responsable du marketing de 2012 à 2016
PUBLIÉE… GRÂCE À GRAFFICI!
Décembre 2014: j’ai le journalisme sur pause et l’indice de colère à la hausse. Alors que la Gaspésie patauge dans l’austérité libérale, moi, je bous intérieurement. Je me lance donc un blogue où je me défoule allègrement dans une correspondance écrite au premier ministre Philippe Couillard. Je perdrai bien vite le contrôle de ma Lettre à Philou, relayée en puissance sur Facebook. Graffici saisit la balle au bond, me demandant de publier sur son site Web ce texte et ceux qui suivront. C’est au Graffici.ca que Marie-Ève Trudel-Vibert tombe sur ma missive. À la barre des Éditions 3 Sista, à Gaspé, elle m’écrit pour me dire qu’elle a apprécié mes mots. Je lui réponds du tac au tac que j’en ai un tas, sous la forme d’un manuscrit, qui traîne dans un tiroir. C’est ainsi que mon premier roman a été publié…Oui, c’est grâce à GRAFFICI!

Roxanne Langlois, Carleton-sur-Mer – Blogueuse Correspondances en 2015 et 2016, journaliste depuis 2017 et co-rédactrice en chef depuis juin 2020
Photos : Elles proviennent d’archives personnelles et d’archives du GRAFFICI
Lire la partie 1: Hommage à l’équipe de première heure
Trouver un nom – le nom! – n’est jamais une mince tâche. Cela n’a pas été différent pour le journal. L’un voulait un nom plus politique, un autre plus culturel, un autre plus artistique. Comment s’en sortir? Après plusieurs remue-méninges, la plupart des mots qui nous viennent à l’esprit convergent vers les lettres «GRAPH»: orthographe, graphisme, infographie, calligraphie, etc. Voilà un point de départ! Et comme la Gaspésie est au cœur du projet, que le journal allait voir le jour et grandir ici, en région, l’amalgame que nous connaissons s’en est suivi.
GRAFFICI était né!

Mai 2000 -Fondation de la coopérative de solidarité Journal culturel GRAFFICI
Juillet 2000 -Parution du premier numéro du journal
Assemblée général 2001 -Assemblée générale de 2001: Des difficultés reliées à la distribution mettent en péril la survie de GRAFFICI. Un bénévole, Camille Leduc, propose de s’en charger. Il sillonnera la région jusqu’en 2018.
Mai 2003 -Première édition du Gala culturel gaspésien ; l’événement-bénéfices récolte un franc succès en plus d’un total de 14 000 $

Novembre 2004 -Deuxième édition du Gala culturel gaspésien; la tenue de ce deuxième événement permet cette fois à GRAFFICI d’amasser environ 12 000 $
Mai 2005 -Première parution du Viens voir, le guide culturel et touristique de GRAFFICI, distribué depuis en juin de chaque année
Septembre 2007 -Virage généraliste de GRAFFICI, c’est-à-dire que le journal couvrira dorénavant tous les sujets, de la politique aux sports, en plus de la culture
Novembre 2010 -Lancement des Mathilderies, le livre de recettes gaspésiennes de notre collaboratrice et cuisinière Mathilde Cotton
Septembre 2011 -Lancement du site Web GRAFFICI.CA
Automne 2013 -Lancement de GRAFFICI Entrepreneuriat, un magazine économique qui sera publié quatre fois par année pendant deux ans
Février 2016 -Suspension des publications imprimées et mise à pied de la plupart des employés en raison d’une baisse abrupte de nos revenus publicitaires
Juin 2016 -Reprise des publications du journal et du Viens voir, grâce à l’apport de bénévoles et de collaborateurs qui ont GRAFFICI à cœur
Novembre 2019 -Mise en ligne d’un site Web revampé
Mai 2020 -GRAFFICI fête ses 20 ans de succès et de tempêtes, avec une équipe solide et des finances saines
Nombre de numéros
225
Nombre de pages produites
4880
Nombre de copies distribuées
5090900
Nombre de publicités parues dans nos pages
9526
Nombre de parutions du guide touristique Viens voir
15
Nombre d’employés, de collaborateurs et de pigistes au fil des ans
environ 220
Nombre de bénévoles au fil des ans
plus de 85
Nombre d’erreurs corrigées par nos bénévoles à la correction
au moins 22550
Nombre de crises majeures surmontées
2 (2006 et 2016)
Nombre de clics sur notre site Web
près de 177000
Nombre de locaux occupés au fil des ans
6
Illustrations : La fée couleur
Découvrez son travail ici
Lire la partie 1 : Hommage à l’équipe de première heure
Par Carol Saucier et le regroupement Solidarité Gaspésie
Achat local et commerces de proximité
-Pour les consommateurs et autres types d’acheteurs, par exemple les épiciers, accroître nos achats de produits et services développés sur le territoire gaspésien. En ce sens, poursuivre le travail de sensibilisation auprès des consommateurs;
-Mieux soutenir nos commerces de proximité au moyen d’incitatifs offerts par les municipalités;
-Élaborer une politique d’achat québécoise pour favoriser l’achat local. Par exemple, l’État québécois pourrait avoir des programmes d’achat qui priorisent les biens et services produits en région. Agriculture, pêcheries et forêt
Agriculture
-Soutenir les agriculteurs et agricultrices engagés dans des pratiques agricoles de proximité;
-Stimuler davantage le développement des marchés publics et les initiatives de distribution et de liens directs avec les agriculteurs et agricultrices;
-Soutenir les municipalités et autres mouvements citoyens dans leurs initiatives visant l’autonomie alimentaire. Par exemple, le mouvement Nourrir notre monde.
