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La mission de GRAFFICI
Le Journal GRAFFICI est une entreprise médiatique collective et indépendante qui produit et diffuse du contenu informateur de qualité, accessible et rassembleur pour la communauté gaspésienne.
GRAFFICI en bref
Le journal
En 2021, le journal a traité d’enjeux variés : un portrait du caribou gaspésien, la complexe négociation du prix de la crevette, la crise du saumon 40 ans plus tard, la pénurie de logements, nos forêts anciennes, les refuges pour animaux et bien d’autres.
Comme les année précédentes, nous avons publié six numéros du journal. L’équipe de GRAFFICI choisit les sujets avec ces préoccupations en tête : traiter de sujets spécifiques à la Gaspésie, les approfondir ou les aborder sous un angle inédit, en conservant un équilibre entre les divers domaines : société, politique, culture, économie, environnement, etc. GRAFFICI demeure le seul journal francophone régional qui rejoint l’ensemble des Gaspésiens et il suscite toujours un fort sentiment d’appartenance.
Distribution
Au cours de l’année 2021, GRAFFICI a poursuivi la distribution du journal par la poste, une formule à laquelle nous étions revenus fin 2020, après quelques années de Publi-sac. Ce type de distribution apporte une grande visibilité au journal puisqu’il entre ainsi dans 39 500 foyers de la Gaspésie. Les commentaires positifs des lecteurs et de nos annonceurs nous confirment la nécessité de ce choix de distribution, plus coûteux mais plus avantageux pour nous et nos partenaires.
Le site web
Au cours de 2021, 42 419 pages de « graffici.ca » ont été vues par 25 830 visiteurs, qui passent en moyenne 60 secondes par session sur le site et consultent 1,7 page. La durée de consultation est considérée comme longue pour un site web, ce qui signifie que nos lecteurs font une lecture relativement approfondie des textes.
GRAFFICI publie les articles du journal sur son site web, puis ces articles sont propulsés chaque semaine sur le média social Facebook, où nous invitons les lecteurs à commenter et à nous écrire. La portée du contenu s’en trouve accrue, puisqu’un public situé au-delà des frontières de la Gaspésie le consulte.
La présence du site web constitue aussi une plateforme supplémentaire pour vendre de la publicité. Les ventes sur le web se sont élevées 1100 $ en 2021, une somme modeste mais non négligeable.
Le guide Viens voir
Après une pause d’un an en 2020 à cause de l’incertitude pandémique, le guide touristique et culturel Viens Voir était de retour en 2021. D’une longueur de 36 pages, il a été distribué dans plusieurs commerces et autres points de distribution partout en Gaspésie dès la mi-juin, en plus de se retrouver dans tous les journaux distribués par la poste.
Cette distribution par la poste était une nouveauté : nous avons ainsi voulu marquer le retour du guide en le distribuant plus largement. Pour nous conformer aux normes de Postes Canada, nous avons dû faire emballer nos deux publications dans des sacs en plastique, un procédé complexe, coûteux et peu écologique qui ne sera plus utilisé à l’avenir.
Ce guide a pour but d’informer la clientèle locale et touristique des activités disponibles en Gaspésie. Ce premier objectif a été atteint. Son contenu entièrement publicitaire est censé permettre à GRAFFICI de libérer un profit qui finance ensuite la production journalistique : ce second objectif n’a pas été atteint. En 2022, nous rectifions d’ailleurs le tir en revenant à la formule de distribution antérieure.
L’aide au fonctionnement
Le gouvernement du Québec, à travers le Programme d’aide aux médias écrits communautaires (PAMECQ) 2020-2021, nous a octroyé un montant total de 95 081 $, soit un soutien de base de 75 000 $ et un montant supplémentaire de 20 081 $.
Pour le programme de 2021-2022, nous bénéficierons d’un montant total de 130 094 $, soit une aide de base de 75 000 $, une aide supplémentaire et ponctuelle de 40 789 $ et un montant additionnel de 14 305 $ pour soutenir notre mission et notre plan d’action.
Ces aides donnent à GRAFFICI l’occasion de continuer son déploiement. Les administrateurs les utilisent avec en tête l’objectif de demeurer en mesure d’accomplir la mission du journal à long terme, en mettant GRAFFICI à l’abri des soubresauts de l’économie.
Rappelons que le salaire et les conditions de travail de nos employés et collaborateurs ont été revus à la hausse en 2020 et que des augmentations sont maintenant consenties de manière automatique chaque année. Le mode de distribution par Postes Canada, plus coûteux, est également rendu possible par ces aides. D’autres projets, décrits plus loin dans ce rapport, pourront avancer au cours des prochains mois grâce à l’aide supplémentaire reçue.
Les ressources humaines
Nadia Leblond assurait le poste de coordonnatrice et d’adjointe administrative depuis le début de 2020. Au début de 2021, nous lui avons donné le titre de directrice générale, une nomination justifiée par une prise accrue de responsabilités et d’initiatives de sa part.
À la corédaction en chef, nous pouvons compter sur les services de Gilles Gagné depuis 2016. Gilles écrit dans GRAFFCI depuis 2007. Son expérience contribue grandement à la crédibilité et à la qualité du journal.
Après un peu plus d’un an à la corédaction en chef, Roxanne Langlois a été recrutée par un autre média à l’automne 2021. Sa rigueur et son engagement nous manqueront. GRAFFICI a toutefois été chanceux dans les circonstances : il a pu recruter Jean-Philippe Thibault, un journaliste d’expérience qui réside à Gaspé et connaît bien la région. Deux jours par semaine, il est corédacteur en chef et rédige des textes. Nelson Sergerie assure aussi un appui à la rédaction en chef à raison de quelques heures par publication.
Aux ventes, nous sommes heureux d’avoir avec nous Sophie I. Gagnon depuis 2016. Ses bonnes relations avec les clients et son énergie font beaucoup pour le journal. Soulignons que Sophie s’est réinstallée à New Richmond récemment, après quelques années à accomplir le travail à distance, à partir de Montréal.
Notre graphiste depuis l’an dernier, Andréanne Dv Martin de Carleton, poursuit sa collaboration avec GRAFFICI. Elle s’est très bien intégrée dans l’équipe et est un précieux atout pour nous.
