le Mardi 22 septembre 2026

Libre d’être, un premier album pour Mylène Vallée afin de revenir aux sources

LES MÉCHINS | Après la parution de deux micro-albums, l’auteure-compositrice-interprète Mylène Vallée a présenté en septembre son premier album complet, Libre d’être. Au-delà d’être « un album folk infusé de country », aux dires de l’artiste, cet opus se veut aussi une grande invitation à l’introspection afin de « grandir et poser un regard rempli de lumière sur ce qu’on vit »

« Mes 10 compositions de Libre d’être ont un objectif bien simple, c’est-à-dire semer l’espoir et de la douceur pour atteindre le bonheur », lance d’emblée l’artiste originaire de Cap-Chat et résidant maintenant à Les Méchins. En effet, la musicienne désire, grâce à ses textes et mélodies, réussir à être en paix avec elle-même, dit celle qui baigne dans la musique depuis qu’elle est une enfant.

« Les difficultés que j’ai vécues, je les amène en musique comme avec la chanson Réparer l’intérieur. C’est une façon pour moi de tirer la beauté derrière les épreuves difficiles », renchérit-elle en ajoutant, ricaneuse, être une personne très spirituelle. « Je désire explorer la liberté d’être. [Par exemple], dans ma chanson Laisse-toi être toi, je raconte notre connexion à notre enfant intérieur », illustre l’artiste.

De plus, pour être bien avec soi-même, il faut avoir des ancrages solides avec sa communauté, dit Mylène Vallée, aujourd’hui âgée de 30 ans. Ainsi, elle a apporté des touches « maritimes » à son projet musical, notamment sur la pièce Pied marin, qui clôture l’album, où on peut y entendre le son de belles vagues du fleuve Saint-Laurent enregistrées devant sa maison. « J’ai aussi voulu représenter dans l’album le côté festif fidèle à la Gaspésie. Nous sommes reconnus pour être accueillants, alors je trouve que ça [l’album] représente bien notre personnalité », s’exclame-t-elle.

La pureté de Mylène Vallée avec les effluves country de Shania Twain

Ce désir d’authenticité transparaît également sur scène. À Montréal, elle s’est déjà produite de façon très épurée, soit pieds nus et vêtue tout en blanc. « Pour moi, me représenter simplement ainsi signifie le naturel de qui je suis. Être pieds nus met en lumière mon rituel d’avant spectacle pour m’ancrer dans le moment
présent comme quand je marche devant la mer en sentant le sable entre mes orteils », exprime Mylène Vallée.

Bien qu’elle dise toujours vouloir respecter et assumer son propre style, il n’empêche que les inspirations sont nombreuses pour Mylène Vallée, notamment en ce qui concerne la chanteuse canadienne Shania Twain. « Je suis une fan inconditionnelle! J’adore son aspect entrepreneur, une fibre que je possède moi-même. Avant de me consacrer exclusivement à la musique, j’ai travaillé à mon compte pendant six ans avec ma clinique d’esthétique », souligne-t-elle.

Présentement, Mylène et ses musiciens sont en tournée promotionnelle pour présenter l’album auprès de plusieurs radios communautaires du Québec. Elle profite aussi de son voyage dans la province pour finaliser l’écriture de son spectacle. « Du point de vue de la mise en scène, il y aura des touches marquées pour bien représenter la nature et l’esprit bas-laurentien et gaspésien. J’ai beaucoup d’idées pour voguer émotionnellement et rythmiquement entre la douceur et un côté super festif qui brasse », ajoute la musicienne en guise de bref aperçu pour son futur spectacle.


Mylène Vallée a plongé dans la composition de ses propres chansons à l’âge de 22 ans bien qu’elle baigne dans la musique depuis son enfance. Elle se consacre exclusivement à la musique depuis plus de deux ans. Photo : Florescence

 

Le rêve enfin réalisé de Hank Gromelski : immortaliser sa musique en restant authentique – Sortie de l’album Enali

GESGAPEGIAG | L’auteur-compositeur-interprète Hank Gromelski sort son premier micro-album Enali aux accents country et blues, une sorte de délivrance pour l’artiste d’enfin exprimer son art au grand public, lui qui travaillait sur ses chansons depuis plusieurs années, dont certaines depuis 2008. Il n’était jamais complètement satisfait de la façon dont elles étaient enregistrées. Aujourd’hui, on peut dire mission accomplie pour le musicien de Gesgapegiag.

Enregistrées pendant l’automne 2021, les trois chansons qui composent l’album oscillent entre un son plus
« garage » proche de celui du groupe The Black Keys et un country forgé de mélodies entraînantes, accrocheuses et intimistes.

Sur la première pièce, Here and Gone, on s’accroche à des guitares lourdes saturées et arrosées d’un son fuzz (une saturation avec une coloration singulière) bien gras. On navigue ensuite sur I Took a Ride, porteur d’un choix instrumental typiquement country avec une guitare de type pedal steel notamment, et une ambiance folklorique comme si l’artiste accompagnait l’auditeur autour d’un feu de camp. Finalement, l’album se conclut avec Thoughts and Words, une chanson qui voyage davantage que les deux précédentes avec ses quelques changements de tons au cours des trois minutes qui la composent.

« Ma musique reste difficile à définir. Mes amis américains considèrent que je fais de la musique canadienne et à l’inverse, mes amis canadiens trouvent qu’elle est américaine. Personne ne s’entend, c’est pourquoi je dis que ma musique est de « l’américanada » ou « canaméricaine », c’est selon! », rigole celui qui habite dans la Baie-des-Chaleurs depuis 20 ans.

Ainsi, sans coller une étiquette précise à son art, il encourage plutôt les auditeurs à écouter sa musique en se déplaçant, sur la route, comme si les notes étaient une trame sonore pour voyager. « Si les paysages sont à couper le souffle, comme en Gaspésie, c’est encore mieux », ajoute-t-il.

C’est Musique Nomade qui signe la production de ce premier opus. Cet organisme, voué à l’épanouissement des talents autochtones, a approché Hank Gromelski en 2013 et a par la suite travaillé de pair avec lui dans son studio d’enregistrement mobile l’année passée. C’est à ce moment que l’artiste a plongé véritablement dans la réalisation de son premier album.


Enali est sorti le 13 septembre dernier et est disponible sur toutes les plateformes de diffusion. Photo : Offerte par Hank Gromelski

Une poésie tout à fait grunge chantée par l’artiste

« Au fond, avec la musique et les textes, j’essaie de comprendre le monde qui nous entoure et aussi moi-même », avoue-t-il avec une touche introspective. Après tout, l’album s’intitule Enali qui signifie dans la langue mi’gmaq « Henry », soit son prénom bien que tout le monde le surnomme Hank.