Pêcheries
-Encourager les pêcheurs et transformateurs à poursuivre leurs efforts d’innovation dans les techniques de pêche durable, dans la diversification des espèces pêchées et la transformation des produits marins;
-Encourager la pêche côtière à titre de pêche maritime de proximité.
Forêt
-Soutenir des entreprises privées ou d’économie sociale pour la récolte de bois, de champignons et de plantes médicinales;
-Stimuler la deuxième et troisième transformation des bois sur notre territoire;
-Soutenir davantage l’utilisation du bois dans la construction et la rénovation.
Développement territorial, entrepreneurial et communautaire
-Se doter de politiques publiques, au niveau municipal, des MRC et du gouvernement du Québec, pour mieux soutenir financièrement le développement des PME en région, incluant des programmes de formation spécialisés;
-Accroître l’appui aux entreprises d’économie sociale, coopératives et organismes à but non lucratif (OBNL);
-Veiller à ce que le gouvernement du Québec assure un meilleur financement récurrent aux organismes communautaires qui sont une composante essentielle de notre filet social;
-Amorcer un vaste projet de construction de logements coopératifs et communautaires, ceci dans les collectivités urbaines et villageoises de la Gaspésie, avec le soutien de la Société d’habitation du Québec (SHQ).
État et services publics
-Améliorer les conditions de vie des personnes âgées qui vivent dans les maisons d’hébergement, qu’elles soient publiques ou privées, et améliorer les conditions de vie des personnes âgées vivant à domicile;
-Amorcer une délibération concernant un projet d’assurance-revenu de base universelle et inconditionnelle pour les citoyens et citoyennes.
Transition énergétique et écologique
-Éviter que le financement public pour la lutte aux changements climatiques n’en prenne un coup à cause des dépenses gouvernementales liées à la pandémie;
-S’abstenir en Gaspésie de développer les énergies fossiles, telles que le pétrole et le gaz. Travailler plutôt à pérenniser le secteur de l’énergie éolienne et miser sur le développement des énergies renouvelables telles que la biomasse forestière, la géothermie, l’énergie solaire et l’énergie houlomotrice;
-S’assurer que la Gaspésie puisse participer activement aux efforts d’électrification des transports, que ce soit notamment par le transport collectif (RÉGÎM);
-Poursuivre la mobilisation pour la réfection accélérée du chemin de fer gaspésien.
Vitalité culturelle
Mieux soutenir nos artistes, créateurs et institutions culturelles, afin qu’ils puissent accroître la production et la diffusion artistique et culturelle au niveau local et régional.
Élargissement des pratiques démocratiques
-Mettre en débat l’idée d’une refonte complète du système de gouvernance territoriale, refonte s’appuyant sur les principes de décentralisation, de régionalisation et de subsidiarité;
-Encourager l’élection des préfets au suffrage universel;
-Encourager l’expression de la démocratie participative et citoyenne par des moyens concrets de participation aux différents échelons politiques de la Gaspésie, à savoir les municipalités, les MRC et le Regroupement des MRC de la Gaspésie.
Financement
-Créer un grand fonds d’investissement dédié spécifiquement aux régions du Québec, notamment la Gaspésie, dans lequel serait mobilisé du capital public, coopératif et privé;
-S’assurer que les élus et les citoyens gaspésiens demandent aux autorités concernées la fin de l’utilisation de paradis fiscaux ou de toute autre forme d’évitement fiscal.