Une équipe de bénévoles effectue la correction fidèlement à chaque parution. Leur engagement permet à GRAFFICI d’afficher une grande qualité linguistique. Elles et ils savent se « retourner sur un dix cennes » à chaque soubresaut de la pandémie, corrigeant à distance ou en personne selon les circonstances.
Pour l’été 2021, le journal a pu profiter de l’apport d’une stagiaire aux études en journalisme à l’Université du Québec à Montréal : Élise Fiola.
De nouveaux collaborateurs à la rédaction (journalistes et blogueurs) ont aussi signé des textes dans le journal et sur le site web, contribuant à la diversité des thèmes et des angles abordés dans GRAFFICI. La liste complète de ces personnes se trouve à la fin du rapport.
Le retour du concours d’écriture
Pour une deuxième année consécutive, GRAFFICI a organisé un concours d’écriture en 2021.
Il était sous la responsabilité d’un comité formé de Philippe Garon (initiateur du projet), Chantal Robitaille (à l’emploi de la Ville de Paspébiac), Roxanne Langlois (corédactrice en chef), Sophie I. Gagnon (conseillère publicitaire) et Nadia Leblond (directrice générale). Des membres du cercle littéraire de la Tourelle de Pointe-à-la-Croix ont joué de rôle de jury.
Nous avons reçu 45 textes; les quatre gagnants ont vu leurs œuvres être publiées dans le journal et sur le site web, et propulsées sur les médias sociaux.
L’événement vise à promouvoir la pratique de l’écriture chez les Gaspésiens de tous âges et de toutes origines, une mission qui cadre bien avec l’esprit de GRAFFICI.
La vie associative
Les huit administratrices et administrateurs de GRAFFICI se sont réunis à sept reprises en 2021, sur la plateforme de visioconférence. Précisons que les administrateurs sont éparpillés sur le territoire gaspésien. Le conseil s’est ainsi tenu au courant des projets de GRAFFICI, a exercé son esprit critique et offert sa créativité pour relever les défis de gestion d’un média.
En juillet, notre fidèle bénévole, administrateur et ami Camille Leduc s’est retiré à la suite de soucis de santé. Marc-Antoine DeRoy s’est joint au conseil.
En février 2021, le conseil et des membres de l’équipe se sont réunis lors d’une demi-journée de réflexion, pour réfléchir sur l’avenir du Viens Voir et discuter du plan d’action soumis au PAMECQ. Cette rencontre faisait suite à celle du 7 novembre 2020.
GRAFFICI garde aussi le contact avec l’Association des médias écrits communautaires du Québec, dont il est membre. Notre directrice générale Nadia Leblond participe à l’occasion à des formations et à des ateliers en ligne.
Revenus et dépenses en 2021
Revenus totaux en 2021 : 232 746 $, en hausse de 6 % par rapport à 2020. Notons que les ventes de publicités ont augmenté de 39 500 $ (+ 34 %), en bonne partie à cause du retour du Viens voir. Toutefois, une subvention ponctuelle de Patrimoine Canada au montant de 25 890 $ n’était pas de retour en 2021.
Les ventes publicitaires dans le journal (sans le Viens voir) sont en hausse, en partie à cause de publicités gouvernementales liées à la Covid (publicités nationales = 44 667 $), mais les publicités régulières ont elles aussi augmenté. Les ventes représentent les deux tiers (67 %) des revenus de GRAFFICI en 2021, comparativement à 53 % l’année précédente.
Dépenses totales en 2021 : 253 552 $, en hausse de 40 % par rapport à 2020. En produisant à nouveau le Viens voir, nous avons assumé des dépenses d’impression et de distribution qui étaient absentes en 2020. La distribution du journal par Postes Canada entraîne aussi des frais supplémentaires par rapport à l’ancienne distribution par Publisac.
Nous avons terminé l’année 2021 avec un déficit de 20 806 $. Ce manque à gagner ne nous inquiète pas, puisqu’au moment du bilan, des aides gouvernementales dépassant ce montant restaient à verser.
Malgré ce léger déficit, GRAFFICI a cumulé un surplus financier au cours des dernières années. Au lieu de le laisser dormir, nous voulons le faire fructifier en attendant de l’investir dans nos projets futurs. Après avoir longuement réfléchi et demandé conseil, en mars 2022, nous avons fait le choix d’un placement de 50 000 $ dans un régime non enregistré avec Industrielle Alliance. Ce placement paraitra dans les états financiers de l’année prochaine.
GRAFFICI est donc en bonne santé financière. Nous pouvons envisager l’avenir avec confiance et entreprendre la réalisation de projets qui nous tiennent à cœur.
2022 : refonte de la maquette, enrichissement du contenu et rapprochement avec nos membres et nos lecteurs
La maquette du journal n’a pas été renouvelée depuis au moins sept ans. En 2022, l’équipe a le mandat de rafraîchir la maquette avec les objectifs suivants en tête : modernité, clarté et lisibilité.
Au plan de la rédaction, nous voulons que le contenu du site web soit bonifié. Les textes publiés sont en grande majorité des textes parus dans le journal. En 2022, nous souhaitons produire du contenu exclusif au web, soit des textes journalistiques, des blogues citoyens et des photoreportages.
Nous souhaitons aussi rehausser la qualité et l’originalité du contenu visuel du journal en ayant davantage recours à des photographes professionnels et peut-être même à des illustrateurs ou illustratrices.
Pour réaliser les objectifs cités plus haut, nous devrons accorder une attention particulière aux ressources humaines : l’équipe d’employés et de collaborateurs réguliers est assez stable. Toutefois, la contribution des journalistes à la pige, souvent très occupés, a parfois atteint ses limites, ce qui oblige alors nos corédacteurs en chef à rédiger une bonne partie du contenu.
De bons collaborateurs et de bonnes collaboratrices ont quitté la région ou ont été recrutés par d’autres médias ce qui, par moments, a fragilisé l’équipe de la rédaction. Le recrutement de nouvelles personnes est incontournable si l’on veut enrichir le contenu web et libérer du temps pour nos autres projets sans épuiser notre équipe actuelle.