« Cet opus est une belle façon pour moi de déchiffrer la nature humaine. Mes chansons restent sombres dans leur traitement, mais tentent tout de même de véhiculer un message positif », dit-il en n’oubliant pas de citer ses amours éternels, le Dave Matthews Band.

Une phrase chantée dans la chanson Gravedigger de ce groupe originaire de la Virginie aux États-Unis résonne en lui et illustre à merveille cet optimisme dans la noirceur : « Bury me shallow so I can feel the rain » (traduction libre : enterrez-moi peu profondément que je puisse sentir la pluie). « Parler de la mort avec une poésie forte, proche de la nature, c’est ce qui m’a énormément touché », confie-t-il en citant les textes sombres
de Nirvana et Pearl Jam.

Enali est sorti le 13 septembre dernier et est disponible sur toutes les plateformes de diffusion. Pour l’instant, Hank Gromelski souhaite ardemment enregistrer davantage de chansons. Il en a déjà sept autres en poche, soit cinq qui datent de plusieurs années sans qu’elles se soient concrétisées, et deux autres écrites récemment. Ce projet n’a toujours pas d’échéancier. « Je réfléchis présentement beaucoup à la ligne directrice que prendra ce nouvel album, c’est-à-dire à l’histoire et au message qui vont rester dans les mémoires », termine-t-il sans pouvoir dire à quel moment il se produira sur scène.

Il est possible de se procurer l’album facilement sur Spotify, YouTube Music et Apple Music, entre autres.


Hank Gromelski a déjà sept autres chansons en poche et aimerait endisquer la totalité de ses pièces, sans toutefois se fixer d’échéancier. Photo : Offerte par Hank Gromelski

 

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Le country touchant et sans prétention de Jean-Luc Bujold

GRANDE-RIVIÈRE | Originaire de Sainte-Thérèse-de-Gaspé, l’auteur-compositeur-interprète Jean-Luc Bujold a lancé au printemps son cinquième opus, L’avenir t’appartient, un EP produit dans un désir de rester dans le paysage musical gaspésien sans faire attendre son public avec un album complet, plus long et dispendieux à assembler. Portrait d’un musicien country amoureux de Patrick Norman, qui flirte avec la musique humblement sans se casser la tête, heureux de partager ses textes et ses mélodies avec le public.

Jean-Luc Bujold a fait ses griffes dans les bars dès l’âge de 17 ans pour se produire en tant que chansonnier. « Partir à la conquête des bars, c’est un rite de passage pour la plupart des jeunes musiciens qui désirent percer », exprime l’artiste maintenant âgé de 55 ans.

Aujourd’hui, c’est plutôt les festivals country qui lui font de l’oeil un peu partout au Québec, quoiqu’il avoue ne pas se produire beaucoup en Gaspésie. Ce n’est pourtant pas par faute d’intérêt. « Comme on dit, on n’est jamais prophète chez soi. Honnêtement ça ne me dérange pas plus que ça, on s’y fait à ces affaires-là », explique le guitariste autodidacte ajoutant avec humour que GRAFFICI pose des questions auxquelles il n’avait pas lui-même pensé.

Il ajoute cependant que parfois les promoteurs de festivals gaspésiens n’ont pas besoin de chercher des artistes lointains alors que la Gaspésie regorge de musiciens talentueux qui seraient ravis de jouer chez eux devant leur public.

Des mots introspectifs aux notes de guitares

C’est en 2012 qu’il a plongé profondément dans la composition pour présenter son premier album Moé pis mon t’chum, avec une musique qu’il qualifie de country pop, c’est à-dire avec des mélodies plus accrocheuses qui restent plus facilement dans l’oreille que le country traditionnel, dit-il. « C’est la première chanson que j’ai écrite. Elle me rappelle de merveilleux souvenirs avec mon neveu. On était partis tous les deux à faire le tour du Québec et à se promener dans toutes sortes de réceptions pour faire la fête », raconte-t-il nostalgique. Par ailleurs, le thème de l’amitié est l’un des sujets de prédilection pour cet auteur-compositeur-interprète.

« Je suis définitivement un gars à textes. Il m’arrive souvent de me réveiller en pleine nuit avec une idée de sujet et je prends toujours le temps de l’écrire. Voilà j’ai un bout de toune », illustre-t-il quant à l’une de ses façons de créer. Des fantaisies astronomiques aux enjeux écologiques en passant par des rencontres humaines, surtout familiales, guidées par l’amour, plein de thèmes l’inspirent et finissent par se transformer en chanson. Depuis son troisième album, On court après l’temps, il signe toutes ses chansons alors qu’auparavant il s’adonnait au « plaisir des reprises de Patrick Norman ».

Il est possible d’écouter L’avenir t’appartient en téléchargement sur Apple Music. « J’ai décidé d’ignorer Spotify à cause du peu de revenus que la plateforme m’apporte. J’espère un jour qu’on pourra recevoir les redevances que les artistes méritent. On dirait qu’ils ne comprennent pas que la musique coûte cher à produire », fait valoir Jean-Luc Bujold en guise d’éditorial.

Sinon, ses coups de coeur reposent sur la chanson éponyme ainsi que le coeur d’une maman qui s’est d’ailleurs frayée une place dans certains palmarès country francophones. « Je caresse le rêve de me produire dans une salle de spectacle. Pour l’instant, c’est mon seul projet auquel je pense! », s’exclame celui qui travaille principalement en tant que propriétaire depuis 28 ans d’un centre de conditionnement physique à Grande-Rivière.


Jean-Luc Bujold a lancé au printemps son cinquième opus, L’avenir t’appartient. Photo : Offerte par Jean-Luc Bujold

 

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Des mots, des notes et des images 1/3

Des mots, des notes et des images 3/3

La folie et le suspense du billibouton avec ORBIE, l’illustratrice de Cap-d’Espoir

PERCÉ | L’album jeunesse Orbie, dessine-moi un billibouton de l’auteur Frédérick Wolfe et illustré par Orbie, alias Marie-Ève Tessier-Collin, est arrivé dans les librairies au début du mois d’août. Il s’agit d’un livre au concept intrigant dans lequel les deux artistes se mettent en scène et tentent de percer le mystère derrière la définition et l’origine d’un « billibouton », un mot sorti tout droit de l’imagination de l’écrivain.

