Depuis 1999, Marinard Biotech récupérait les carapaces de crevette de son entreprise mère, Pêcheries Marinard de Rivière-au-Renard. Une fois extraits les minéraux, les protéines et l’eau des résidus, il restait des petits copeaux blancs : le chitosane, que l’entreprise vendait en moyenne 30 $ le kilo.
Son principal client, Sani Marc, l’utilisait pour purifier l’eau des piscines.
Marinard Biotech a écoulé ses derniers stocks de chitosane l’hiver dernier, et n’a rien produit depuis 2010.
Citée en exemple
L’entreprise de Rivière-au-Renard était la seule productrice de chitosane en Amérique du Nord. Elle a longtemps été citée en exemple pour la valorisation des résidus marins.
Marinard Biotech a déjà produit 32 tonnes de chitosane par an, transformant ainsi tous les résidus de Pêcheries Marinard. Elle n’en a produit qu’une dizaine de tonnes en 2010 (30 % des résidus).
Équipement désuet et manque d’eau
«Le marché était là» pour le chitosane, affirme pourtant Benoit Reeves, directeur général de Pêcheries Marinard. Mais il manquait d’eau potable pour alimenter à la fois l’usine de décorticage de crevette récemment modernisée et la chaîne de production de chitosane. Cette dernière a été sacrifiée, d’autant plus que l’équipement était désuet, explique M. Reeves.
Marinard Biotech continue d’exister : ses cinq employés font des analyses de laboratoire pour les usines de transformation gaspésiennes. Ils ont déjà été 40.
Soutien public
Développement économique Canada avait prêté 1,8 million de dollars à Marinard Biotech entre 1997 et 2003. En 2002, le gouvernement du Québec, la Fondaction CSN et Innovatech Régions-ressources y avaient investi 3 millions de dollars.
Pêcheries Marinard paie maintenant 200 000 $ par an pour enfouir près de 2000 tonnes de résidus de crevette au dépotoir de Gaspé. L’usine voisine, Crevette du Nord Atlantique de L’Anse-au-Griffon, fait de même avec une quantité équivalente.