Nous suivrons de près la performance du guide Viens voir 2022 afin de nous assurer que sa rentabilité est de retour et qu’il contribue à augmenter les revenus autonomes de GRAFFICI.
Nous devrons rester attentifs à l’évolution de la vente de publicités, afin de conserver un bon bilan malgré le ralentissement de l’achat de publicités liées à la Covid par le gouvernement du Québec. Les résultats du début de l’année 2022 sont encourageants en ce sens.
GRAFFICI s’est aussi fixé comme objectif de recommencer à vendre des encarts publicitaires. Notre équipe a le mandat de préparer un exemple d’encart et d’approcher des entreprises ou organismes susceptibles d’être intéressés par ce format.
La réflexion se poursuit sur les articles promotionnels à concevoir et à vendre dans notre boutique en ligne, ce qui pourrait être une autre source de revenus potentiels. Pour le moment, nous envisageons de fabriquer un t-shirt pour les membres de l’équipe en partenariat avec un illustrateur gaspésien. Nous réfléchissons aussi à de petits articles à vendre ou donner pour promouvoir GRAFFICI.
Par ailleurs, en 2022, nous réfléchirons à la possibilité d’augmenter la fréquence de parution du journal. Jusqu’en 2016, GRAFFICI paraissait onze fois par année, une fréquence réduite à six cette année-là à cause de difficultés financières, et maintenue depuis.
GRAFFICI – employés et collaborateurs
Rédaction :
Coordonnateurs au contenu et journalistes, Journal et Web – Gilles Gagné, Roxanne Langlois, Jean-Philippe Thibault et Nelson Sergerie/ Gestion du contenu rédactionnel et application de la politique éditoriale, animation des comités de rédaction, gestion des journalistes, photographes et de la révision, couverture de l’information et rédaction.
Journalistes, blogueurs et autres collaborateurs – Nelson Sergerie, Roxanne Langlois, Gilles Gagné, Olivier Béland-Côté, Pascal Alain, Élise Fiola, Johanne Fournier, Simon Carmichael, Marc-Antoine DeRoy, Jean-Philippe Thibault, Alain Boudreau
Réviseure – Marie-Ève Allard
Correctrices et correcteur – Liane Allard, Mimi Allard, Valérie Allard, Victoire Arbour, Yvon Arsenault, Marie Bernard, Marlyne Cyr, Reine Degarie, Monique Frappier, Josée Lalumière, Michelle Landry, André Mathieu, Donna Murphy, Janine Porlier, et Patricia Poulin
(Merci au Centre d’action bénévole de St-Alphonse-Nouvelle pour le prêt du local)
Design graphique et visuel :
Graphisme Journal et Web — Andréanne Dv Martin & Anie Cayouette (Viens Voir) / Conception et mise en page du journal et de publicités web.
Collaborateurs graphistes, photographes et illustrateurs – Jacques Gratton, Simon Bujold.
Ventes et marketing :
Conseillère publicitaire — Sophie I. Gagnon / Vente de publicités et représentation pour toute la Gaspésie, Viens voir et journaux Graffici.
Administration :
Firme comptable Leblanc Bourque Arsenault – Laura Bourdages / Comptabilité, tenue de livres et secrétariat.
Directrice générale – Nadia Leblond
Adjointe administrative – Nadia Leblond / Tenue de livres, facturation et secrétariat.
Conseil d’administration :
Simon Bujold, Geneviève Gélinas, Camille Leduc, Gilles Gagné, Marie Bernard et Francine Poirier, Laurie Murphy, Pascal Alain, et depuis juin 2021 Marc-Antoine DeRoy.

Sharon Leggo de New Richmond
Retraités et ravis de rayer des choses de notre liste de seaux, mon mari, Fred, et moi sommes allés tête baissée dans une aventure après l’autre!
Nous vivons près d’une belle rivière à saumon, nous avons donc décidé que notre prochaine expérience serait le kayak. Nous sommes entrés dans le stationnement du Canadian Tire, armés d’une remorque et de notre carte de crédit, dans l’espoir de trouver un vendeur compétent. Nous avons opté pour deux kayaks sit-in de 12 pieds (sans jupes), avec pagaies et gilets de sauvetage.
Après quelques fois sur l’eau, j’ai appris que la chose la plus difficile à propos du kayak est d’y entrer et d’en sortir, surtout quand on a mal aux genoux.
Un beau matin de juin, nous avions prévu de descendre la rivière à la baie où nos amis nous retrouveraient. Après mes tracas habituels pour équilibrer le kayak alors que je serrais mes jambes volumineuses dans le cockpit étroit et que je me laissais tomber sur le siège en plastique, nous sommes partis. Fred naviguait bientôt à environ trente pieds devant moi. Il fait partie de ces gens qui aiment tout faire en un temps record. J’ai l’intention de savourer chaque minute, peu importe son impatience!
Il y a quelque chose dans le fait d’être sur la rivière, entourée par la nature et ses créatures qui me donnent l’impression d’être une petite partie de quelque chose d’immense et de merveilleux. Le drame quotidien disparaît et je suis dans ma petite bulle.
Le soleil perçait à travers les arbres et se déplaçait à la surface de l’eau, où les insectes piégés luttaient frénétiquement pour s’échapper avant de devenir de la nourriture pour les poissons. Je pouvais voir des ondulations et des bulles de créatures sous la surface, toutes obtenant leur oxygène de manière si extraordinaire, complètement au-delà de ma compréhension.
Des canards flottaient à proximité, plongeant chacun leur tour pour leur petit-déjeuner. Cela me surprend combien de temps ils peuvent rester sous l’eau et à quelle distance ils refont surface.
Je regarde les rives du fleuve et je me demande combien d’yeux me regardent depuis leurs cachettes secrètes.
Un pygargue à tête blanche a arpenté le territoire juste en amont de son nid dans l’espoir de voir un saumon fatigué se reposer un peu trop près de la surface. Quatre corbeaux ont crié et plongé sur l’aigle, le narguant courageusement. Ils doivent protéger leurs propres nids à proximité.