Le conflit décrit dans le récit démarre sur une prémisse toute simple : Frédérick demande à Orbie de lui dessiner un « billibouton » sans qu’elle sache de quoi il s’agit. Ainsi, au gré de multiples essais où la dessinatrice tente de satisfaire la vision de l’auteur, celle-ci se bute sans cesse à ses refus, si bien que les deux artistes se mettent à s’obstiner tout au long de l’album, jusqu’à ce qu’elle réussisse enfin à coucher sur le papier un « véritable billibouton ».

Un élément particulier du livre repose sur l’ignorance de Fredérick sur ce à quoi ressemble un « billibouton », ce qui laisse place tout en humour à des petits échanges comiques, quoique légèrement envenimés entre Orbie et l’auteur dans le livre. Notons que le moteur du récit carbure aux interactions entre les deux artistes. « Tout ce qu’on retrouve dans le livre est de la fiction. Je ne l’ai jamais enfermé [Frederick Wolfe] dans une boîte cadenassée par colère », rigole l’illustratrice dédiée aux albums jeunesse, pour démêler le vrai du faux.

« C’est particulier de devenir un personnage, de parler de moi à la troisième personne. Quand j’avais des interactions [dans la vraie vie] avec l’auteur ou l’éditeur, je parlais de Orbie, mais ce n’était pas moi, c’était le personnage du livre », clarifie Marie-Ève Tessier-Collin sur l’aspect un brin métaphysique de l’oeuvre.

Depuis sa sortie, Orbie dessine-moi un billibouton a reçu un très bel accueil critique et commercial. Il s’est hissé à la quatrième place des livres jeunesse les plus vendus lors de la journée J’achète un livre québécois, le 12 août dernier. Cette journée s’est d’ailleurs illustrée pour être l’une des plus lucratives de son histoire pour les librairies indépendantes. Selon les chiffres de la Banque de titres de langue française, il s’est vendu 10 fois plus de romans québécois au cours de cette journée et cinq fois plus de bandes dessinées en comparaison à une journée normale.

Deux lancements ont eu lieu en Gaspésie pour souligner la sortie du livre, soit le samedi 6 août à la librairie Alpha à Gaspé et le dimanche 7 août au café-librairie Nath et Compagnie à Percé.

Pour le moment, Orbie s’attelle à l’écriture de son cinquième livre en tant qu’autrice et illustratrice qui devrait se nommer Le tiroir des bas perdus, bien que le nom ne soit pas définitif. « C’est une enquête que mes enfants vont mener pour découvrir où partent les bas orphelins », explique celle qui réside en Gaspésie depuis 2005, aujourd’hui installée à Cap-d’Espoir.

Prolifique, Marie-Ève Tessier-Collin a donné vie à une quinzaine d’albums jeunesse qui lui ont valu quelques prix et distinctions, dont le Prix des Librairies du Québec en 2015. Elle a notamment remporté en 2021 le Prix du Conseil des arts et des lettres du Québec, dans la catégorie Artiste de l’année en Gaspésie.


Prolifique, Marie-Ève Tessier-Collin a donné vie à une quinzaine d’albums jeunesse qui lui ont valu quelques prix et distinctions, dont le Prix des Librairies du Québec en 2015. Photo : Offerte par Marie-Ève Tessier-Collin

 

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Des mots, des notes et des images 1/3

Des mots, des notes et des images 2/3

Guidés par une passion commune pour la musique, les cinq membres se sont rencontrés en troisième secondaire avec le désir ambitieux d’interpréter l’audacieux Son of Mr. Green Genes aux couleurs jazz fusion de Frank Zappa à l’occasion de Secondaire en spectacle. Le groupe, alors embryonnaire, se consacrait essentiellement à interpréter des reprises de leurs chansons préférées, mais bien vite, il a mis son énergie dans la composition. Déjà, le groupe compte 22 morceaux originaux, assez pour mettre sur pied un spectacle entièrement de son propre cru.

Or, toujours à l’affût des nouveautés musicales québécoises, Irène se laisse mener par ses inspirations du moment pour écrire et composer. « En ce moment, on raffole des artistes émergents qui viennent surtout du Québec comme Thierry Larose, Ariane Roy et Gab Bouchard », confie Benoît Francoeur, le batteur et l’un des guitaristes de la formation.

Sinon, pour partager leur côté mélomane, tous les membres du groupe se sont créés une liste de lecture Spotify mettant à l’honneur leurs coups de coeur musicaux qu’ils écoutent ensuite ensemble pour mieux apprendre à se connaître musicalement. « C’est pour ça qu’on ne reste pas campés dans un seul style, on adore explorer. À l’instar d’Half Moon Run, une immense source d’inspiration pour nous, on aime beaucoup changer d’instruments pendant un spectacle pour nous faire évoluer entre chaque pièce », raconte Antony Martin, parfois batteur ou guitariste.


William Morris (bassiste), Benoît Francoeur (batteur et guitariste), Noé Bélanger (parolier, chanteur et guitariste), et Antony Martin (batteur et guitariste). Photo : Guillaume Whalen

Ça va ben : Portrait d’une société malade

Véritable ver d’oreille, la pièce Ça va ben se veut engagée et dénonce de nombreux travers de la société selon le parolier du groupe Noé Bélanger. « Peu importe comment on se sent, on va toujours répondre qu’on va bien même, si ce n’est pas le cas », explique-t-il. Ainsi en partant de cette idée de base, le jeune guitariste et chanteur a imaginé diverses situations malheureuses voguant de la crise du logement à l’urgence climatique ou au manque d’aide en santé mentale, où les différents personnages finissent par répondre qu’ils vont bien malgré leur détresse.

En effet, les membres se font grandement connaître par Ça va ben joué en boucle dans les radios communautaires gaspésiennes depuis l’été dernier. Sans admettre leur statut de vedettes locales, les musiciens ont tout de même acquis une certaine notoriété grâce à cette chanson. Le groupe demeure confiant de ne pas simplement produire qu’un grand succès éphémère puisque déjà la production d’un premier album est en branle.

« On prend notre temps, on ne veut vraiment pas presser notre musique. On attend d’avoir une vingtaine de chansons écrites pour pouvoir sélectionner les meilleures. Nous sommes en constante évolution et nous en sommes très heureux », confie Noé Bélanger qui souhaite toutefois voir cet album naître d’ici deux ans.