Mathieu Gagnon de Cap-Chat
The Ring of fire
Le moteur gronde comme une bête affamée. À chaque torsion de la poignée des gaz, la bête rugit en vibrant avec une puissance mécanique grisante. Les ailes bleues cousues sur le coat de cuir du motard rutilent sous le feu des projecteurs. Un homme marche vers le motard en parlant dans un walkie-talkie, il s’arrête et fixe le motard. La tête, enfermée dans un casque blanc orné d’étincelantes ailes bleues, il donne le signal. L’homme à la radio se met à crier dans le petit appareil un étrange mantra : « C’est un go, il est prêt! Allumez ça! C’est un go, il est prêt! Allumez ça! C’est un go, il est prêt… » Les projecteurs de la rampe s’allument. Le motard reste immobile, il attend sur sa monture. Au bout de la rampe un anneau de flamme s’allume, la foule manifeste bruyamment son étonnement. Le motard, de coups de poignet vifs, fait rugir sa moto et commence à s’avancer tranquillement vers la rampe. Au pied de la structure, coiffé d’un mortel anneau de flammes, il lève la main pour saluer la foule. La masse de spectateurs lui répond par une vague de cris frôlant l’hystérie. Le motard fait un demi-tour énergique avec son engin qui se cabre sur plusieurs mètres, donnant une troublante apparence de vie à la moto. Il est temps de prendre son élan. Il roule jusqu’au bout de la piste. Là, prudemment, il retourne sa monture mécanique. Cette fois c’est la bonne. S’il réussit ce saut, tout sera fini. Fini la bouteille et les lendemains de veille avec un éléphant assis sur la tête. Fini, la cigarette et les quintes de toux qui sonnent comme un char qui veut pas partir l’hiver. Fini les appels aux enfants, avec comme bruit de fond le son des camions, dans une cabine téléphonique sur le bord route. Fini les nuits à l’urgence et les tours d’ambulance pour tenter de rafistoler un corps cassé. Fini le temps perdu à imaginer des cascades de plus en plus risquées pour vendre un show dépassé. Fini les problèmes de clutch, de brake et de roue croche. Fini les nuits loin de ma chérie à me coller sur des filles à louer à TV. Fini le mal de reins, de genoux et de mains. Fini les fins de mois à me sauver des créanciers pis à chercher de nouvelles astuces pour trouver du cash à emprunter… Si je réussis ce saut-là, tout est fini! Une rampe, un anneau de flammes, 13 chars, un anneau de flammes pis une autre rampe! Si je réussis ce saut-là, tout est fini! Faut juste foncer, le gaz dans le fond, pis sauter plus haut que les flammes! Plus haut que les flammes, plus haut que la ferraille, plus haut que les gouffres que l’on creuse entre nous et les autres, plus haut que nous.
Un homme s’approche du motard, immobile sur son missile à deux roues, réacteur allumé : « Ça va Charley? ». Au son de la voix familière, le motard sort de sa torpeur. La foule en silence attend. Le motard embraye sa monture et tord l’accélérateur. La moto émet un long son strident et lancinant entrecoupé par les changements de vitesse et fonce vers la rampe. Si je réussis ce saut-là, tout est fini…
I fell into a burning ring of fire
I went down, down, down and the flames went higher
And it burns, burns, burns
The ring of fire, the ring of fire
Valérie Allard de Cap-au-Renard
Feu-fleuve
Faible est la lueur
Quand le ciel est lourd
Et qu’il menace par en dedans
Que les huards volent bas
De leur brouillard plumage
Font frissonner les charbons ardents
Et toi, viens-tu t’asseoir près des flammes
Montre voir
Si tu peux encore tenir le cap
Tes lucioles en réverbère dans le noir
J’entends pourtant les brindilles
Comme des criquets sous tes pas
Mais quand tu te penches le poids des peurs
Te lézarde
Les lichens intérieurs
Parfois l’embrun m’embrouille aussi
Me garde le caillou sous les flots
Ma tête récif plie sous le sable
Anesthésier tous les maux
Le feu échappe toutes ses promesses
Si la foi trépasse ce soir
S’éteindra sur la grève
Toute trace de l’espèce
Rajouterais-tu des petites flammèches
Avec tes yeux de rorqual bleu
Pour endormir nos vieilles angoisses
Sur les lits de braises faibles
Et visser la lucidité des ténèbres
Dans les grands rêves qui trébuchent encore
Dans mon espoir quelques tisons
Quitter le chablis des désarrois
Et remonter les ambitions
Comme amphibiens dans la rivière
Plus de cachet ni de cachot
Dénudée par les nuées d’oiseaux
Les fous de Bassan torpilles du vent
Et bercer chaque soir
Le petit fleuve
Qui partout en nous s’étend
Tire-toi une bûche, une étincelle
Pour s’attiser l’humanité
En cordes de bois mal accordée
L’humilité dans les ossements
Voilà que tu tends la main
Pleine de pleine lune
Et nous tricote des étoiles filantes
En réconfort
Les châles de nos grand-mères
Brillants dans la grande voûte
Les craintes, naufrages et racontars
Filetés pour disparaître dans les trous noirs
Renaitre des cendres
À chaque ressac
Malgré les ombres qui errent
Les vagues reviennent sans cesse
Se briser l’échine
Sur les hanches des falaises
Mêlés aux larmes
Du limon dans nos yeux rieurs
Et de larmoyants germes d’espérance
Allongent leur thalle de laminaire
Plus rien à compter
Sinon les cœurs à rebours
Et les levers de soleil
Comme levain quotidien
Il est minuit moins quart
L’azur triomphe lumineux
Les lendemains ne se laisseront plus jamais
Mourir à petit feu
Au fait, dis-moi
Quel genre d’ancêtre seras-tu?
Les membres du jury : Brigitte Lavallée, Lucienne Soucy et Alvina Lévesque, représentantes du Cercle littéraire La Tourelle.
Pour lire les textes de la catégories élèves du secondaire https://graffici.ca/actualite/les-gagnants-du-concours-decriture-du-journal-graffici/

Respect de la vie privée