Je pouvais entendre le claquement de la queue d’un castor quelque part juste derrière moi. Je me tournai de côté pour scruter les eaux à la recherche des petites vagues qu’elles pourraient faire nager. Là, il était sur le point de gravir la berge. Soudain, le kayak s’est arrêté, mais je n’étais pas à terre. J’étais contre un arbre. Ma pagaie s’est prise dans quelque chose et m’a échappé des mains.
Tout mon corps s’est raidi. J’étais en difficulté ! Avant que je m’en rende compte, j’étais sous l’eau, presque complètement à l’envers.
Tout semblait bouger au ralenti alors que je sentais une bulle d’air sortir de ma bouche. Mon gilet de sauvetage travaillait contre moi. Ma moitié supérieure était tirée vers la surface, mais ma moitié inférieure était toujours coincée dans le cockpit. Je n’ai rien vu ! J’ai agité mes bras, impuissante, espérant trouver quelque chose, n’importe quoi pour m’aider, alors qu’une autre bulle s’échappait. Enfin, j’ai touché quelque chose de solide. En m’étirant et en tendant la main de toutes mes forces, j’ai réussi à serrer les deux bras autour de lui. Je me suis tirée hors du siège et j’ai poussé avec mes pieds aussi fort que possible pour libérer mes jambes. Mes poumons se sont vidés et ma dernière bouffée d’air a jailli. C’était maintenant ou jamais, je me battais furieusement ! Finalement, mon corps épuisé a refait surface, haletant et étouffant. Mes bras et mes jambes étaient comme du caoutchouc.
Lorsque j’ai retrouvé assez de force pour me tenir debout, j’ai été surprise de constater que l’eau n’atteignait que la taille. Tremblante, j’ai trébuché sur les rochers jusqu’à l’arbre tombé. Alors que mon corps commençait à se détendre, j’ai ressenti une sensation de brûlure dans mes jambes écorchées. J’avais des égratignures sur les bras et j’aurai probablement des ecchymoses plus tard. Le kayak était toujours calé sous l’arbre et le courant l’y retenait ! Je suis juste heureuse de respirer profondément et de sentir la chaleur du soleil sur mon corps. Je suis en vie!
Fred a ramé contre le courant et m’a trouvée. Il n’avait même pas remarqué que quelque chose n’allait pas jusqu’à ce que ma pagaie flotte à côté de lui. Il l’a récupérée et a ensuite commencé à me trouver. Mon héros!
Avec cette expérience traumatisante derrière moi, j’ai décidé que j’avais besoin d’un kayak assis. Je sais que je me concentrerai toujours sur les nombreuses bulles, éclaboussures, ondulations et plongeons sur la rivière plutôt que sur le chemin à suivre, donc si quelque chose comme ça se reproduit, je veux une évasion facile.


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Caroline Plourde de Gaspé
Je suis restée forte ma douce. J’ai ravalé mes larmes pour notre dernier déjeuner ensemble à la maison. J’ai tenté de faire fi de l’immense boule qui me brûlait la gorge. J’ai préparé ton déjeuner préféré ; des grilled-cheese en forme de soucoupe avec un smoothie fraise-banane. Pendant tout le temps que je le préparais, je luttais contre les visions qui apparaissaient dans ma tête. Ton doux visage qui s’éclairait chaque fois que je te préparais ce déjeuner que tu appelais des « Grichi smouuuuti ». Puis, les premières amies invitées à la maison à qui tu voulais les faire découvrir. Ensuite, les fois où, plus vieille, tu m’en as aussi demandé aux petites heures du matin quand tu ne trouvais pas le sommeil et où nous avons vécu des moments magiques alors que tu me confiais tes préoccupations ou tes premières amours. Je me sentais si privilégiée que tu m’accordes ta confiance. En déjeunant, je revoyais ces scènes défiler à une vitesse folle dans ma tête et je me mordais l’intérieur des joues pour ne pas éclater. Je tentais de mémoriser chacun de tes traits, chacune de tes expressions comme pour emmagasiner le plus d’images possibles et m’en faire un album mental pour toutes ces fois où tu me manquerais.
Ça fait 19 ans que nous partageons notre quotidien ensemble, ma douce. 19 ans que je me dévoue corps et âme pour voir à ton bonheur, m’assurer que tu ne manques de rien, panser tes bobos petits et grands. Ceux physiques et ceux de l’âme. Les premières peines d’amitié, puis celles d’amour dont j’aurais tant voulu te préserver. 19 ans que mon sommeil n’est plus le même car mes préoccupations personnelles sont devenues secondaires. Tu as pris toute la place. Dans mon coeur, dans ma tête, dans mon âme. Jusque sous ma peau. Ce matin je n’ai pas voulu te montrer ma peine même si je sais qu’au fond de toi tu sais… Tu essayais de te montrer forte mais je te connais ma puce. Dans toutes ces années, d’abord passées à assurer tes besoins primaires, puis secondaires, tu es devenue mon refuge. L’endroit où je me sens bien, où je me sens moi, où je me sens importante. Je sais que pour toi aussi je représente le confort, la sécurité, l’amour… La certitude que peu importe la bêtise que tu pourrais commettre, toujours je t’aimerai.
Lorsque la porte s’est refermée et que je t’ai vue me regarder par la fenêtre, en me faisant un signe de coeur avec tes petites mains devenues trop grandes, mes lèvres se sont mises à trembler. J’ai attendu, tout sourire, en ravalant toujours et encore plus et en te renvoyant moi aussi un coeur, que la voiture tourne le coin de la rue avant de me liquéfier. Plus rien ne sera comme avant. Toi, tu as le monde devant toi. Tant de choses à vivre, à découvrir. Tu seras à ton tour le phare de quelqu’un. Tu auras ta propre vie et bien que je resterai importante, tu iras de l’avant. Forte et fière comme tu l’es déjà. Je sais ma précieuse que tu rencontreras des embûches mais je sais aussi que tu as les outils pour y faire face. À travers mes larmes, à travers cette peine immense qui me traverse le corps, j’ai néanmoins la fierté du devoir accompli. Des valeurs que j’ai su te transmettre. De celles que toi aussi, tu m’as apprises. J’ai évidemment des remords aussi. Pour toutes ces fois où j’ai perdu patience. Où ma fatigue a pris le dessus, où je n’ai pas su répondre à tes demandes incessantes pour jouer avec toi, où j’ai haussé le ton pour qu’enfin tu te ramasses.