L’automne prochain, le groupe entamera des études en musique jazz au Cégep de Saint-Laurent à Montréal, laissant derrière à grands regrets le saxophoniste/claviériste Félix Côté qui préfère pour sa part poursuivre ses études à Gaspé en sciences naturelles. « Il sera difficile à remplacer c’est certain, mais en même temps, on se dirige dans un nouvel environnement rempli de musiciens hétéroclites. Alors, on ne sait pas encore si on continuera l’aventure à quatre ou à cinq », mentionne William Morris, le bassiste.

Pour l’instant, Irène espère sortir un enregistrement musical court avant de quitter vers Montréal. Il est possible d’écouter l’oeuvre du groupe sur la plateforme de diffusion Spotify. Pour voir Irène en spectacle, il sera sur scène au Festival BleuBleu le 26 juin et à Petite-Vallée le 30 juin.

Le Festival en chanson de Petite-Vallée « forcé de s’amuser » malgré le contexte pandémique

PETITE-VALLÉE | En 2020, l’organisation avait dû se renouveler en présentant un festival éclaté avec des événements disséminés pendant l’été. « Heureusement, nous avons réussi à être créatifs avec toutes ces contraintes sanitaires. Je peux dire, quasiment avec le sourire, que nous avons été forcés de nous amuser avec cet effet COVID pour explorer les paramètres du festival », relate Marc-Antoine Dufresne, le directeur artistique adjoint au Village en chanson de Petite-Vallée.

Avec la pandémie, le Festival a opté pour des spectacles à l’extérieur alors qu’habituellement il privilégie une approche plus traditionnelle, c’est-à-dire des spectacles presque exclusivement en salle. « Nous avons donc pris d’assaut les villages environnants en créant de nouvelles scènes », explique-t-il. À Grande-Vallée, des spectacles ont eu lieu dans les hauteurs du village devant l’un des paysages les plus emblématiques du territoire, à la halte routière située à l’entrée de la municipalité. À même le coeur de Petite-Vallée, l’organisation a érigé une scène magnifique sur l’esplanade du Théâtre de la Vieille Forge située devant la mer.

Du point de vue de la programmation, le comité organisateur a eu l’idée du concept des « marées » en 2021, dans un souci d’authenticité. « Nous ne pouvions pas accueillir autant d’artistes qu’on le voulait. Alors, nous avons voulu donner une couleur particulière à l’événement », justifie Marc- Antoine Dufresne. Ainsi, les marées ont été créées dans le désir de réunir des familles d’artistes qui allaient produire des spectacles uniques. Cette année, Alan Côté, le directeur général et artistique de l’événement, pousse la note plus loin en créant la vague « une marée gaspésienne » dirigée uniquement par des artistes locaux, ainsi que celle du « nouveau monde » décrite comme « une invitation à la découverte, au voyage et au temps commun ».


Le comité organisateur a eu l’idée du concept des « marées » en 2021. Photo :Offerte par Village en chanson de Petite-Vallée – Alexandre Cotton

« Nous avons réalisé que nous sommes un important pôle de création artistique grâce aux nombreuses résidences que nous avons offertes pour qu’elles créent des spectacles uniques que nous présentons ensuite au Festival », révèle Marc-Antoine Dufresne.

En effet, toutes ces nouveautés amenées par la COVID-19 ont réussi à faire grandir le festival tout en lui permettant de conserver son créneau habituel, c’est-à-dire promouvoir les artistes québécois ainsi que faire découvrir la musique émergente et issue de la diversité, surtout autochtone. « La pandémie a mis notre résilience et notre agilité à dure épreuve. Je peux toutefois dire qu’avec l’incendie qui a ravagé le Théâtre en 2017, nous sommes définitivement prêts à faire face à n’importe quels aléas de la vie », raconte avec humour le directeur artistique adjoint.

Il avance néanmoins qu’étant à la tête d’un festival estival, il leur a été beaucoup plus facile de donner un semblant d’existence à l’événement, du moins en 2020. « Il y a toujours eu un relâchement des mesures sanitaires pendant l’été qui nous a permis de maintenir nos activités à un niveau enviable », se rappelle Marc-Antoine Dufresne. En 2021, l’événement a écoulé en moyenne la moitié moins de billets qu’à l’habitude. Les retombées économiques ont été de l’ordre de 3 millions de dollars (M $) pour un budget de 1,8 M $ grâce aux 56 spectacles animés par les trois grandes marées du Festival en chanson. Deux cents artisans et bénévoles ont veillé à ce succès.

Rappelons que le 39e Festival en chanson de Petite-Vallée se déroulera du 30 juin au 9 juillet 2022. Sa programmation réunit une soixantaine d’artistes, dont Paul Piché et Émile Bilodeau qui agissent à titre d’artistes passeurs. L’organisation s’attend à accueillir près de 20 000 visiteurs.


Marc-Antoine Dufresne, le directeur artistique adjoint au Village en chanson de Petite-Vallée. Photo :Offerte par Village en chanson de Petite-Vallée – Alexandre Cotton

 

Pour lire la suite du dossier festivals :

Partie 1/8 Les Percéides
Partie 3/8 Festival de musique du bout-de-monde
Partie 4/8 BleuBleu
Partie 5/8 Foire agricole et festival de musique de Shigawake
Partie 6/8 La fête du bois flotté
Partie 7/8 Le Festival country de Grande-Vallée
Partie 8/8 Le festi-plage

Les Percéides en mode action pour l’amour du septième art

PERCÉ | Le Festival international de cinéma et d’art de Percé a été grandement bouleversé pendant les deux dernières années en raison des mesures sanitaires, se voyant même dans l’obligation en 2020 de fermer sa seule salle de cinéma située dans l’ancienne grange Charles- Robin, où les projections ont lieu. Ainsi, une formule intime et restreinte a été proposée au public au ciné-parc Paradiso à Grande-Rivière, à une vingtaine de minutes de Percé. Environ 2500 visiteurs ont visionné des films dans le confort de leur voiture. Habituellement, le festival accueille 5000 personnes.

Ce revirement de situation a donc suscité un grand questionnement jamais éprouvé au sein du comité organisateur. « Nous étions très inquiets de voir une programmation, sur laquelle on travaillait depuis un an, être complètement chamboulée et surtout de devoir faire des choix déchirants sur les films qu’on conserverait ou non », se remémore François Cormier, le directeur général et artistique.

Néanmoins, la 13e édition de l’événement en 2021, bouclée par un budget de 350 000 $, a vécu un succès retentissant avec ses 80 films issus de 15 pays différents bien qu’elle proposait une formule différente. En effet, pour la première fois, le Festival se déclinait en deux volets, soit quelques jours en août ainsi que du 21 au 26 septembre.

