le Lundi 7 septembre 2026
le Jeudi 4 juin 2026 15:36 Culture

Au coeur du parc national Forillon

Parc national Forillon — Joyau de la Gaspésie est le seul ouvrage au pays entièrement consacré à un parc, qu’il soit régional, provincial ou fédéral.
Parc national Forillon — Joyau de la Gaspésie est le seul ouvrage au pays entièrement consacré à un parc, qu’il soit régional, provincial ou fédéral.
Au coeur du parc national Forillon
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GASPÉ | Rarement aura-t-on eu un ouvrage aussi complet à propos d’un parc national au Canada avec la sortie de Parc national Forillon — Joyau de la Gaspésie.

En fait, jamais n’aura-t-on eu un ouvrage aussi complet d’un parc tout court, puisque le livre qui vient tout juste d’être lancé par Hélène Gaulin est le seul du genre au pays portant sur les parcs régionaux, provinciaux ou fédéraux. « C’est un produit qui n’existait juste pas », note l’autrice, qui a été guide naturaliste au parc national Forillon pendant 10 ans, de 1990 à 2000.

En un peu plus de 350 pages, Hélène Gaulin fait une revue quasi exhaustive de ce petit bijou de 245 km2 créé en 1970 et niché aux confins de la pointe gaspésienne. Le livre est séparé par section géographique (Cap-des-Rosiers, Penouille, Grande-Grave et L’Anse-Blanchette, Petit-Gaspé, etc.) et permet d’aborder une foule de sujets — l’expropriation, évidemment, et beaucoup de choses qui touchent à l’histoire — mais également l’archéologie, la géologie, la flore et la faune, entre autres exemples.

Une liste complète des 300 espèces aviaires qui peuvent être vues et entendues est même publiée en annexe avec des cases à cocher, histoire que les amants de la nature puissent recenser leurs découvertes.

« C’est vraiment le portrait d’un territoire. Il y en a pour tous les goûts. Ce n’est d’ailleurs pas fait pour être lu d’un couvert à l’autre, en ce sens où on pige dedans selon les endroits. L’approche est in situ », explique la principale intéressée.

La genèse

Il aura fallu trois années à Hélène Gaulin pour écrire Parc national Forillon — Joyau de la Gaspésie. La part de recherches a été conséquente et validée par un comité d’experts composé de biologistes et d’historiens, qui s’est assuré que toutes les informations étaient rigoureusement exactes.

Les démarches ont été entamées à la suite d’une visite dans le parc national Forillon une journée de novembre, alors qu’une nouvelle arrivante particulièrement curieuse d’en connaître davantage sur les alentours a eu la main heureuse en tombant sur une ancienne guide naturaliste.

« Elle m’a demandé pourquoi je n’écrirais pas un livre à ce sujet… c’est ce que j’ai fait ! », explique celle qui a eu tôt fait d’avoir le feu vert de la part des Éditions Michel Quintin.

Biologiste de formation, habitant à Gatineau mais installée à Cap-aux-Os depuis 1990, où elle partage son temps entre les deux villes, Hélène Gaulin a fait un travail de moine et a retourné pratiquement toutes les pierres.

« Il y a tellement de diversité : géologie, faune, pourtour marin, fond terrestre, faune marine, flore, histoire de plusieurs milliers d’années, chasse à la baleine, Deuxième Guerre mondiale. Il y a vraiment beaucoup de stock. J’ai même dû me limiter. Je l’ai écrit avec une approche d’interprète, pour intéresser le lecteur. C’est de susciter la curiosité et l’intérêt, sans en dire trop pour ne pas écoeurer les gens », lance-t-elle en riant.

L’autrice a d’ailleurs retrouvé une image du fameux forillon éponyme au parc.

« À ma connaissance, c’est la première fois qu’elle est publiée ! »

Déjà disparu en 1694 lors de la parution de la première édition du Dictionnaire de l’Académie française, le terme « forillon » apparaît dans des ouvrages de référence antérieurs, dont le Dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle.

« C’est un mot de vieux français, qui vient du portugais et qui a passé par l’italien, et qui désigne un monolithe naturel de pierre entouré d’eau. On avait un forillon au bout du cap Gaspé. Ce forillon-là s’est écroulé à un moment et je n’en avais jamais vu d’image, mais, en faisant ma recherche iconographique, je suis tombée sur une aquarelle de la Marine royale britannique de 1841 qui faisait une tournée de reconnaissance du territoire. Ils avaient toujours un peintre à bord des bateaux et ç’a été immortalisé ainsi. Ç’a vraiment été une surprise pour moi. »

Pour en apprendre davantage, Parc national Forillon — Joyau de la Gaspésie est d’ores et déjà disponible en librairie. Une causerie avec l’autrice se tiendra le 12 juillet au centre d’accueil et de découverte de Cap-des-Rosiers et à Percé le 16 août chez Nath & Compagnie.

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