Mais comme tout est une question de balance des proportions, je sais que ma balance penche « du bon bord ». Je sais que je devrai éviter ta chambre pour quelques temps. J’ai pris soin de fermer la porte, sans regarder à l’intérieur tant mon coeur était lourd et que je craignais qu’il ne supporte pas la vue de ta chambre vidée. Malgré mes yeux fermés, ton odeur y régnait encore et a vite fait de s’imprégner dans mon nez. Ton odeur à toi, si particulière et si délicieuse. Tu es partie ma puce. Je devrai apprendre à me redécouvrir, à me redéfinir. Auprès de toi j’avais une mission, une raison de vivre, de prendre soin de moi. Je sais que nos messages seront fréquents pour les prochains temps mais qu’ils s’espaceront au fil des mois à venir. Je le sais car je l’ai vécu moi aussi. On oublie que nos parents ont un vécu.
Ce matin, mon amour, j’ai le coeur gros et l’impression que ma bulle, notre bulle, vient d’éclater. Il me faudra me réhabituer à vivre seule dans la mienne alors que la nôtre était si réconfortante. Pour l’heure elle est bien froide cette bulle sans toi. Le temps arrangera les choses. Ce cher temps. Celui qui a filé si vite auprès de toi et qui déjà me parait
une éternité depuis que tu es partie il y a quelques heures. Au cours des 19 dernières années, j’ai voulu t’enseigner à ne voir que le beau même quand tout parait triste et morne. À t’efforcer de le trouver et ne pas le quitter des yeux.
Il me faudra mettre moi-même mes enseignements en pratique car sans toi, le monde me parait soudainement moins beau. En posant la tête sur l’oreiller, j’ai senti un froissement de papier. J’ai glissé la main sous l’oreiller pour y trouver un message de toi « Merci maman, grâce à toi je sais que j’ai ce qu’il faut pour quitter le nid et même si prendre mon envol me fait de la peine, je sais que j’en suis capable car tu m’as enseignée à voler et à ne me diriger que vers le beau ». J’ai ri, j’ai pleuré et je me suis endormie en remerciant le ciel pour cette extraordinaire aventure à tes côtés.


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Texte gagnant de la catégorie « ADULTE, FRANÇAIS LANGUE SECONDE »

Thème 2022 : Bulle (Que ce soit dans un contexte pandémique, environnemental, souvenir d’enfance, jeux, etc., laissez aller votre imagination.)
Prix : 250 $ par catégorie sous forme de chèque-cadeau à utiliser dans une librairie agréée de la région.
De plus, les textes gagnants seront publiés dans nos pages et sur notre site web. Le journal GRAFFICI est tiré à 39 000 exemplaires et livré gratuitement par l’entremise de Postes Canada dans tous les foyers des 5 MRC de la Gaspésie.
Vous aurez donc la chance d’être publié dans un journal ancré dans le paysage gaspésien depuis plus de 20 ans et de côtoyer les articles de qualité rédigés par des journalistes chevronnés.
Catégories
Règlements
Style accepté
Récit (histoire véridique ou imaginaire)
Dates limites
Vendredi 25 février : Catégories ADULTES
Vendredi 29 avril : Catégories ÉLÈVES DU SECONDAIRE
Le concours est ouvert à tous les résidents de la Gaspésie administrative, selon leur catégorie.
Bien indiquer dans votre document le titre de votre texte, votre nom et vos coordonnées complètes ainsi qu’un numéro de téléphone pour vous rejoindre.
Seuls les textes acheminés à l’adresse direction@graffici.ca seront acceptés
Participez en grand nombre, nous avons hâte de lire vos récits!

Du 5 au 8 août, le Festival Musique du Bout du Monde (FMBM) épatera avec une programmation recherchée qui célèbrera la diversité sous toutes ses formes.
Le festival offre des espaces d’expression artistique qui passe par un éventail de styles musicaux. Des personnalités vibrantes telles que Sarahmée, Anachnid et celles des membres de Bleu Jeans Bleu se produiront sur ses scènes.
Remarquant l’enthousiasme suscité par le mythique spectacle au lever du soleil au Cap-Bon-Ami, l’équipe du FMBM a su capter ce qui rendait ce moment aussi unique et s’est donné pour mission de recréer une expérience unique à chacune des prestations. Ainsi, chaque musique est choisie selon l’emplacement de sa diffusion afin qu’elle puisse résonner au maximum.
La scène au sommet du mont Béchervaise, accessible par la remontée mécanique, s’inspire de l’atmosphère créée au lever du soleil au Cap-Bon-Ami. « [C’est] l’alliance entre les découvertes culturelles et les expériences en lien avec la majesté de notre territoire qui sont mises de l’avant cette année », note le directeur général du FMBM, Steve Pontbriand. L’ensemble des sites utilisés pour cette 17e édition de l’ événement ont été minutieusement choisis afin de mettre de l’avant le territoire du Grand Gaspé.
Des sites éphémères hébergeront quant à eux une série d’installations sonores accompagnées d’animations visuelles. Au début de juin, les deux créateurs, France Jobin, et Vj Ubiquity étaient en résidence pour coproduire leurs oeuvres. Les festivaliers seront les premiers à découvrir leur travail spécialement conceptualisé pour l’occasion.
www.musiqueduboutdumonde.com.

Écriture collective de la classe de 5e année de l’école Saint-Rosaire de Gaspé.
Peu importe ta couleur de peau, de cheveux ou d’yeux, chaque membre de la famille de jour à sa place et son mot à dire. À vous de découvrir notre portrait de famille.
Lorsque l’on parle de chasse, Akian et Gabrièle sont aux aguets. Besoin de rire, Nathan se présente à l’avant pour la blague du jour. Amateurs et amatrices de hockey, vous n’avez qu’à en discuter avec Zach et Émile. Vous pouvez compter sur l’aide de Maël pour le soutien en informatique. Il y a un problème qui se présente, Dan arrive à la rescousse!