Ainsi, l’assistance était bien plus locale que touristique. François Cormier remarque qu’étant donné la tenue habituelle de l’événement en août, le public est composé principalement de touristes internationaux. « Une étude d’achalandage que nous avions réalisée il y a deux ans montrait que 65 % du public était composé de visiteurs tandis que 35 % étaient des locaux et régionaux », explique-t-il. Or, ce rayonnement régional a été très bénéfique pour le festival afin de le faire connaitre auprès des Gaspésiens.

En 2022, il se déroulera du 16 au 21 août à pleine capacité, c’est-à-dire en pouvant recevoir jusqu’à 110 cinéphiles par film dans la salle de cinéma alors que l’édition précédente était limitée à 65 personnes, soit une assistance réduite de 40 %. « Nous allons pouvoir tenir toutes nos activités ainsi que nos rencontres en présentiel avec les artisans du septième art, chose qui nous avait terriblement manqué », se réjouit François Cormier. « Ce qui nous comble surtout de bonheur est le retour des cinéastes internationaux qui pourront se déplacer pour présenter leurs oeuvres », renchérit-il.

De plus, le festival récidive avec des projections à l’extérieur sur la façade du Géoparc de Percé à la suite du succès obtenu lors de la précédente édition. Une belle solution du cinéma en plein air qui a porté ses fruits, selon les dires de François Cormier. « On n’y avait jamais pensé. La projection de film dehors reste toujours magique », illustre-t-il. Or, les étoiles sont actuellement alignées pour que les Percéides puissent vivre un merveilleux événement afin de mettre en lumière le jeune cinéma d’auteur grâce au travail de 40 personnes, incluant les bénévoles.

« Notre mandat demeure le partage auprès du public de films réalisés de manière indépendante et personnelle. On priorise les cinéastes qui en sont à leurs premières oeuvres autant du côté des courts que des longs métrages », rappelle François Cormier. Il arrive parfois aussi au Festival de présenter des films de cinéastes confirmés d’outre-mer qui ont déjà gagné des prix de grands festivals tels que Cannes ou Venise, nuance-t-il.

Transformer Percé en nouveau lieu culturel de cinéma

Les deux dernières années pandémiques ont légèrement freiné l’éducation cinématographique en Gaspésie, déplore le responsable de l’événement. « Le cinéma d’auteur reste très peu présenté et accessible auprès des Gaspésiens », se désole-t-il. En effet, François Cormier caresse le rêve de rendre accessibles dans la région davantage de productions typiquement gaspésiennes.

Par ailleurs, grâce à son amour pour le septième art, l’organisation ouvrira une seconde salle de cinéma « d’arts et d’essais » à Percé qui projettera des films du 25 juin jusqu’au 15 octobre dans l’ancienne grange Charles-Robin. « Ainsi, on pourra diffuser des films au quotidien, ce qui nous permettra de créer une habitude de revenir en salle auprès des locaux et des visiteurs. Nous désirons ni plus ni moins que Percé devienne un nouveau lieu culturel de cinéma », s’exclame François Cormier. Selon lui, il s’agit d’une façon de se venger de la pandémie qui a trop longtemps étouffé le besoin viscéral des cinéphiles de se retrouver dans les cinémas et non devant des petits écrans chez eux. « Les films doivent être vécus en salle », lance-t-il.

En raison des nombreux projets sur lesquels le Festival travaille, il n’a jamais été question de voir Les Percéides s’éteindre définitivement. En effet, le comité organisateur offre entre autres des résidences à des cinéastes et même des formations telles que celle en cinéma documentaire avec le réalisateur Hugo Latulippe du 15 au 22 août. « Au final, nous nous sommes simplement ancrés encore plus dans la communauté. Puisque le Festival demeurait trop vulnérable aux aléas de la pandémie, nous devions trouver des alternatives pour assurer sa permanence », conclut fièrement François Cormier.


Le directeur général et artistique des Percéides, François Cormier. Photo : Gilles Gagné

 

Pour lire la suite du dossier festivals :

Partie 2/8 Le festival en chanson de Petite-Vallée
Partie 3/8 Festival de musique du bout-de-monde
Partie 4/8 BleuBleu
Partie 5/8 Foire agricole et festival de musique de Shigawake
Partie 6/8 La fête du bois flotté
Partie 7/8 Le Festival country de Grande-Vallée
Partie 8/8 Le festi-plage

Le meilleur des deux mondes pour le Festival Musique du Bout du Monde

GASPÉ | D’emblée, Steve Pontbriand, le directeur général du 18e Festival Musique du Bout du Monde (FMBM) accueille avec bonheur et soulagement l’événement de cet été puisqu’il n’y aura plus aucune limite de festivaliers en lien avec les mesures sanitaires, qui ont pratiquement toutes disparu. L’impact avait été considérable sur l’achalandage. « En 2021, nous avons enregistré 7000 entrées alors qu’habituellement nous en comptons 15 000 », affirme l’organisateur. Or, il constate que les gens se sont énormément ennuyés de pouvoir pleinement vivre le FMBM. « Déjà les 500 premiers billets du concert du virtuose malien, Vieux Farka Touré, au lever du soleil au Cap-Bon-Ami, ont tous été vendus. Nous en avons donc ajouté 200 et je suis persuadé que le spectacle affichera complet », illustre-t-il, comblé.

Au cours des deux dernières années, le comité organisateur a dû faire preuve de créativité. Les spectacles au sommet du mont Béchervaise en demeurent un bon exemple. « Cette idée a concédé des rencontres spectaculaires devant un des paysages les plus majestueux de la pointe gaspésienne, tout en marquant les esprits des artistes et des festivaliers », évoque Steve Pontbriand. Par conséquent, le Centre de ski du Mont Béchervaise brillera à nouveau en 2022 avec davantage de ressources à la suite de subventions reçues pour y assurer une scène permanente.

La station de ski du Mont-Béchervaise brillera à nouveau en 2022 pour y assurer une scène permanente. Photo : Offerte par le FMBM

De plus, concernant le grand chapiteau érigé sur le site de l’Arche de l’éveil collectif à deux pas de la marina de Gaspé – une autre idée gracieuseté de la COVID-19 – il s’enflammera de nouveau, comme en 2021, en accueillant deux spectacles par soirée pendant trois jours.