« An apple a day keeps the doctor away. » On peut compter sur Marissa pour nous traduire cette phrase avec son sourire éclatant. Papillon, brasse, crawl : nos Barracudas de Gaspé, Laurence, Élyana et Carolanne, ont une longueur d’avance sur vous. ¿Estás interesado en aprender español? Entonces habla con nuestra nueva estudiante colombiana Mariana Rojas.
Il n’y a jamais de problème en « maths » aux dires de Benjamin, il n’y a que des solutions! Lors des causeries du lundi, Annaceli nous raconte ses péripéties en ski. À la recherche d’un livre à votre pointure, consultez notre grande lectrice Élika.
Petit à petit l’oiseau fait son nid, nous répète Geneviève, qui croit en chacun de ses enfants de jour! Les manchettes et les touches : Lyvia, Myranie, Rosalie et Alicia vous montreront leur savoir-faire. Nos artistes, Mariane et Cassey, se feront un plaisir de retoucher vos chefs-d’œuvre. Son côté imaginaire et sa plume font de Malena une écrivaine talentueuse. L’énergie contagieuse d’Alicia rajoute un brin de folie à notre famille de jour. Éliane nous fait toujours commencer sur une bonne note, soit aiguë ou grave. Martin and Dylan are always there to present fun activities! Envie de bouger et d’apprendre des nouveaux sports, Simon est là pour vous. Lorsque vous avez besoin d’un peu d’aide pour développer des stratégies en lecture, Cynthia est là! Petits ou grands soucis : Julie et Camille sont disponibles pour vous écouter. Suivez Fredéric et Zackary sur le chemin de la persévérance scolaire!

Photo: offerte par Geneviève Germain, professeure de la classe de 5e année de l’école Saint-Rosaire de Gaspé.
Texte de Mélodie Levesque Pelletier, 1re secondaire, école Gabriel-Le Courtois de Sainte-Anne-des-Monts
Je ne sais pas vous, mais moi je déteste les surprises. Il y a une semaine, notre enseignante nous a demandé de composer un texte qui parlerait des membres de notre famille. Voilà que ce matin elle nous annonce que nous en ferons la lecture devant la classe à tour de rôle. J’ai beau me faire toute petite sur ma chaise et ne pas lever la main quand elle demande à qui est le tour, je sais bien que malgré tout, je devrai y aller.
« Marguerite, c’est à toi », dit madame Lemieux.
Je me lève la tête basse et me place devant la classe. Je déteste quand tous les yeux me regardent. Je commence en balbutiant.
« Alors…je vais…je parlerai…ou plutôt vous présenterai les membres de ma famille en commençant par mon père et ma mère. Ils ont tous les deux parcouru plusieurs pays afin de goûter aux plats et traditions culinaires que le monde entier possède. Ils travaillent ensemble dans un restaurant. Mon père est chef. C’est lui qui a élaboré tout le menu et ma mère est la pâtissière. Elle fait les meilleurs desserts. Elle sait charmer les papilles gustatives les plus délicates avec ses merveilleuses créations. Lorsque je rentre à la maison, j’ai la chance de manger les plus délicieux repas et desserts. Je suis toujours la première à goûter aux nouvelles recettes.
Mes grands-parents paternels sont des gens très occupés. Mon grand-père est un grand chercheur. Il voyage à la découverte de choses encore inconnues. Ma grand-mère est musicienne. Elle adore la musique, elle joue de tous les instruments, mais ses préférés sont le piano et la guitare. Depuis qu’elle est à la retraite, ça veut dire qu’elle ne fait plus de concert, elle le suit partout pour l’aider à dénicher la perle rare. L’élément novateur qui fera de lui un homme célèbre pour la postérité.
Mes grands-parents maternels sont plus extravagants. Les deux parcourent la route depuis plusieurs décennies. Ils font partie d’une troupe de clowns. Ils se promènent de ville en ville avec un cirque. Malgré leur âge, ils ont gardé leur cœur d’enfant. Les pirouettes et les simagrées pour faire rire leur public sont ce qui les rend aussi heureux.
Mon oncle Jean-Pierre est astronaute, il… ».
Marie-Soleil lève la main et me regarde avec son sourire accusateur. Elle a toujours un air de « je sais tout et tu vas le payer cher ».
« Oui, Marie-Soleil, tu as une question? », lui demande notre enseignante.
« En fait, Mme Lemieux, c’est que je trouve que Marguerite a assez conté de mensonges pour aujourd’hui. Elle raconte n’importe quoi. Elle ne sait pas qui sont ses parents puisqu’elle n’en a pas. »
Je suis rouge de colère. Marie-Soleil la parfaite avec sa famille parfaite.
« Eh bien, j’ai le droit de rêver! Puisque je suis devant l’inconnu, je n’ai aucune limite », rétorquais-je avant que les larmes n’embrouillent mon regard.
Je retourne m’asseoir à ma place.
Journée minable d’une jeune orpheline.
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de Françoise Luttgen
27 janvier 2021. Une journée comme une autre dans le calendrier d’une année pas comme les autres.
Au jardin, l’étendue neigeuse miroite de milliers de paillettes sous l’effet d’un soleil qui se veut ardent. On pourrait penser que le ciel a déposé toutes les étoiles de la nuit précédente sur le drap blanc et froid qui recouvre la terre, tel un manteau hivernal.
27 janvier 2021. Une journée comme une autre? Pas tout à fait!
13 h 30. On m’apprend ta venue imminente.
14 h 05. Tu es là… Petit Bonhomme vagissant faiblement, semblable à un chaton qu’on vient de déranger dans son sommeil, battant l’air du vide spatial dans lequel tu viens d’être éjecté, fermant les yeux tout à coup aveuglés par une lumière trop vive, toi qui as vécu dans la pénombre et l’exiguïté du ventre de ta mère durant neuf mois.
Je ne suis pas présente pour t’accueillir, mais le monde virtuel dans lequel tu viens d’accoster me permet de te voir la binette à quelques minutes de tes premiers souffles de vie.
Je me penche vers l’écran de la même manière que je me pencherais vers toi pour te donner un premier bisou, tout doux, sur le bout du nez. Bisou que je n’aurais pas eu droit de te donner en personne!