Or, Steve Pontbriand résume ainsi la 18e édition du festival qui se déroulera du 11 au 14 août prochains : « nous avons gardé le meilleur de ce qu’on offrait avant la pandémie puis aussi le meilleur de ce que nous avons expérimenté en 2021. » Le FMBM se déploiera sur une quinzaine de plateaux, dont celui de la rue de la Reine qui avait disparu lors des deux dernières années. Rappelons que le mandat du festival demeure d’allier les cultures musicales du monde avec la nature majestueuse du territoire gaspésien.

Environ 250 bénévoles et près de 50 travailleurs culturels sont sollicités chaque année. Le budget total de l’évènement tourne autour de 1,1 million de dollars, dont plus de 50 % sont assurés par les gouvernements fédéral et provincial. « Il y a eu de nombreuses mesures financières gouvernementales pour compenser les pertes de profit dues à un achalandage réduit en 2020 et 2021 », mentionne, reconnaissant, le responsable.


Environ 250 bénévoles et près de 50 travailleurs culturels sont sollicités chaque année. Photo : Jacques Gratton Photographe

2020 : une éclipse maîtrisée au-dessus du FMBM

Durant l’été 2020 toutefois, c’était une autre histoire, expose Steve Pontbriand. La tenue de l’évènement était devenue un véritable casse-tête puisque le Québec apprenait à peine à vivre avec les soubresauts du virus.

« Nous avons réussi à rendre la rue de la Reine piétonne pendant cinq fins de semaine pour animer les terrasses du bout du monde dans lesquelles il y avait des DJ [discjockeys] qui égayaient Gaspé. C’était interdit d’annoncer des événements à l’avance; alors, notre programmation a été très spontanée », explique Steve Pontbriand, tout de même heureux d’avoir éteint partiellement la morosité de la pandémie auprès des touristes et des Gaspésiens.

L’organisateur mentionne avoir été constamment sur le qui-vive cette année-là en raison de l’imprévisibilité des mesures sanitaires qui évoluaient rapidement. Le comité du festival a, malgré tout, monté un spectacle limité à 50 personnes au Berceau du Canada. « Nous étions forcés de refuser des
gens qui désiraient avoir accès au site. C’était définitivement contre-instinctif d’agir ainsi », se désole-t-il, affligé de voir la déception des gens qui désiraient oublier le confinement strict éprouvé pendant les mois précédents.

Heureusement, le 1er août 2020, le gouvernement a permis des rassemblements de 250 personnes, insufflant un semblant de court festival au FMBM. Par conséquent, le comité organisateur a monté une scène nommée la Clairière à deux kilomètres de la marina seulement, accessible à la marche via la piste cyclable. Le succès a été au rendez-vous avec un concert spécial de Clay and Friends, si bien que le festival a renouvelé l’expérience en 2021.

L’aube arrive toujours après une longue nuit sombre

Malgré l’épée de Damoclès au-dessus de leur tête, les responsables de l’événement n’ont jamais craint pour sa survie. « Nous avons toujours conservé notre optimisme quant à un retour à la normale, que le futur était plus rose que notre quotidien guidé par un virus », illustre Steve Pontbriand.

Si jamais la réalité demeurait semblable à celle de 2020, le festival garde en poche de belles solutions pour promouvoir la culture gaspésienne et la beauté du territoire. Steve Pontbriand mentionne notamment la mise sur pied d’installations sonores au phare de Pointe-à-la-Renommée ou une autre à Fort- Péninsule à Forillon où on y retrouve d’anciens bunkers de la Seconde Guerre mondiale. « Étrangement, sans toutefois affirmer être heureux de l’effet de la COVID-19 dans nos vies, c’est souvent avec des contraintes qui nous forcent à être créatifs qu’on réussit à avancer et à créer. Grâce à elles, on peut imaginer de nouvelles avenues à explorer », conclut Steve Pontbriand.

 

Pour lire la suite du dossier festivals :

Partie 1/8 Les Percéides
Partie 2/8 Le festival en chanson de Petite-Vallée
Partie 4/8 BleuBleu
Partie 5/8 Foire agricole et festival de musique de Shigawake
Partie 6/8 La fête du bois flotté
Partie 7/8 Le Festival country de Grande-Vallée
Partie 8/8 Le festi-plage

Le Festi-Plage renaît de ses cendres avec un été record mené par 20 000 festivaliers

PERCÉ | Le Festi-Plage de Cap-d’Espoir n’a pas eu la chance d’offrir des versions réduites de son festival. « Nous avons été pris de court en 2020 en devant annuler l’événement un peu à la dernière minute malgré une programmation déjà annoncée et des billets déjà vendus », raconte Ghislain Pitre, le président de l’événement.

L’année suivante, en 2021, le comité organisateur avait anticipé une situation sanitaire toujours défavorable quant à la tenue de l’événement qui a été annulé assez rapidement. Contrairement à d’autres festivals tels que celui de Petite-Vallée ou le Festival Musique du bout du monde qui bénéficient
de grands espaces, il était très difficile pour le Festi-Plage de faire respecter les règles de distanciation considérant la forte proximité entre les festivaliers sur la plage.

« Si jamais on avait voulu mettre sur pied l’événement coûte que coûte, les coûts auraient été exorbitants », explique Ghislain Pitre. En effet, l’organisation aurait dû créer des îlots à l’extérieur de 50 à 75 personnes avec une forte sécurité et des toilettes ciblées pour les différents groupes. « Nous sommes sur une plage et non sur un terrain adapté. On aurait certainement été déficitaires », ajoute-t-il.

Néanmoins, après deux années d’absence en raison de la COVID-19, Ghislain Pitre ne s’est jamais inquiété de voir le festival mourir même s’il avait été annulé une troisième fois consécutive, puisque le Festi-Plage ne possède pas d’employés permanents à rémunérer. « Nous sommes chanceux à ce niveau-là. Nous ne sommes qu’une grande équipe de bénévoles  » crinqués  » [motivés], menée par un comité organisateur de 12 personnes », illustre-t-il. Peu importe le moment où le festival renaîtrait de ses cendres, Ghislain Pitre demeurait convaincu de voir les festivaliers affluer pour faire la fête et célébrer à Cap-d’Espoir.

Lors de l’annonce de la programmation au début du mois de mars 2022, le festival a limité la vente de ses passeports à 2500 par soir en raison de l’incertitude qui planait quant à la possibilité d’un retour des mesures sanitaires. Finalement, à la suite de la vente record de ces passeports permettant d’assister à toutes les soirées du festival et le retrait des consignes liées à la pandémie, 1500 passeports supplémentaires ont été ajoutés. « Il doit en rester environ 200 sur les 4000, mais je suis persuadé qu’ils seront tous achetés d’ici fin juillet », s’exclame Ghislain Pitre.