Tu amorces ta vie en pleine pandémie. Tu n’auras droit qu’aux caresses, aux étreintes de ton papa et de ta maman. À travers le masque qui recouvre leur visage pour te protéger d’une éventuelle contagion, ils te souffleront, tout bas, les petits mots d’amour que tous les membres de notre famille t’auraient murmurés en allant t’accueillir, en file indienne, dans la chambre d’hôpital.
Le temps d’écrire ces quelques mots et voilà que tu as déjà une heure de vie.
Dieu que le temps passe vite! Tu t’en apercevras toi-même un jour.
L’envie me vient de te dire là, tout de suite, la joie que j’éprouve à ta venue.
La vie est ainsi. Pleine de joies, des petites et des grandes. Il s’agit d’être attentif, réceptif et voilà que le cœur et l’âme s’emballent au moindre petit cadeau qu’elle nous fait. C’est ce que j’appelle le bonheur. Ce bonheur se cache en toi, en chacun de nous. Ne perds pas ton temps, Petit Bonhomme, à le chercher ailleurs!
C’est toi, en cette journée frileuse, le cadeau que la vie m’offre. Le bonheur en moi se manifeste.
Mmmm! Elle est si bonne cette indescriptible joie qui envahit tout mon être. C’est une joie porteuse de nouveaux rêves, de nouveaux idéaux, d’un nouvel amour.
Bien sûr, je ne te cacherai pas que la vie est aussi un canal de peines et de grandes souffrances. Elles peuvent rendre l’humain meilleur ou pire que ce qu’il est déjà. J’espère que ce qui te fera pleurer fera de toi un être meilleur. La façon d’absorber les événements te revient. Cela fait partie de ta liberté d’être.
Tu t’inscris aujourd’hui dans un monde en mouvance, apeuré par la menace d’un virus qui se répand de frontière en frontière, contraint de ne plus fréquenter ses amis, de ne plus embrasser ceux et celles que l’on aime, de rester confiné dans une bulle imaginaire. Depuis un an, bien avant ta naissance, la vie a changé nos habitudes, nos priorités. Les peuples, en général, se conforment aux directives sanitaires, mais malgré les grincements de dents de tout un chacun, nous acceptons de nous éloigner de ceux et celles que l’on aime, de nous sevrer de tendresse pour ton avenir et celui de tous les enfants à venir. Les Hommes gardent l’espoir d’un retour à l’amour partagé, tout en souhaitant que ces sacrifices laissent une trace de profonde réflexion sur une humanité où l’essentiel prendra la place de la convoitise, de l’appât du gain, de l’indifférence, de l’exploitation, de l’exclusion, de la destruction et de la surconsommation.
Perdre espoir, c’est s’éteindre avec tout son bagage de rêves. Ce sont ces rêves, Petit Bonhomme, qui font de chacun d’entre nous des êtres uniques et irremplaçables. Les rêves alimentent la créativité. Sans créativité, sans rêves, l’humain n’est que « fantôme », déambulant dans ce vaste monde à la recherche et en attente que quelque chose d’extérieur à lui se produise, et ainsi avoir l’illusion qu’il est vivant.
Tes rêves, tes idéaux, Petit Bonhomme, n’ont pas besoin d’être grandioses, mais ils sont terriblement importants. Ils seront ton trésor, celui que tu partageras avec ta communauté. Toute ta vie passera à travers cette richesse. Ce sont eux, ces rêves, ces idéaux, qui filtreront les joies et les peines, l’espoir et l’abdication, l’abondance et le vide, l’amour et la haine, la solidarité et la délation, l’égalité et l’iniquité, le pouvoir et la servitude, la pluralité et l’isolement, le courage et la peur, etc.
Ah! Petit Bonhomme, si tu savais comme la vie est passionnante! Comme elle est belle! C’est un grand, un immense jeu où tu seras totalement libre de tes choix, libre de tes attitudes face aux choix des autres. À toi de faire éclater ton bonheur comme du « pop-corn ». Toute ta famille : oncles, tantes, cousins, cousines, parents et grands-parents, nous serons toujours à tes côtés pour rire avec toi, pleurer tes peines, appuyer tes projets. Tous ensemble nous sommes ton noyau. Le socle sur lequel tu pourras toujours compter.
Moi, ton arrière-grand-mère, j’ai dans un coffre, gardé précieusement, des correspondances et des photos-souvenirs de tous les membres de notre famille. Elles sont pour toi, Petit Bonhomme. Pour que tu puisses voir derrière toi, que tu saches d’où tu viens, que tu connaisses les diverses origines de tes prédécesseurs et que tu découvres l’histoire de chacun et chacune, pour que tu ailles à la rencontre des traceurs du sentier que tu t’apprêtes à fouler.
Heureuse que tu sois là!
Sois le bienvenu en ce monde et amuse-toi. Je t’envoie en pensée toute la lumière de mon amour.
Gros câlins à toi, mon tout-petit.
Françoise, ton arrière-grand-mère.
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de Jacoba Spaninks
Tableau 1
Juin 1954, Cornelis et Wilhelmina accueillent leur deuxième fille, leur petite famille est complète. L’arbre généalogique porte maintenant 2 jeunes branches. Les petites grandissent comme tous les enfants aux Pays-Bas. Elles découvrent le monde dans la sécurité du foyer, tout en suivant des voies différentes. L’ainée reste dans cette région qu’elle domine, car elle en comprend en grandissant tous les codes. La benjamine est plus aventureuse, elle veut connaître le grand monde. En apprenant les langues étrangères, sa préférée est le français, celle-là restera toute sa vie le fil rouge qu’elle suivra sans hésiter. La langue française, celle de Molière et de nombreux grands penseurs, va lui ouvrir de plus en plus de portes. Et c’est l’amour pour cette langue qui va la mener de plus en plus loin. Jeune adulte, elle peut considérer la première peinture achevée.