Or, pour faire le décompte du nombre de personnes souhaitées pour la durée totale du Festi-Plage, soit du 27 au 30 juillet 2022, il y aura 16 000 passeports vendus (4000 pour chacune des quatre soirées), en plus des 1000 billets individuels quotidiens. « Nous avons une limite de 5000 festivaliers sur la plage que nous nous sommes nous-mêmes fixée pour être à l’aise avec la billetterie, les bars et la sécurité », mentionne Ghislain Pitre. Il avance même que ce sera sans doute une année record à la billetterie puisqu’elle risque d’afficher complet avec 20 000 billets vendus. À titre de référence, le 14e et dernier festival avait attiré près de 15 000 personnes en 2019.

Pour faire face à la demande inimaginable de spectateurs pour l’événement, le nombre de toilettes sur le site sera doublé en plus d’offrir des services supplémentaires de restauration et de bar grâce au soutien d’environ 115 bénévoles qui gravitent autour du festival pendant la semaine. « Les gens ont hâte de s’amuser pleinement et d’oublier les dernières années de pandémie. En plus, le Festi-Plage est synonyme de party. C’est pourquoi on invite beaucoup de DJ [disc-jockeys] et des artistes bien établis et connus du public qui nous font danser sans retenue », se réjouit Ghislain Pitre. Ainsi, les festivaliers vibreront entre autres avec la musique folklorique des Cowboys fringants, celle traditionnelle acadienne des Salebarbes ainsi que le rap énergique de Koriass et de FouKi.

Pour attirer des artistes de cette trempe, l’enveloppe consacrée aux artistes a augmenté de 30 %, atteignant ainsi 250 000 $ en cachet. C’est pourquoi cette année le budget dépasse les 600 000 $ alors qu’il tournait autour de 500 000 $ en 2019. « La situation économique actuelle, guidée par l’inflation et la pénurie de main-d’oeuvre, justifie ces coûts. En plus, les artistes demandent eux-mêmes plus de sous en raison des deux dernières années difficiles pour eux sans spectacle dû à la COVID-19 », excuse le responsable de l’événement.

Sinon, 125 000 $ du budget proviennent des commanditaires. De plus, le festival reçoit toujours la subvention ponctuelle du ministère du Tourisme bien qu’elle soit coupée de 25 % considérant l’assouplissement des mesures sanitaires.


Cette année, le budget dépasse les 600 000 $ alors qu’il tournait autour de 500 000 $ en 2019. Photo : Offerte par Festi-Plage

 

Pour lire la suite du dossier festivals :

Partie 1/8 Les Percéides
Partie 2/8 Le festival en chanson de Petite-Vallée
Partie 3/8 Festival de musique du bout-de-monde
Partie 4/8 BleuBleu
Partie 5/8 Foire agricole et festival de musique de Shigawake
Partie 6/8 La fête du bois flotté
Partie 7/8 Le Festival country de Grande-Vallée

Hommage à un bâtisseur : Jules Bélanger

Hélène Laverdière, conservatrice et directrice générale de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

GRAFFICI publie exceptionnellement un texte fourni par Bibliothèque et Archives nationales du Québec, l’organisme voulant rendre un hommage à l’enseignant gaspésien Jules Bélanger, décédé en février 2021, à Gaspé.

Alors que s’achèvent les festivités entourant le 100e anniversaire des Archives nationales, nous profitons de l’occasion pour saluer l’action de passionnés qui aident Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à faire rayonner ses trésors archivistiques. Véritables ambassadeurs et ambassadrices, ces personnes jouent un rôle important.

Gens de la Gaspésie, le nom de Jules Bélanger vous est sans doute familier. Décédé en février 2021, cet ancien professeur de latin, de français et de littérature a signé de nombreux ouvrages sur l’histoire de cette région dont il a toujours défendu le patrimoine avec passion.

En témoigne sa participation à la création de la Société historique de la Gaspésie en 1962 et du Musée de la Gaspésie en 1977 ainsi qu’à l’obtention de l’agrément du centre d’archives du Musée de la Gaspésie en 1990.

Il a aussi milité pour que les archives publiques de la Gaspésie se retrouvent sur leur territoire, contribuant ainsi à la création du plus récent centre d’archives de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, à Gaspé, en 2010.

Grand pédagogue, Jules Bélanger a fait beaucoup pour la scolarisation dans la région. En plus d’enseigner pendant de nombreuses années, il a notamment participé à la fondation du Cégep de la Gaspésie. Ses efforts s’inscrivent
en ligne directe avec ceux déployés, au début du XIXe siècle, par d’autres bâtisseurs qui ont aidé à organiser l’éducation dans la Baie-des- Chaleurs.


Acte pour encourager l’éducation élémentaire en Gaspésie, 25 décembre 1831. Photo : Archives nationales du Québec à Gaspé (E17, S300, SS10, P4).

Du rôle des archives au quotidien

Le travail accompli par Jules Bélanger tout au long de sa vie attire l’attention sur le rôle que peuvent jouer les archives dans la vie de tous les jours : notamment, nous aider à comprendre qui nous sommes et d’où nous venons pour mieux préparer ce que nous serons.

Inaugurées en 2010, les Archives nationales à Gaspé se consacrent à la conservation et à la mise en valeur des archives publiques et privées de la région de la Gaspésie. Chaque année, elles accueillent des centaines d’usagers provenant du grand public ainsi que des milieux scolaires, professionnels et culturels.

Certains utilisent les services de BAnQ dans le cadre de recherches touchant l’histoire de leur famille, de leur localité ou de la région. D’autres viennent consulter des documents judiciaires afin de faire valoir leurs droits. D’autres encore viennent pour se divertir.

Voilà de bonnes raisons de fréquenter le centre de Gaspé… comme les neuf autres centres de BAnQ situés aux quatre coins du Québec.

Les Archives nationales sont maintenant centenaires, mais leur aventure ne fait que commencer. En personne ou en ligne, nous vous encourageons à faire des archives la matière première de vos recherches et de vos créations afin d’ajouter votre part à cette histoire qui nous mènera loin.

Merci à tous nos ambassadeurs, merci à Jules Bélanger, dont le legs reste bien vivant!

Hélène Laverdière


Jules Bélanger en 1970. Photo : Ladislas Pordan

 

L’art d’illustrer en fiction l’actualité par la voie romanesque

avec Jocelyne Mallet-Parent

POINTE-À-LA-CROIX | La Gaspésienne d’origine acadienne Jocelyne Mallet-Parent publie déjà son septième roman, Arnaqués.com, un polar dans lequel elle extériorise toutes ses craintes et ses angoisses face à Internet. Un livre fidèle à son style, soit de puiser son inspiration dans les nouvelles de l’actualité.


Jocelyne Mallet-Parent a lancé son dernier livre le 24 mars. Photo : Image gracieuseté des Éditions David

Des fausses nouvelles (fake news) à la cybercriminalité, l’histoire de ce nouveau livre explore les méandres complexes et sournois des réseaux sociaux en suivant trois personnages englués dans la toile du net et qui essaient de s’en déprendre.

Ainsi, à l’instar d’un roman choral, Arnaqués.com raconte en 250 pages le bouleversement dans le quotidien de trois victimes qui ne se rencontreront jamais dans l’écriture et qui pourtant verront leur vie être reliées par l’inspecteur Alex Duval. Une tâche titanesque pour le héros qui devra plonger dans le Web clandestin (dark Web) pour éclaircir cette affaire de fraudeurs invisibles.

« Bien sûr en cette époque numérique dans laquelle nous vivons, je ne peux m’empêcher de penser qu’Internet demeure la plus grande menace dans notre quotidien avec les arnaqueurs en ligne et la désinformation qui y pullule », explique l’auteure de 71 ans résidant dans la Baie-des-Chaleurs. Néanmoins, elle demeure consciente que l’Internet procure une accessibilité déconcertante aux connaissances du monde entier.

« J’ai simplement plongé dans les dérives du Web ; les fakes news partagées par millions lors de la campagne électorale américaine de Donald Trump en 2016 m’ont particulièrement inquiétée », mentionne-telle en ajoutant que l’écriture du livre lui a pris deux ans environ.

Une troublante prémonition

Considérant une première de couverture illustrant la cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou et une petite partie d’Arnaqués.com se déroulant en Russie, avait-elle vu venir l’invasion russe en Ukraine bien avant les experts en géopolitique?

« Ce n’est qu’un hasard fortuit! Ça n’a rien à voir, je n’espère aucun boycottage de mon livre! », lance-t-elle. « L’idée de camper partiellement mon histoire en Russie m’a effleuré l’esprit en constatant que de nombreux sites frauduleux et d’extorsion proviennent de là », précise-t-elle.

En effet, loin d’être une Nostradamus gaspésienne moderne, Jocelyne Mallet-Parent est en fait une globetrotteuse accomplie qui a voyagé dans plus de 65 pays. Avant de plonger dans l’écriture en 2007, elle a parcouru le monde en étant correspondante internationale en éducation pour les pays de la Francophonie et aussi sous-ministre adjointe au ministère de l’Éducation au Nouveau-Brunswick. C’est d’ailleurs cette ancienne vie qui lui donne cette envie de voyager par l’écriture.

Par ailleurs (petit clin d’oeil), le protagoniste du récit, l’inspecteur de police Alex Duval, se retrouvait dans le roman précédent de l’auteure Basculer dans l’enfer paru en 2017. L’histoire raconte comment de jeunes adolescents se sont radicalisés pour aller faire le djihad au Moyen-Orient. Il s’agit sans doute du roman qui a vécu la plus belle consécration critique et publique de la romancière, selon ses dires.

Il est possible de se procurer Arnaqués.com à la librairie Liber à New Richmond. Sinon, il peut être commandé rapidement dans la plupart des bouquineries. Le roman, publié aux Éditions David, est également disponible en version électronique.

Guillaume Whalen

 

Ma dame en mode virtuel

Claude Lucier

MARIA | Comptant plus de 50 ans de musique dans le système, Claude Lucier, de Maria, a récemment mis en ligne sa dernière composition, Ma dame, une chanson ayant précédemment généré quelques milliers de clics sur Facebook.

Cette composition lui a été inspirée par une expérience assez récente. « Ça fait plusieurs années que je vis seul, depuis 2015 en fait. Depuis ce temps, j’ai eu une amourette, avec quelqu’un 30 ans plus jeune. Ça n’a pas fonctionné et j’ai souffert. J’avais 64 ans, elle en avait 34. C’est bon pour l’ego, cette différence, mais je me suis rendu compte que j’étais dépendant affectif. J’ai été très affecté par la rupture. J’étais en train de fendre mon bois, dans la cour, quand j’ai pensé écrire Ma dame. C’est comme un call. Quand je l’ai mise en ligne, j’ai eu l’impression d’avoir accès au coeur des gens. J’ai été surpris par les réactions. Des gens m’ont appelé pour me dire que la chanson les rejoignait », raconte Claude Lucier.

L’homme de 68 ans a commencé à jouer de la guitare à 12 ou 13 ans, avant de commencer à chanter vers 18 ans. « Je suis autodidacte. Je joue toujours à l’oreille, je ne lis pas la musique. Je ne suis pas capable. Quand je compose, je fais des barbots pour me retrouver ».

Claude Lucier avait enregistré un album vinyle lancé en 1980, Les planteurs de lumière. Lors de la mobilisation populaire de 2003 à 2006 contre le projet d’incinérateur de la firme Bennett à Belledune, il a été un pivot de l’enregistrement du disque compact Baie nette, un album qui a contribué à financer le mouvement contre l’initiative néo-brunswickoise.

« On avait pu compter sur la collaboration de Bruce Cockburn, de la formation autochtone Eagle Feathers, qui a eu, plus tard, une nomination aux prix Juno. J’ai aussi enregistré une chanson sur Albert Leblanc, Le globetrotter à vélo, à l’occasion d’un projet lancé par la Municipalité de Maria, avec des chanteurs locaux », dit-il.

Ma dame a été enregistrée aux Studio Tracadièche, de Carleton-sur-Mer. Claude Lucier vante les compétences du musicien et technicien de son, Richard Dunn, dans cette démarche.

« Il a des compétences que je n’ai pas. Moi, je fonctionne à l’oreille et il est capable de s’ajuster. Il va produire la version qui te ressemble le plus. Il n’a pas un ego artistique. Il ne s’acharne pas à avoir raison mais des bouts, il va s’affirmer. Je n’aimais pas le premier mixage. Il y avait trop de piano. Il n’y avait pas de problème pour lui. Ça m’a pris trois ou quatre mixages différents avant d’aimer le résultat et là, on l’avait », souligne Claude Lucier.

On peut entendre Ma dame sur Bandcamp ou sur la page Facebook de Claude Lucier.

Gilles Gagné


Claude Lucier a composé Ma dame chez lui. Photo : Gilles Gagné

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