Tableau 2
La vingtaine, la langue française et l’amour chantent en unisson. Elle quitte sa région natale pour se fixer en Wallonie, la partie sud de la Belgique. Son arbre généalogique a porté ses fruits et une jeune branche s’est fixée sur un tronc qui n’est pas encore bien épais, mais quand même solide. Sur l’image on voit un jeune ménage, qui tente de se comprendre. C’est moins facile que l’on peut penser. Malgré des efforts de lecture, de musique et de films, le quotidien s’avère un peu plus compliqué. Le rêve de lire l’œuvre de Molière doit faire place à de nouveaux mots comme : vaisselle ou layette. La persévérance pour étudier est une belle chose, mais le quotidien prend le dessus. Il faut gagner sa vie et elle se retrouve dans un autre univers. Les différentes langues qu’elle manie l’aident à trouver un emploi. Pendant quelques années, sa vie est comme un long fleuve tranquille. Jusqu’au jour où elle se réveille. Elle prend quelques résolutions et elle décide de revenir à sa première idée : celle de la langue. Le perfectionnement : s’approprier encore mieux le Français. Et Molière ouvre un peu la porte, le théâtre l’invite, elle voit et écoute des pièces de vaudeville ou des tragédies. Peu importe, tout l’intéresse. La photo montre une femme de 40 ans avec une jeune personne, ensemble ils constituent un bel arbre feuillu.
Tableau 3
Quelques années ont passé, elle se trouve maintenant en Bretagne. Elle pense que la France est sa destination finale. Que souhaiter de plus : son nouvel amour a apporté à son arbre initial d’autres jeunes branches, elle peut se mettre dans l’ombre d’un arbre majestueux. Les feuillages ont une belle couleur, si l’on regarde bien, on dirait un érable. La peinture montre une famille recomposée. Des petites photos qui donnent un nom à chaque branche. Et comme dans chaque famille, il y a une photo qui s’efface un peu, mais les contours de la tête restent bien clairs et nets. Le temps passe agréablement, que peut-elle souhaiter de plus! Elle se met à réfléchir et elle se demande pourquoi elle veut toujours aller plus loin… Quand elle était jeune, la France était le but à atteindre. La culture, la gastronomie, le raffinement, tout était là. Molière n’avait pas fait défaut et elle a admiré le Bourgeois gentilhomme au théâtre. Il n’y avait plus de secrets de langue. C’était parfait.
Puis son amoureux lui a fait une proposition : le Canada et plus particulièrement le Québec. L’aventure de recommencer, de se réveiller, un autre défi. Elle n’a pas hésité longtemps, un premier voyage de découverte, un deuxième pour se fixer. Il a choisi la grande ville. Comme il connaissait le pays, elle a été d’accord. Le premier automne, elle voulait visiter la Gaspésie. Elle n’a vu que des merveilles : les paysages, les petites villes dans les creux des côtes, des gens aimables, une nourriture à s’en lécher les doigts. Toutes les pièces du casse-tête tombaient en place.
Il a fallu quelques années de voyages entre la France et le Québec. En 2011, elle était prête à s’engager pleinement. Le mariage entre le Québec et elle-même a été consommé. Au bout de 5 ans, elle est devenue canadienne. Le temps du vrai repos pouvait commencer. L’amour pour la Gaspésie ne s’est jamais démenti et ils ont trouvé une petite maison à Maria pour y cacher leur amour.
Le tableau est achevé : l’hiver ils balayent la neige autour de la maison et les soirs d’été, ils sont assis dans un fauteuil Adirondack, en regardant la rivière Verte couler dans la baie des Chaleurs. Ils se regardent comme seulement les gens qui s’aiment peuvent le faire. Les paroles sont superflues. La langue française a été conquise. Derrière eux, il y a un bel arbre, avec de nombreuses ramifications, qui pousse tranquillement dans une terre fertile. Le tronc a tellement épaissi qu’elle ne peut plus l’entourer de ses bras. Tous ses rêves de jeune fille se sont réalisés. La paix règne.
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Cette année, le concours d’écriture du journal GRAFFICI s’inspire du thème « Portrait de famille » et se déroulera sous la présidence d’honneur de l’artiste gaspésienne Maryse Goudreau.
Maryse Goudreau vit à Escuminac. Artiste, cinéaste et autrice elle réalise des œuvres où se croisent images, documents, gestes de soin artistique et participatifs.
Hybride, sa création traverse la photographie, mais aussi l’essai vidéographique et photographique interactif, des dispositifs immersifs, l’art action, ou encore l’art sonore. Elle a reçu le prix Artiste de l’année du CALQ (Conseil des arts et des lettres du Québec) 2020 pour la Gaspésie.

Maryse Goudreau s’intéresse notamment aux rapports entre les humains et leur monde; le vivre ensemble.
Photo : Mathieu Bouchard-Malo
Tous les styles sont acceptés (conte, poésie, humour, nouvelle, récit, etc.).
Les gagnants seront invités à participer à une grande fête littéraire qui se déroulera à Paspébiac et leurs textes seront publiés dans les numéros du GRAFFICI d’avril et de juin 2021. Divers prix seront également distribués.
Dates limites :
Catégorie ADULTES et FRANÇAIS LANGUE SECONDE ; 5 mars
Catégories PRIMAIRE et SECONDAIRE ; 2 avril
Bien indiquer dans votre document le titre de votre texte, votre nom et vos coordonnées complètes.
Seuls les textes acheminés à l’adresse contact@philippegaron.com seront acceptés
Prix : un chèque-cadeau d’une valeur de 250 $ à utiliser dans une librairie agréée de la région sera remis au lauréat de chaque catégorie. De plus, les élèves du primaire retenus recevront également plusieurs exemplaires du livre « Cours, Ben, Cours » des auteurs Philippe Garon et Sonia Cotten
1.ADULTES
Créations individuelles d’élèves du collégial ou d’adultes
Nombre maximum de mots : 1000
2.FRANÇAIS LANGUE SECONDE
Créations individuelles ou collectives d’élèves du primaire, du secondaire, du collégial ou d’adultes dont la langue maternelle n’est pas le français
Nombre maximum de mots : 1000
3.ÉLÈVES DU PRIMAIRE (classes de 3e à la 6e année)
Créations collectives réalisées en classe
Nombre maximum de mots : 350
4.ÉLÈVES DU SECONDAIRE
Créations individuelles ou collectives d’élèves du secondaire ou de l’éducation des adultes
Nombre maximum de mots : 500


Respect de la vie privée